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Eulàlia Valldosera à Rochechinard

La Maison de la Mémoire

De 1972 à 1991 tout le village de Rochechinard a joué un spectacle son et lumière au pied de son château. C’est dans ce contexte que le musée de Rochechinard a été créé s’inscrivant dans une suite logique à l’enthousiasme de la population et à l’attachement de celle-ci à son histoire. Ses fondateurs font partie de la dernière génération «à honorer leurs grands-parents». Nommé Maison de la mémoire, musée du Royans, sa collection est constituée de ce que les habitants lui ont donné : depuis 30 ans, les gens déposent sur le perron ce qu’il leur paraît être digne d’être conservé. Cependant, le musée de Rochechinard vit un passage difficile comme la plupart des éco-musées. La muséographie peut apparaître vieillie, désuète et l’équipe constate une baisse de la fréquentation. Dûe aux nouvelles générations de visiteurs qui n’auraient plus véritablement de lien avec le monde rural ? Les objets présentés n’éveillent-ils plus de souvenirs liés à leur enfance ? La lecture de cette «situation» par un artiste et l’œuvre qui peut en découler doit être vécue comme un tout : le passage de la grande à la petite histoire, la dimension légendaire et l’inscription de cette légende dans le temps et dans l’espace. Le musée s’est adressé à l’artiste Eulàlia Valldosera, afin que soit abordée la question de la transmission avec notamment la perte de l’oralité (l’oralité était le point central du projet initial du musée) et d’établir une double relation spatiale et temporelle, c’est-à-dire relier intérieur et extérieur, passé et présent.

L’œuvre est composée de deux éléments :
– la réalisation d’un film d’auteur, Avant la lumière, dans lequel Eulàlia Valldosera réanime la collection des objets du musée à la veille de sa fermeture. L’artiste fonde sa lecture des espaces en considérant la maison comme un corps et en regardant les objets comme des habitants des pièces du subconscient. Le film est rythmé par des phases diurnes et nocturnes auxquelles sont associés des thèmes décrivant le contenu de la maison, son fonctionnement, des éléments du paysage, la famille. L’univers onirique et poétique est ponctué de récits des protagonistes de ce musée, témoins et conteurs d’un usage des objets domestiques et d’une vie en milieu rural.
– la transformation du lieu en un centre de production de la mémoire et faisant œuvre globale.
Cette seconde étape est suspendue.

 

dossier de présentation, juin 2015 – pdf

 

 

Avant la lumière

Ce qui subsiste de la vie rurale de nos ancêtres, ce sont nos propres interprétations à partir d’un présent qui évoque et recrée un modus vivendi, lequel a tendance à être idéalisé et empreint de nostalgie.
Or, le désir de sauvegarder le lien qui nous unit à nos origines passe par la connaissance et la lutte pour la survivance de notre milieu ambiant, avec la Nature, et non contre elle, comme cela semble être le cas actuellement.
Ce film est un regard sur le présent en même temps qu’il recrée le passé à partir des récits que les membres de l’association de la Maison de la mémoire, ses gardiens et interprètes, jouent devant la caméra. La proposition est le mode filmique comme forme d’archive.

 

 

 

commanditaires : les membres du conseil d’administration de l’association des Amis de la Maison de la mémoire de Royans, Alain Derbier, fondateur du musée de Rochechinard, Mireille Gepponi, Catherine Flament, Jeanne Charve, Josette Derbier, Roland Meunier

soutien : Fondation de France, Communauté de communes du Pays du Royans

2015

 

crédits : Eulàlia Valldosera