Élisabeth Ballet, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

Vous me direz

Vous me direz est la réponse d’Élisabeth Ballet à la commande d’élus et d’habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.
Située en zone de moyenne montagne, l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres regroupait dix communes rurales jusqu’à fin 2013, avant sa fusion au sein de la Communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche. Ce territoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ateliers de moulinage et de tissage à l’abandon et la question de leur requalification est récurrente. La Communauté de communes souhaitait mener une réflexion de sensibilisation sur la présence et la transformation de ce paysage industriel, et aborder la dimension sociale du travail textile.
À Saint-Sauveur-de-Montagut, la présence du Moulinon au bord de l’Eyrieux est un témoignage fort de l’histoire ouvrière locale. Élisabeth Ballet crée une «chambre d’écoute» dans l’ancien arrêt de gare, de l’autre côté de la rivière, face à l’usine. L’abri, peint en bleu, est précédé d’une terrasse pourvue de deux bancs en béton de couleur brun rouge. À l’intérieur, une fenêtre munie d’un garde‑corps a été percée pour offrir une vue frontale sur le Moulinon. Un montage sonore est diffusé à divers endroits pour multiplier les points d’écoute.
«La distance entre l’usine que nous admirerons et le site proprement dit – écrit l’artiste – permettra de créer une oeuvre immatérielle. Cette oeuvre sera à la fois constituée des sons de la rivière, de la turbine et de la nature, qui se mêleront aux machines et aux voix des protagonistes de l’usine. Ces voix nous invitent à prendre le temps d’écouter les récits du travail accompli, son prix, ses joies et ses peines, et prendre ainsi connaissance du savoir-faire des ouvriers. »

 

communiqué de presse, mai 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus et des habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes Privas Centre Ardèche

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional du Pilat

Située sur un axe historique de déplacement entre la vallée du Rhône et de Saint-Étienne, Bourg-Argental compte 3 019 habitants. Situé dans le Parc naturel régional du Pilat, la ville, comme le reste du massif, est marquée par la présence de l’activité textile depuis le XVIe siècle, activité qui s’est développée au XIXe siècle avec l’intensification des délocalisations des soyeux de Lyon après la révolte des canuts.
L’ensemble des savoir-faire textiles était présents : moulinage, ourdissage, tissage, tressage, rubanerie et les bâtiments liés à industrie ont fortement structuré le paysage. Après le repli puis la quasi disparition de la production textile, des petites entités se spécialisent dans les savoir-faire de pointe et des produits de haute qualité.

Le projet mené avec la Ville de Bourg-Argental s’inscrit dans la continuité du programme de coopération inter-parcs Paysage industriel mené avec quatre Parcs naturels régionaux : Pilat, Monts-d’Ardèche, Lorraine et Vercors. Un travail de réflexion avec les habitants et des élus de Bourg-Argental a conduit au souhait de valoriser ce passé industriel, de rendre lisible les traces conscientes et inconscientes de l’activité textile (pour sa dimension sociale) ainsi que son impact sur le paysage (investissement et désinvestissement). Il s’agit d’aborder les vides (destruction de certains bâtiments qui avaient structuré le paysage) comme des architectures encore existantes : ateliers fondus dans les habitations, éparpillement des anciens bâtiments…

Un début de recherche sur un territoire élargi a été mené par Élisabeth Ballet, elle a identifié à Bourg-Argental, plusieurs lieux qui ne pouvaient être traités : espaces privés reconvertis, espaces publics inaccessibles ou décrétés inondables par l’État. Ce premier temps d’investigation lui a permis d’une part de réunir des données sur le tissage, le tressage, la rubanerie, et d’autre part de « relire » spatialement l’histoire industrielle de Bourg-Argental.
La commune a invité Élisabeth Ballet à investir un lieu central qui fut l’emplacement de l’ancienne usine textile Jarrosson. Ce lieu est délaissé malgré son intérêt.

« Pour la plupart, les fabriques de Bourg-Argental ont fait place à de nombreux parkings ou à des lieux sans qualités, dans certains endroits des traces en forme de shed marquent encore la limite d’une propriété, à d’autres on reconnaît la qualité spécifique de maisons d’ouvriers ou d’ateliers. Tout ceci montre un temps où l’activité autour du tissage de la soie naturelle et artificielle était la grande occupation de tous les habitants (…) La capacité d’innovation de certaines usines se caractérise par un patrimoine séculaire et des savoir-faire rares. La beauté fantastique des productions en tout genre de fils spéciaux de toutes formes, matières et couleurs, pour fabriquer des tresses, des lacets, des franges, guirlandes et autres textiles étroits m’a littéralement éblouie. Ouvrir un album d’échantillons ou tourner les pages d’un carnet d’apprentissage est une expérience proche de l’émerveillement. J’ai reconnu dans certaines pages ouvertes certaines de mes pièces encore à faire ou déjà là depuis longtemps. »
Élisabeth Ballet

 

commanditaires : la commune de Bourg-Argental, représentée par son maire, Stéphane Heyraud; l’ensemble des adjoints au maire

soutien : Parc naturel régional du Pilat dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Ville de Bourg-Argental

en cours