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Le bassin de la Vrille, Saint-Amand-en-Puisaye, Bourgogne-Franche-Comté

Médiatrice en charge de la commande : Amanda Crabtree accompagnée de 
Valérie Cudel (à demeure).


Le contexte / historique de la commande :

La réflexion sur la commande se fait dans le cadre des Ateliers de la Pluie, initiative forgée à la suite du Festival de la Pluie de juillet 2023. Des artistes avaient été invités à participer au Festival de la Pluie 2023 pour éveiller les sensibilités aux délices de la pluie comme à ses désastres.
L’activité de ces Ateliers est portée par l’Association Respire-L’Amarante, dont l’activité principale est l’épicerie biologique et locale. Ces Ateliers sont nés de l’intérêt pour les enjeux du changement climatique pour le milieu local naturel de vie. 
Contexte local : le bassin de la Vrille, en Puisaye, petite bio-région de la Bourgogne du Nord-Ouest. La Vrille y serpente, alimentée par de nombreux ruisseaux, de moulin en moulin, depuis sa source à la limite de la Forterre, jusqu’à sa confluence avec la Loire.
Région d’eau, de bois, de prairies, région d’argile et d’ocres, de tradition potière et d’art céramique.
La Vrille traverse le village longeant le parc du Château Renaissance. Quelques pêcheurs de « La Gaule Poyaudine » y lancent leur ligne. Quelques riverains s’inquiètent des risques d’inondations accentués par le changement du climat, même ici. Saint-Amand éveille son attention à « sa » rivière, au charme de ses berges, fragiles comme les arbres qui y plongent leurs racines. 
Objectifs /enjeux de la commande :
Selon les commanditaires :
“Mieux comprendre ce qui lie à notre devenir celui de l’eau d’ici, des sols, des arbres, des oiseaux, des insectes, etc.
Nous cherchons à connaître et faire connaître les bonnes pratiques d’ajustement des activités humaines et de l’usage des ressources à la métamorphose climatique en cours, ici surtout, ailleurs aussi.”
La commande artistique participe à une réflexion globale autour de la revitalisation de ce territoire socialement et économiquement marginalisé autour d’un objectif fédérateur : la préservation et la valorisation des « paysages de l’eau », paysages qui façonnent l’identité et l’attrait de la Puisaye.
Un nouveau chemin permettrait, entre autres intérêts paysagers, de faire découvrir en chemin une source, des lavoirs, des mares, un château d’eau, un poste de pompage au bord de la Vrille mais aussi des traces de ferriers en lisère de bois, des trognes le long des chemins creux, de la boue argileuse dans les ornières creusées par l’exploitation forestière, etc.


Les commanditaires : 

Daniel Delautre, conseiller municipal, François Dupont, psychologue, Odile Dupont, professeur de philosophie, Roland Eve, ornithologue, initiateur du Plan de Paysage pour la Puisaye, Pascale Grosjean,1ère adjointe et vice-présidente de la CC de Puisaye-Forterre, Virginie Guillemard, Didier Jouanneau, libraire à Saint-Amand-en-Puisaye, Dominique Lion, Jean Maréchal, 2ème adjoint en charge des travaux communaux, Yannis Mercier, Clément Novaro, architecte, Gilles Reverdy, maire de Saint-Amand-en-Puisaye, Martine Rouillard, céramiste , Gabriel Soucas, photographe.
Chronologie du projet à Saint-Amand-en-Puisaye

2024 : Lancement et rencontres initiales
Mars 2024 : Prise de contact par les futurs commanditaires de Saint-Amand.

Avril 2024 : Réunion à la mairie pour présenter le protocole « Nouveaux Commanditaires » et discuter d’une future commande artistique, en présence d’élus, de membres de l’association Respire et de la Société des Nouveaux Commanditaires.

Mai 2024 : Réunion à l’ancienne mairie pour préciser le projet : un parcours artistique entre la Vrille et la ligne de partage des eaux Loire/Seine. 

Juillet 2024 : Premier contact avec l’artiste Suzanne Husky.
Août 2024 : Rencontre avec les commanditaires, balade sur le parcours pressenti et présentation du travail de Suzanne Husky.

Novembre 2024 : Visite de Suzanne Husky à Saint-Amand et avancées du projet. Réunion au château sur la biodiversité, les haies et la santé des rivières. Visite du chantier de la Maison des enfants potiers. Présentation du projet d’inventaire de la biodiversité par Roland Eve. Randonnée vers la ligne de partage des eaux avec les commanditaires et Suzanne Husky.
2025 : Finalisation et actions concrètes

Février 2025 : Visio avec Suzanne Husky, Léa Frottier (Contrat Territorial Vrille Nohain Mazou) et les médiatrices. 

Mars 2025 : Visio avec Suzanne Husky et les commanditaires : présentation du dessin « Les trous du vivant accueillent la pluie », proposé pour l’affiche du Festival de la Pluie.
Avril 2025 : Étude du cadastre, visites sur le terrain (étang de la Forge, méandres de la Vrille), observation de traces de castors, rencontres avec les propriétaires locaux. 
Atelier public « À l’écoute de la rivière » sur les berges de la Vrille, suivi d’un pique-nique et de projections-débats (film « Méandres ou la rivière inventée », extraits de documentaires de Suzanne Husky).

Mai 2025 : Randonnée vers les sources de la Vrille à Treigny, visite du moulin labellisé LPO, rencontre avec un paysan, pique-nique et exploration de la rivière.
Objectif : Créer un parcours artistique et écologique entre la Vrille et la ligne de partage des eaux, en lien avec la biodiversité, l’hydrologie régénérative et la mémoire locale.
Acteurs : Commanditaires (élus, citoyens, association Respire), artiste Suzanne Husky, médiatrices, experts locaux (ornithologues, écologistes).
Thématiques : Biodiversité, rôle des haies, santé des rivières, « effet castor », permaculture, patrimoine potier.


Événements phares
 : Festival de la Pluie, ateliers publics, projections-débats, visites de terrain.

Samedi 19 juillet de 14 h30 à16 h30 : Table ronde I

« L’art de toute vie vient de l’eau » Baptiste Morizot, Suzanne Husky, Rendre l’eau à la terre, Alliance dans les rivières face au changement climatique.
Intervenant(e)s : Florence Habets, directrice de recherche au CNRS, hydrogéologue, Suzanne Husky, artiste engagée pour la préservation des écosystèmes, membre de « Pour Une Hydrologie Régénérative », Clément Novaro, architecte, membre de l’association « Hydromondes », Juliette Mariel, doctorante en agroécologie en milieu semi-aride.
-Les cycles de l’eau ; la pluie et les pluies.
-Les rivières vivantes : des refuges climatiques pour demain ? L’art de la mise en images par Suzanne Husky de « l’effet castor », support de compréhension et d’expérimentation en hydrologie régénérative des petites rivières.
Enjeux démocratiques du soin de l’eau, pour notre vie à l’échelle des bassins versants.
Dimanche 20 juillet de 14 h 30 à 16 h30 : Table ronde II
« Toujours derrière les orages, un possible jardin » Gilles Clément, Nuages.
Intervenant(e)s : Gilles Clément jardinier paysagiste, Frédérique Basset, journaliste auteure de Les quatre saisons de Gilles Clément », Suzanne Husky, artiste engagée dans la préservation des écosystèmes, Hervé Coves, agronome et
franciscain séculier, Vincent Lefèvre, agronome, cultivateur de blés anciens bio et meunier en Puisaye (Coopérative Copébi). Enjeux des problèmes de l’eau (partage et soin) pour l’agriculture et le jardinage, unis par le soin du vivant.

Suzanne Husky

Projet Lynx – Programme de commandes Nouveaux commanditaires

Démarche artistique et scientifique citoyenne autour du lynx boréal dans le Massif du Jura – Bourgogne-Franche-Comté

Les 6 commandes art et sciences s’appuient sur les protocoles art et sciences de la Société des Nouveaux commanditaires.

Médiateur·ices-producteur·ices sur le terrain : 
-Pomme Boucher et Julie Olivier – Quartier Rouge
-Valérie Cudel et Pauline Gillard – À demeure
-Amanda Crabtree – artconnexion
-Loretxu Bergouignan – Atelier des jours à venir
-Graxi Irigaray – Atelier des jours à venir et Pomme Boucher – Quartier Rouge
-Anastassia Makridou-Bretonneau et Patrick Clanet – HB Changemaker

Les commandes :
1 – Commande sciences – Villages du massif du Jura
2 – Commande art – communes de Moirans-en-Montagne et Villards d’Héria – Haut-Jura
3 – Commande art – cœur du Jura / Champagnole Nozeroy / Haut-Jura
4 – Commande art – territoire du Parc naturel régional du Douds horloger
5 – Commande art et sciences – secteur Saint-Claude – Saint-Laurent-en-Grandvaux dans le Haut-Jura

Le projet Lynx – Le rapport au vivant : un défi culturel ? 
Écouter, penser et agir ensemble sur le territoire : pour contribuer au bon état de conservation du lynx et à une cohabitation avec l’espèce.


Médiation Nouveaux commanditaires : en discutant avec les habitant·es et autres acteur·ices du territoire, traduire une problématique au sein d’un cahier des charges adressé à un·e artiste ou chercheur·euse afin de créer une réponse par une œuvre dans une discipline artistique ou de la recherche. 


Créer des savoirs scientifiques et des œuvres d’art dans un rapport démocratique citoyens/chercheurs, citoyens/artistes.
Expérimenter la création artistique comme trait d’union entre l’espèce et les habitants d’un territoire « partagé ».

Lien avec le plan national d’actions en faveur du lynx boréal : rétablir le lynx dans un état de conservation favorable en France

Le Lynx boréal a progressivement disparu du territoire français entre le 17ème et le début du 20ème siècle. De retour dans les années 1970, le lynx est présent dans les massifs des Vosges, du Jura et des Alpes, mais la population nationale reste classée « en danger » selon les critères de l’UICN. Cette population continue à faire face à des menaces et à des freins à son développement sur le territoire national. L’espèce est aujourd’hui identifiée comme prioritaire pour l’action publique.

Un Plan National d’Action a été élaboré avec l’ensemble des partenaires concernés par l’espèce, sous la coordination de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Bourgogne-Franche-Comté appuyée de l’Office Français pour la Biodiversité (OFB).
Notre proposition s’inscrit directement dans l’objectif 1.5 du PNA « Améliorer l’acceptation de l’espèce grâce à l’appui des sciences sociales. » sous pilotage de la DREAL.

Résumé du projet
Repenser la relation et les interactions avec un des trois grands prédateurs en France par une démarche partant des habitants et se traduisant par une création scientifique et/ou artistique.<
Donner aux habitants l’initiative de nouvelles formes par les sciences et ou l’art pour expérimenter des relations aux autres, à soi, au vivant non-humain, au temps, au territoire et à l’environnement. Le préalable étant l’identification des enjeux sur le territoire, les rapports de force, les écarts dans la perception du non-humain.

Enjeux

Faire émerger les sensibilités collectives et individuelles et leurs problématiques en rapport à la présence du lynx sur un territoire.
 Faire entrer le vivant dans le champ de la création contemporaine culturelle et vice versa.
Travailler la dimension culturelle de notre rapport au vivant.

Organigramme
Le projet lynx est porté par la Société des Nouveaux commanditaires. 
Coordination : mise en place, suivi du projet et reporting : Amanda Crabtree
Structure régionale de coordination : À demeure – Valérie Cudel
Suivi scientifique : Sandrine Teixido

Comité de suivi  : Marie-Pierre Bouchaudy, Jean-Damien Collin, Anne Langlois, Sandrine Teixido, Amanda Crabtree, Valérie Cudel
Reporting : Conseil d’Administration de la Société des Nouveaux commanditaires

1 – Commande sciences- villages du massif du Jura
Recherche participative en sciences dans les villages du Haut Jura : Bellecombe – les Moussières – les Bouchoux – les Molunes – Bellecombe

Des commanditaires vivants et travaillant au sein de l’habitat lynx :
Marjolaine, maraichère des Bouchoux
Pitou, conseiller municipal de Bellecombe
Xavier, champion trail conseiller municipal de Bellecombe
Elise, fabricante de comté, éleveuse des Moussières
Hugo, indépendant, éleveur des Molunes
Julien, aide agricole de Lapesse
Annie, professeure de sport en collège à Bellecombe
Sarah, élue régionale, groupe écologistes et solidaires

Médiateur·ice : Loretxu Bergouignan

Axes de réflexion
Monde visible vs. Invisible / les monde sensibles
Prise de conscience des impacts collectifs locaux (de l’historique, à l’actuel) : Présence du lynx ressenti. Sensation d’un vivre ensemble.
Aspect essentiel que l’homme par son action n’efface pas l’invisibilité du lynx (importance du lynx dans sa nature et du vivre ensemble)

Réversibilité de la nature
Le retour du lynx dans un champ représente pour l’éleveur un indice de production qualitative en respect de la nature avec le retour de la qualité des sols vivants : retour de la nature dans un vivre en commun éleveur-monde sauvage.
Situations genrées de la conscientisation
Changement d’approche avec retour après études vs. Incitation publique à l’exploitation de la nature ?

2 – Commande art – communes de Moirans-en-Montagne et Villards d’Héria – Haut-Jura

Les commanditaires :
Marie-Christine Pennors, directrice de l’école maternelle et primaire de Moirans-en-Montagne. 
Laurence Pasteur, directrice de l’école de Villards-d’Héria ou sont scolarisés les élèves de maternelle et de CM1, CM2 en 2 classes.
Loïc Coat, biologiste et réalisateur de documentaires dont Vivre Lynx (1998) – Le lynx et l’Agneau (2000) – Chasseurs, proies, lynx (2023) ainsi que de vidéoconférences
Sylvie Martin-Lahmani, directrice artistique du festival Ideklic (Festival international pour l’enfance et la jeunesse) et enseignante à l’université Paris 8.
Dominique Lacroix, présidente de l’association Ideklic et programmatrice de l’action culturelle et des ateliers organisés par l’association.

Médiateur·ices :  Anastassia Makridou-Bretonneau et Patric Clanet

Le groupe des commanditaires implique à son initiative de commande les élèves de deux classes de cycle 3 des deux communes. Pour ce faire, un programme éducatif dédié à la thématique du lynx et plus généralement à nos relations avec les autres formes du vivant est mis en place dès septembre 2025.

Hypothèse de départ
Les enfants sont en général les grands oubliés des processus consultatifs et décisionnaires concernant la “nature” – milieu commun des vivants, humains et non humains. Pourtant, d’une part ils portent l‘avenir de la planète et d’autre part ils ont, pour la plupart une relation singulière et forte avec les animaux.

De quelle manière les enfants connaissent-ils les animaux ? Quelle place leur font-ils réellement dans le monde ? Quelles sont leurs représentations des animaux libres et sauvages de la forêt comme le lynx ?

Descriptif de la commande
Produire une narration sous forme d’écriture théâtrale jeunesse qui aura un ancrage local et explorera les questionnements et perceptions qu’ont les enfants de la “nature” et des autres êtres vivants sauvages, en partant du lynx.

Objectifs de la commande
Développer leur esprit critique par des échanges et débats sur les différents points de vue rencontrés lors du travail afin qu’ils soient capables de faire des choix et de devenir des citoyens éclairés ;
Leur faire découvrir la vraie nature des animaux (comportement, prédation, formes d’intelligence, sensibilité) et prendre conscience de l’anthropocentrisme de leurs/nos représentations du monde pour mieux situer l’homme dans sa relation au vivant.
Mettre en lumière leurs représentations initiales, héritées de celles de la famille, puis leur évolution éventuelle vers une prise de conscience de leur place d’humains parmi et non au-dessus des autres vivants non humains, notamment sauvages comme le lynx.
La structure de cette œuvre dramatique doit permettre des mises en scène où une place centrale doit être accordée aux enfants qui pourront assumer le rôle du chœur tel qu’il l’a été dans le contexte des œuvres antiques.

Autrice : Magali Mougel

Calendrier prévisionnel 2026
Mai-Juin : Présentation du texte aux élèves et leurs familles
Juillet : Lectures publiques par les élèves dans le cadre du festival Ideclik

3 – Commande art – cœur du Jura / Champagnole Nozeroy / Haut-Jura

Les commanditaires :
Emmanuel Cretin, maire de Nans-sous-Sainte-Anne, conservateur de la  réserve naturelle du Ravin de Valbois
Wim Cuyvers, architecte-forestier, Montavoies / secteur de Saint-Claude
Amélie Fleury, documentaliste et poétesse /Arbois
Bertrand et Augustin Formet, enseignant et formateur, collégien, Champagnole
Marjorie Martin, conservatrice bénévole de la RNR, grottes de la côte de la Baume, Chamole/Poligny
 
Médiatrices :  Valérie Cudel / Pauline Gillard, À demeure

Le groupe des commanditaires a une pratique solitaire d’observation en forêt, dans des contextes pluriels, certain.es se sont engagé.es parallèlement dans des actions concrètes, notamment d’information et de sensibilisation sur la question du retour des prédateurs en milieu rural, dans le domaine de la recherche avec Chrono-environnement, l’OFB, le Pôle Grand Prédateur.

Les enjeux de la commande

Le lynx a besoin des continuités forestières, moins nomade que le loup, il est l’objet d’une vision fantasmée et semble mieux accepté que ce dernier. On ne peut néanmoins occulter la permanence de certaines difficultés, la présence du lynx est une gêne pour l’activité humaine principalement en milieu rural. 
La forêt primaire n’existe pas mais le lynx « réensauvage » cet espace, tout en subissant les effets nuisibles de la géolocalisation, d’une surexploitation économique et d’un développement touristique en zones forestières.

Les temps longs d’observation en forêt déplacent, le lynx est vecteur d’un regard autre sur un espace dit naturel, sur son évolution. Notre posture d’observateur pourrait aussi être interrogée, est-elle semblable à celle d’un chasseur, d’un photographe. Sommes-nous si vertueux ? L’affut est-il du vide rempli ?

La commande
Il y a, dans le cheminement de cette commande, une volonté de rupture avec l’anthropocentrisme. Notre rapport au lynx est souvent analysé à travers le prisme de l’humain ; il serait intéressant d’inverser et d’observer sa capacité à entrer en interaction avec les actions de l’homme sur son territoire.
Partant du constat que le lynx permet également la rencontre, la curiosité, une vision de l’évolution de notre société et des répercussions des changements climatiques sur le milieu, la commande adressée à un / une artiste propose un début d’exploration sur la base de ces premiers postulats.
L’artiste est invité à vivre une expérience et à s’immerger en forêt, tout en favorisant la prise émotionnelle pour ensuite revenir au réel. Il s’agit dans un premier temps, de provoquer l’expérience versus connaissance.
À partir d’une première déclinaison issue de cette possible « cohabitation » en présence des commanditaires, d’une observation suffisamment longue, l’approche pourra se poursuivre par un accès à des archives, d’écrits et d’études notamment scientifiques. 
L’œuvre attendue est destinée à un public élargi, elle peut-être mobile ou consultable dans un lieu accessible ; elle doit symboliser le rapport à la forêt et au monde sauvage que notre société tente de reconquérir et de se réapproprier, permettre de dépasser les récits attendus et rappeler que le lynx est bénéfique à l’homme et à son environnement.

Artiste : Orla Barry
Remise d’étude : Décembre 2026

4 – Commande art – territoire du Parc naturel régional du Doubs Horloger

Les commanditaires :
Clotilde Vernes, habitante de Villers-le-Lac
Dimitri Coulouvrat, habitant de La Chenalotte
Guillaume Vuillet, habitant de Loray
Gilles Robert, habitat du Bizot
Noël Jeannot, habitant de Charquement

Accompagnés de chargés de mission milieux naturels et communication, Parc naturel régional du Doubs Horloger
 
Médiatrice :  Amanda Crabtree, artconnexion

Les enjeux de la commande
Les habitants du territoire du Doubs Horloger ne sont pas forcément originaires de la région, et il y a aussi un pourcentage important de travailleurs transfrontaliers. Cela peut conduire dans certains endroits à un effet de ‘secteur dortoir’ ce qui ne facilite pas l’appropriation du territoire. (* voir PNR-Diagnostic territorial 2019)

Comment intéresser ces personnes à leur environnement ? 
Le lynx peut être cet animal qui permet aux habitants de « rentrer » dans notre 
environnement, celui qui permettrait à ces derniers de mieux le connaître.
Ce projet pourrait faire émerger les sensibilités collectives et individuelles en rapport
au lynx sur un territoire et favoriser la prise de conscience de la richesse spécifique de la biodiversité locale et le lynx en particulier… 
 Mots clé : Insaisissable, Invisible, Proximité

Objectifs de la commande
Impliquer la population
Faire découvrir le territoire
Sensibiliser au vivant
Permettre de comprendre le lynx

Il s’agit de faire connaître les lieux emblématiques du territoire du PNR à travers ce projet pour renforcer la connaissance et le sentiment d’appartenance.
Le lynx peut être une porte d’entrée sur le vivant (non humain) qui nous entoure, dont nous avons besoin et qu’il faut protéger.

Description de la commande
L’œuvre doit pouvoir proposer plusieurs grilles de lecture destinées aux enfants et aux adultes, mais aussi à ceux qui sont experts et à ceux qui sont débutants.
Un élément ludique pourrait être intéressant.
Il est essentiel que l’œuvre artistique qui sera créée puisse circuler sur l’ensemble du territoire du PNR.
Le lynx pourrait être aussi l’animal qui unit un territoire, qui réunit et qui permet de parler de place du sauvage sur notre territoire.

Artiste : Patrick Corillon

5 – Commande art et sciences – secteur Saint-Claude – Saint-Laurent-en-Grandvaux dans le Haut-Jura

Les commanditaires :
François Jacquier, spéléologue, président du Club de spéléologie du Jura
Christophe Mollet, photographe naturaliste et président du FINA (festival Internature du Haut-Jura)
Marie Azzolin, membre du FINA (festival Internature du Haut-Jura)
Philippe Perrin, adjoint à la mairie de La Rixouse
Christophe Maire, bénévole et médiateur au sein de Férus et pour le Groupe Tétra Jura, propriétaire de gîte et table d’hôtes
Romain Panisset, bénévole et médiateur au sein de Férus, sportif (trail, ski,…)
Natacha Bigan, animatrice réseau Massif du Jura au sein de Férus
Pierre Viennet, directeur de la Direction interdépartemental des routes Est (DIR EST), pratiquant d’agility (sport canin), bénévole au sein de Férus

Médiatrices :  Pomme Boucher, Julie Olivier – Quartier Rouge / Graxi Irigaray, Chloé Jaubert – Atelier des Jours à Venir

Les enjeux de la commande
Le point de départ : travailler sur les enjeux de collisions routières et de continuité forestière
Le commun du groupe :
Des pratiques quasi-quotidiennes dans la nature
Un investissement au sein d’associations environnementales
Une relation sensible à la nature : observation, attentions, silence, immobilité, une continuité recherchée et un bien être avec la nature.

Constats et inquiétudes communes à l’habitat du lynx :
La scolyte et la sylviculture intensive qui rendent incertain le devenir de la forêt jurassienne.
La route un espace partagé entre les automobilistes et la faune sauvage. Réorienter la vision de ce qui est prioritaire : c’est la route qui traverse la forêt et non l’inverse.
Comment faire le poids face aux intérêts économiques, notamment au développement du tourisme et aux activités de plein air depuis le covid ?
Des questions autour des enjeux touristiques et de l’image du lynx : 
Est-ce que rendre visible le sauvage est le meilleur moyen de le protéger ? 
Comment rendre le lynx invisible ?
Comment protéger ce que l’on ne voit pas ?
Quel accès aux espaces naturels à l’avenir ?  

Des questions éthiques à partager :
Qui a le droit d’avoir accès aux espaces naturels ? 
Comment se limiter en tant qu’humain ? 
Qu’est-ce que la nature ?

Les enjeux du croisement entre art et scienceCroiser les processus méthodologiques des deux disciplines
Veiller à ne pas instrumentaliser l’une au service de l’autre
Maintenir le groupe dans une même expérimentation
Sentir les potentiels des méthodologies à se nourrir l’une l’autre

Actualité de la commande
Nous sommes face à des questions éthiques et philosophiques qui ouvrent à un potentiel de projections et d’imagination. La formulation des questions, étape clé de la recherche scientifique peut être le support d’une réflexion conjointe entre artistes et chercheurs. Le potentiel de cette situation à poursuivre de manière conjointe pour rendre public et partager ces questions dans l’espace public.

Recherche-action autour du projet Lynx
 Objectifs
 Evaluer l’action collective des Nouveaux commanditaires appliquée à un sujet, le lynx, sur un territoire, le massif jurassien.
Pour les médiateur·ices :
Phase 1 : recherche, enquête préliminaire, cahier des chargesPhase 2 : études et mise en production
Pour la recherche-action : penser l’évaluation du dispositif dans sa singularité
Phase 1 : qu’est-ce que le lynx et le massif jurassien font à nos pratiques ?
Phase 2 : qu’est-ce que les protocoles arts et sciences des Nouveaux commanditaires font à la thématique du lynx et au territoire ?
Un laboratoire d’expérimentation
Protocoles arts (1992) et sciences (2012)
1ère fois que sont mis en œuvre les deux protocoles sur un même sujet et un même territoire.
1ère mise en œuvre collective de la méthodologie Nouveaux commanditaires.Le collectif lynx (un collectif de médiateur·ices qui se sont portées volontaires pour travailler sur cette thématique) : des complémentarités en termes d’expertises artistiques et scientifiques, de lieux d’implantation et d’expériences passées (Loup, cycle de l’eau en zone karstique).
1ère commande art + science : un même groupe, une même thématique, deux questions, deux commande (une commande art/une commande science).
Organisation en binômes et mise en place de compagnonnages. 
 Des temporalités différentes entre les différentes commandes > des manières de faire diversifiées et complémentaires. 
 Des approches diversifiées et complémentaires

Approche sensible et centrée sur des acteurs “invisibles”.
Approche par enquêtes, ateliers et choix de thématiques.
Approche centrée sur le jeune public via une prise de contact des acteurs concernés.
Approche territoriale, explorer un territoire transfrontalier, s’appuyer sur un acteur local, le PNR Doubs-Horloger.
 Approche par l’expérience et la participation active au sein de groupes qui habitent quotidiennement un territoire forestier.
Partir de l’expérience des habitants et de récits situés. 
Mettre en action et en réflexion des groupes d’habitants.
 Faire émerger des questions : hypothèses de travail
Les caractéristiques associées au lynx nous conduisent à s’intéresser à une espèce sensible à la fragmentation du territoire.
La phase de repérage et d’enquête, la mise en œuvre des protocoles, la sensibilité des médiateur·ices et leur savoir-faire et la mise en mouvement des habitants font émerger des enjeux qui questionnent les représentations et les pratiques autour du lynx.
L’engagement des citoyens (qu’on peut qualifier comme une forme d’engagement politique) s’appuie pour beaucoup sur les modes de perceptions qu’ils et elles engagent au quotidien avec leur environnement.
La mobilisation et l’engagement du public pour des causes environnementales, est travaillé à partir sur ce qui « attache » les individus au territoire, à partir d’expériences situées.
Le propre des protocoles arts et sciences des Nouveaux commanditaires, est d’ouvrir des possibles sur des agencements imprévus au moyen des intuitions des habitants, des artistes et de la recherche participative.
 Les échanges et les commandes font émerger un questionnement éthique et philosophique (suite)

Les « arts de l’attention » envers le vivant développés tant par les scientifiques, les amateurs que les artistes.

Les régimes du sonore et les régimes de visualités et de narration associés au lynx. Où se situe le lynx dans nos bestiaires européens ? De quelle manière est-il représenté, regardé, surveillé ?

La notion de territoire et la variabilité des paramètres à prendre en compte. Lorsque l’on travaille sur la question de l’acceptabilité du lynx boréal, de quel territoire parlons-nous? Administratif, frontalier, géographique (arc jurassien) ? Comment prendre en compte les déplacements tant de l’animal que des humains ? Quelles sont les évolutions de la forêt? Peut-on parler d’un bon territoire pour le lynx ?

Le lynx et l’anthropocène


 

DISNOVATION.ORG

CONTRE-RÉCITS DE L’EAU

Une vidéo narrative de Disnovation.org

Journées de restitution : vendredi 29 et samedi 30 novembre 2024

CONTRE-RÉCITS DE L’EAU


DISNOVATION.ORG avec Clémence Seurat

La restitution de la commande adressée au collectif DISNOVATION.ORG s’est déroulée sur deux journées les 29 et 30 novembre 2024 entre Saint-Claude et Villards-d’Héria dans le Jura.

Vendredi 29 novembre, nous avons accueilli les professionnels et les personnes intéressées en milieu d’après-midi. Une visite du musée de l’Abbaye par Valérie Pugin, directrice, suivie d’un accueil de Christophe Jonneau à La Fraternelle, lieu de restitution de la première projection de la vidéo-narrative du collectif Disnovation.org.

La possibilité de présenter le travail au sein de ce lieu, un des symboles de l’histoire collective et coopérative en Franche-Comté avait tout son sens puisque la question du commun était au centre de la réflexion des recherches menées dans les trois pays. L’histoire de La Fraternelle est caractérisée par la création d’un fonds social collectif après avoir initialement impulsé une société d’alimentation. Ce fonds social collectif alimente des caisses de solidarité et des groupements culturels mais servira aussi à la création de coopératives de production. Viendra ensuite le projet de création de Maison du peuple inspiré du modèle du « Vooruit » de Gand !

La projection de Contre récits de l’eau dans la salle de cinéma de La Fraternelle est suivie d’un échange avec les artistes qui retracent leur cheminement depuis le démarrage du projet, l’aboutissement à la réalisation de la vidéo. Les réflexions se poursuivent dans la grande salle du café de La Fraternelle où nous poursuivons la soirée.

Samedi 30 novembre, les personnes (principalement les invités.es) qui avaient assisté à la projection pouvaient physiquement s’immerger dans un paysage jurassien et découvrir des caractéristiques karstiques : pertes, lapiaz, revenir sur certains questions évoquées au sein de la vidéo, comprendre cette notion d’invisibilité à l’origine de la commande en présence de François Jacquier, spéléologue, et du maire de Villards-d’Héria Jean-Robert Bondier, pour la visite du site archéologique, sanctuaire principal des Séquanes, avec la contribution de Tanguy Glandut du CPIE du Haut-Jura. Jean-Robert Bondier a souhaité – au cours de son mandat – développer deux axes prioritaires, fondements de l’histoire des lieux : la question de l’eau et la reprise des fouilles archéologiques sur le lieu du Pont des Arches. Le sanctuaire est un lieu de culte des eaux. Il est composé de deux sites : le site haut autour du lac d’Antre, qui est une propriété privée non accessible et le site bas dit du « Pont des Arches » ouvert au public. Les deux sites sont intimement liés par les eaux du lac d’Antre. Depuis l’exutoire du Lac d’Antre, cette eau alimente le site bas par une faille karstique. L’eau circule dans le sous-sol pour rejaillir, en particulier, au « puits romain » qui est  au centre du site cultuel du Pont des Arches, là où l’eau est sacrée.

Le Puits romain, alimenté en permanence, constitue la source pérenne de l’Héria. En période de pluie soutenue le massif calcaire se remplit petit à petit et d’autres sources se mettent à jaillir en amont. C’est le cas du « Puits Blanc » suivi du « Puits Noir ». Le premier se présente sous la forme d’un vaste entonnoir tapissé de galets, tantôt vide, tantôt plein d’eau à ras bords. Le puits Noir quant à lui s’apparente à un vaste gouffre rocheux ou un niveau d’eau peut varier avec une amplitude de plus de 12 m en fonction des intempéries. Ces deux phénomènes karstiques ne sont malheureusement que peu pénétrables par les spéléologues. L’étape suivante permet au groupe de découvrir le site sauvage du lac d’Antre. On est ici à l’extrême amont du réseau hydrologique qui alimente les sources du Puits Romain, du Puits Blanc et du Puits Noir. Dans l’angle sud-ouest du plan d’eau le trop-plein du lac se perd au fond d’un renfoncement rocheux à travers des blocs. Des expériences de traçages à la fluoresceine démontrent que l’eau met une trentaine d’heures avant de réapparaitre dans les trois sources. Une écluse a été aménagée devant la perte, elle permettait de gérer les apports d’eau qui faisaient tourner tout un ensemble de roues de moulins dans la vallée de Villards-d’Héria.

La matinée s’achève au lapiaz des Fournets, une vaste zone de plusieurs hectares où la surface de calcaire est dépourvue de végétation. Cette grande dalle rocheuse, légèrement en pente, présente tout un ensemble de rigoles esthétiques et de failles profondes qui traduisent les effets érosion / corrosion des eaux de ruissèlement sur les roches carbonatées. Un paysage typique des massifs karstiques.

Dossier de presse Contre-récits de l’eau

Le cycle de l’eau en zone karstique dans le cadre de Creative Europe.

Le cycle de l’eau en zone karstique dans le Parc naturel régional du Haut-Jura, une commande adressée au collectif d’artistes DISNOVATION.ORG par un collège d’acteurs : Philippe Perrin, élu de la Rixouse et représentant au comité syndical du Parc naturel régional du Haut-Jura et trois spéléologues : François Jacquier, président du Spéléo-Club San-Claudien, Anne Corriol, enseignante au lycée agricole de Montmorot et Wim Cuyvers, architecte-forestier. La démarche s’inscrit dans le cadre du projet Art Living Lab for Sustainability (programme Europe Créative) et de l’action Nouveaux commanditaires portée par la SNc ; elle rend compte d’un phénomène aux zones d’ombres multiples : la circulation de l’eau en milieu karstique, sa compréhension et sa représentation. Cette question est aujourd’hui un enjeu environnemental majeur, peu connu et parfois mal compris du public. Le karst est une composante des grands massifs calcaires fracturés du Jura dans lesquels l’eau circule en profondeur. Géographes, hydrogéologues et spéléologues étudient ce phénomène favorisant l’engagement d’un certain nombre d’actions pour l’avenir de la ressource en eau dans la région. Alors que l’eau présente dans le karst alimente un tiers de la population, l’alternance plus marquée d’épisodes de sécheresse et de pluies intenses renforce sa vulnérabilité. La commande adressée à des artistes vise à une prise de conscience des changements climatiques en cours et à une meilleure anticipation de ses conséquences sur la gestion, le partage et les usages de ce qu’il faut collectivement considérer comme un « bien commun ». Comment participer à une meilleure connaissance de ce contexte géologique si spécifique : un réseau difficile à appréhender voire à représenter ?



LA RÉPONSE DU COLLECTIF DISNOVATION.ORG EN COLLABORATION AVEC CLÉMENCE SEURAT

La réalisation proposée prend la forme d’une vidéo narrative. Cette enquête visuelle suit le cours de l’eau qui s’infiltre dans la roche, disparaît et resurgit ailleurs, elle remonte les temps profonds géologiques et retrace des anecdotes et des histoires collectives. Les paysages karstiques forment une zone sentinelle où s’observe une série de tensions liées à l’eau, actuelles et à venir, dans les domaines agricole, écologique et sanitaire. Le collectif croise l’étude qui en écoule avec des récits et des témoignages, locaux et globaux, afin d’ouvrir une réflexion et envisager des communs de l’eau, au présent et au futur. DISNOVATION.ORG est un collectif de recherche créé à Paris en 2012, dont les membres principaux sont Maria Roszkowska (pl/fr), Nicolas Maigret (fr), Baruch Gottlieb (ca/de) (fr) qui fusionne l’art contemporain, la recherche et le hacking pour traduire de manière critique des débats éco-sociaux complexes en expositions opérationnelles et provocantes. Ils créent des œuvres d’art radicales mises en scène comme de grandes expériences de laboratoire axées sur l’énergie, l’écologie et l’économie qui fonctionnent comme des catalyseurs pour créer des futurs qui divergent des récits dominants. Leurs expositions, livres et vidéos imprègnent les paysages culturels mondiaux en favorisant un dialogue critique à la jonction de l’enquête artistique, politique et scientifique. 
Clémence Seurat est éditrice, programmatrice artistique et chercheuse associée du médialab de Sciences Po. Elle explore les champs de l’écologie politique et de la techno-critique. Elle enseigne à Sciences Po, intervient en écoles d’art et donne régulièrement des conférences.
Œuvre réalisée avec le soutien de la Société des Nouveaux commanditaires, de la Fondation Daniel et Nina Carasso, programme Europe Créative associant la Belgique, l’Espagne et la France . Avec la participation de l’association Spéléo-Club San-Claudien et l’accompagnement du Parc naturel régional du Haut-Jura. Le projet Art Living Lab for Sustainability développé dans le cadre d’Europe Créative ** Le Parc naturel régional du Haut-Jura, de par son expertise et ses compétences en matière de qualité et de réflexion sur le partage de la ressource en eau.