Archives de l’auteur : à demeure

expositions

”Construire – Les nouveaux commanditaires du logement social”
Contexts, Paris, 23 avril–28 juin 2014


communiqué de presse, avril 2014 – pdf

 

”Traverses”, Sabine Anne Deshais
Les Abattoirs, Toulouse, 28 juin–8 septembre 2012


dossier de présentation, juin 2012 – pdf

 

Susanne Bürner, Parc naturel régional du Vercors

La Traversée
L’Isère
et Le Travail

Les communes de la rive gauche de l’Isère sont situées dans le prolongement de Grenoble et de la voie historique reliant les Alpes à la Méditerranée. La proximité de l’agglomération grenobloise et le regroupement en communautés de communes conduisent ces villages à se repositionner afin de préserver leurs spécificités. Les vestiges industriels sont des points de repère importants pour les habitants.
Deux lieux emblématiques sont repérés : l’ancienne fonderie royale de canons de Saint-Gervais et les carrières de l’Echaillon.
Le sentiment d’attachement des habitants à ces deux monuments ne semble pas avoir de rapport avec les activités existantes. Le signe «monument» reste, mais sa substance est changeante. Susanne Bürner est invitée à s’emparer de ce constat.

Susanne Bürner a visité de nombreux sites et a collecté des récits, anecdotes ainsi qu’une riche iconographie sur l’histoire industrielle de la rive gauche de l’Isère et de ses habitants. Au fil de ses recherches, le rôle de la rivière lui est apparu structurant. Elle facilitait la circulation des biens, des personnes et de la main d’oeuvre grâce aux ponts, bateaux, radeaux et bacs à traille. Sa forte présence au pied des coteaux du Vercors impressionne toujours le voyageur.
C’est d’ailleurs à travers le regard d’un étranger, en l’occurrence un jeune batelier, que Susanne Bürner propose une fiction qui prend la forme d’un film et de deux léporellos.

 

invitation, décembre 2014 – pdf

 

La Traversée

 

L’Isère et Le Travail

édition d’artiste
format ouvert 104 x 10,4 cm, chaque
600 exemplaires
10 €, les deux

 

 

commanditaires : Mme Faure, maire de Saint-Gervais, des membres de l’association SPIA –Sauvegarde du patrimoine industriel d’autrefois et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : Parc naturel régional du Vercors dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France

2014

 

crédits film Susanne Bürner, crédits photos édition Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Vercors

La 72 593e Partie du monde

Les activités artisanales traditionnelles ont contribué à la croissance économique du Royans Vercors. La tournerie tabletterie connaît un véritable essor durant la seconde moitié du XXe siècle. Plus de cinquante entreprises employaient au total plus de six cents ouvriers. Elle rencontre ses premières difficultés dans les années 1980. Aujourd’hui, quatre ateliers répondent aux demandes. L’œuvre que proposera Michel Aubry devra tirer les fils du passé pour penser l’avenir et rendre compte des énergies en présence.
Dès les premiers échanges avec les commanditaires, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et de lier les projets pour le Pilat et le Vercors par une recherche qui s’appuie sur trois oeuvres évoquant le paysage industriel : Le Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.
Elles abordent les liens entre les savoir-faire et le rapport aux ressources naturelles. Cette recherche débouche sur un ensemble constitué d’un film d’accompagnement qui sera présenté au début de l’année 2015, et de deux propositions localisées dans chaque Parc.
La proposition de Michel Aubry s’inspire d’une séquence du film La Sixième Partie du monde de Dziga Vertov, montrant une chamane de Sibérie. « La chamane danse dans un costume chargé d’objets symboliques, à la fois protection et enveloppe conductrice reliée aux éléments naturels. J’ai décidé de me concentrer sur ce personnage, de repenser son costume et de lui proposer comme instrument musical, une gamme complète de tubes sonores conçus dans la tradition de la tournerie. Le son relie, comme la chamane, les éléments provenant de la forêt aux objets matériels. » L’oeuvre convoque ainsi les réalités plurielles du territoire. Sa production a sollicité le concours d’artisans en utilisant les matériaux et les savoir-faire disponibles ; Patrick Belle pour la fabrication des cannes sonores, Lise Kreckelbergh pour la fabrication des bottes. Elle a été activée le 27 septembre 2014, par une performance chorégraphique de Marianne Baillot. Chaque année, d’autres variations de la danse seront programmées avec des associations du Royans.


communiqué de presse, septembre 2014 – pdf

 


commanditaires : les membres des associations Arbre et Engivane, et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : les quatre Parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat
et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER
(Fonds européen agricole pour le Développement rural)

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

Vous me direz

Vous me direz est la réponse d’Élisabeth Ballet à la commande d’élus et d’habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.
Située en zone de moyenne montagne, l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres regroupait dix communes rurales jusqu’à fin 2013, avant sa fusion au sein de la Communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche. Ce territoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ateliers de moulinage et de tissage à l’abandon et la question de leur requalification est récurrente. La Communauté de communes souhaitait mener une réflexion de sensibilisation sur la présence et la transformation de ce paysage industriel, et aborder la dimension sociale du travail textile.
À Saint-Sauveur-de-Montagut, la présence du Moulinon au bord de l’Eyrieux est un témoignage fort de l’histoire ouvrière locale. Élisabeth Ballet crée une «chambre d’écoute» dans l’ancien arrêt de gare, de l’autre côté de la rivière, face à l’usine. L’abri, peint en bleu, est précédé d’une terrasse pourvue de deux bancs en béton de couleur brun rouge. À l’intérieur, une fenêtre munie d’un garde‑corps a été percée pour offrir une vue frontale sur le Moulinon. Un montage sonore est diffusé à divers endroits pour multiplier les points d’écoute.
«La distance entre l’usine que nous admirerons et le site proprement dit – écrit l’artiste – permettra de créer une oeuvre immatérielle. Cette oeuvre sera à la fois constituée des sons de la rivière, de la turbine et de la nature, qui se mêleront aux machines et aux voix des protagonistes de l’usine. Ces voix nous invitent à prendre le temps d’écouter les récits du travail accompli, son prix, ses joies et ses peines, et prendre ainsi connaissance du savoir-faire des ouvriers. »

 

communiqué de presse, mai 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus et des habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes Privas Centre Ardèche

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Construire / Patrick Bouchain et Loïc Julienne, à Beaumont, Ardèche

Les Bogues du Blat

La Vallée de la Drobie, située dans le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche est un territoire en mutation. Vallée aux versants abrupts, elle a été aménagée en terrasses au fil des siècles afin de permettre la culture mais ce relief est progressivement devenu trop contraignant pour une agriculture qui s’est mécanisée. Depuis plus d’un siècle, l’ensemble des Cévennes ardéchoises a subi un lent processus de déprise agricole, composant au fil du temps un paysage d’abandon. Cette tendance s’est traduite par un important exode rural, qui a atteint son point culminant dans les années 70. Depuis peu, la vallée connaît un nouvel intérêt résidentiel et touristique qui a suscité des aménagements de plus en nombreux, pas toujours adaptés et remettant en cause le développement local. La commune de Beaumont a décidé de s’impliquer dans une démarche de maîtrise des projets de construction et d’aménagement de l’espace pour répondre à une demande croissante de terrains à bâtir ou d’habitats traditionnels. Elle s’est lancée dans un projet d’aménagement et de développement durable, mettant l’accent sur la nécessité de définir de nouvelles zones d’habitation associant habitat individuel et habitat collectif en un nouveau hameau s’inspirant de l’ancien existant. Elle a, dans cette perspective, souhaité confier à un architecte d’établir un projet de création d’un habitat social rural basé sur la maison comme unité de base c’est-à-dire de revenir à la maison comme espace privé familial tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau.

La réponse de Patrick Bouchain et de l’équipe Construire a permis d’aller au-delà des premières intentions, d’ouvrir la commande à leur démarche expérimentale et de s’interroger sur la possibilité de construire autrement. Le bureau Construire instaure un processus associant étroitement population, entrepreneurs, futurs habitants, architectes et artistes afin de faire de la construction un acte culturel. Les grandes orientations du projet ont été tracées : créer un habitat social rural basé sur la maison comme unité de base, revenir à la maison comme espace privé familial tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau. Un schéma général est établi pour huit habitations. Ce schéma peut être réalisé en plusieurs phases, en fonction des besoins de la municipalité et du nombre des demandes. Une première tranche comprend entre trois et cinq habitations en fonction des premières personnes cooptées. Chaque maison sera implantée à cheval sur plusieurs faïsses, mais chacune sera desservie par une faïsse particulière (privative). Les faïsses non-privatives pourront être exploitées en jardin commun. Chaque habitation aura donc sa sphère privée tout en étant incluse dans un ensemble collectif. Une voirie latérale desservira chaque niveau, mais les places de stationnement seront regroupées et éloignées des habitations. La construction initiale est constituée d’une charpente en ogive, de sa couverture et de l’aménagement du seul rez-de-chaussée (avec séjour, chambre, cuisine et salle de bains). Le reste du volume est clos de façon légère. A partir de cet habitat initial, deux hypothèses peuvent être développées : la location simple du volume en l’état. Le locataire peut rester dans cette configuration initiale ou ultérieurement étendre progressivement la partie habitable à l’intérieur des volumes laissés libres. Ou bien, une possible accession progressive à la propriété dans le cadre d’un montage défini avec le maître d’ouvrage.


dossier de présentation, septembre 2013 – pdf

 

 

 

commanditaires : des membres du conseil municipal de Beaumont et Pascal Waldschmidt, maire de Beaumont, Jacqueline Mielle et Jean-Rémi Durand-Gasselin, adjoints au maire

soutien : Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Conseil général de l’Ardèche (Cap Territoire), Parc naturel régional des Monts d’Ardèche (Fonds européen agricole pour le Développement rural – Leader)

première tranche : septembre 2013
deuxième tranche : été 2016

 

crédits photographiques Loïc Julienne

Joëlle Tuerlinckx à Cransac

La Triangulaire de Cransac
‘MUSÉE DE LA MÉMOIRE  PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE ®’

Avant d’être une commune minière, Cransac était, au XIXe siècle, un village connu pour son thermalisme. Devenu une ville de près de 7 000 habitants vivant de l’extraction du charbon, Cransac redevient, après la fermeture des mines en 1961, une cité thermale qui met en valeur les particularités de son sous-sol. La période de son histoire associée à l’extraction minière a fortement marqué la commune et a façonné son identité. La mémoire collective est aujourd’hui liée à cette mémoire ouvrière. Mutations des paysages et des comportements sociaux sont par conséquent des notions essentielles dans l’histoire récente de Cransac. En faisant appel à un artiste, le commanditaire a souhaité aller au-delà de la commémoration. Si la prise en compte de l’histoire industrielle et minière reste importante dans la définition de la commande, l’articulation du passé et du présent doit être porteuse de valeurs, de préoccupations nouvelles en rapport avec le développement de l’activité thermale et avec l’évolution du paysage urbain. Le choix de la commune s’est porté sur Joëlle Tuerlinckx, artiste de renommée internationale. D’emblée elle a focalisé toute son attention au contexte de son intervention. Elle s’est nourrie des rencontres humaines et des découvertes architecturales, géologiques, qu’elle a mémorisées et cristallisées sous forme de notes, d’enregistrements sonores et visuels, l’ensemble constituant la genèse de l’oeuvre.

Joëlle Tuerlinckx élabore un projet où toute la structure muséale et son fonctionnement sont évoqués : la collection, la conservation, l’inventaire, les montages d’expositions successives, mais elle en bouleverse les schémas et propose «un musée retourné comme un gant» qui prend appui sur une triangulaire de lieux. «La Triangulaire de Cransac ‘MUSÉE DE LA MÉMOIRE – PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE ®’» se compose d’un ‘Monument-Mémoire’ de 34 m de hauteur érigé sur l’ancien carreau de la mine, près du puits no 1 (le monument représente un dixième de sa profondeur) et de deux pôles désignés par l’artiste comme ‘Vitrine Contemporaine’ et ‘Vitrine Historique’ du Musée de la Mémoire. Le titre donné à l’oeuvre rend hommage à Jean Jaurès : «L’éducation universelle, le suffrage universel, la propriété universelle, voilà, si je puis dire, le vrai postulat de l’individu humain*.» L’artiste a retenu de cette phrase son esprit universel et sa dimension utopique.
* « Socialisme et liberté », article paru in La Revue de Paris, 1er décembre 1898.

 

dossier de presse, septembre 2011 – pdf

 

‘Monument-Mémoire’, ‘Vitrine Contemporaine’ et ‘Vitrine Historique’

 

 

 

réalisation et inauguration, le 15 octobre 2011

 

 

commanditaire : conseil municipal de Cransac

soutien : Fondation de France, Ville de Cransac-Les-Thermes, ministère de la culture et de la communication (DGCA, DRAC Midi-Pyrénées), Région Midi-Pyrénées, Département de l’Aveyron, Communauté de communes du bassin de Decazeville-Aubin, Forum des associations, Crédit agricole Nord Midi-Pyrénées, Umicore, Chaîne thermale du Soleil–Thermes de Cransac

2011


crédits photographiques Joëlle Tuerlinckx, Christoph Fink (sauf 25, 26 et 27)