en Auvergne-Rhône-Alpes

Michel Aubry
La 72 593e Partie du monde, Parc naturel régional du Vercors
La 213 429e Partie du monde, Parc naturel régional du Pilat
Élisabeth Ballet
Vous me direz, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche
à Bourg-Argental, Parc naturel régional du Pilat
Cécile Bart
Et pluie le soleil à Thiers
Patrick Bouchain
Les Bogues du Blat à Beaumont, Ardèche
Susanne Bürner
La Traversée, Parc naturel régional du Vercors
Camille Henrot
Ma Montagne à Pailherols
Lani Maestro
ces MAINS, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche
Alejandra Riera avec des habitant(e)s de Fontbarlettes
Enquête sur le/notre dehors (Valence-le-Haut) <2007 – …> à la date du 24 avril 2012
Christophe Terlinden, Emmanuel Lambion et Iwan Srauven
Pietro à Beaumont, Puy-de-Dôme
Eulàlia Valldosera
La Maison de la mémoire à Rochechinard, Drôme

commandes suspendues
Giuseppe Gabellone
Monument du souvenir à Lyon
Élisabeth Ballet
La Traversée de Maisonneuve, à Chandolas, Ardèche

10 juin 2016, Pailherols, Cantal

Inauguration de Ma montagne, une œuvre
de Camille Henrot, en hommage aux anciens
buronniers du Cantal

Une commande de la commune de Pailherols et de l’association Sauvegarde des burons du Cantal en hommage aux anciens buronniers, réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation de France– action Nouveaux commanditaires et le ministère de la Culture et de la Communication au titre du soutien à la commande publique

La demande a été initialement portée par Jean-Paul Soubeyre, agriculteur qui a sollicité comme relais et porteurs du projet, l’association Sauvegarde des burons du Cantal et la commune de Pailherols. L’association est impliquée depuis 1984 dans la restauration de burons, bâtiments de pierres à la fois lieu d’habitation pour les bergers et de fabrication de fromages, situés en altitude et véritables marqueurs d’un paysage lié au pastoralisme. La commune de Pailherols (170 habitants) est située dans le Carladès, sur les Monts du Cantal (1 000 m d’altitude) sur un territoire traditionnellement consacré à l’estive (territoire de la vache Salers). Il est souhaité une «mise à l’honneur» des buronniers au travers d’une œuvre contemporaine qui ne soit pas une entreprise de «folklorisation» mais une œuvre-lieu de mémoire, une œuvre signal, une œuvre-trace, une œuvre-constellation tissant des liens avec le paysage.

L’œuvre Ma montagne est composée d’une trentaine de sculptures dispersées, dessinées à partir de la «claie» ou barrière traditionnelle utilisée par les vachers. Implantées dans le paysage, elles invitent au parcours dans la montagne. La claie devient un signe, alphabet, langage morse rappelant les codes utilisés par les bergers pour communiquer d’une montagne à l’autre. L’artiste fait également référence au Yi-King et à ses trigrammes, signes d’états de passage. Le parcours sur lequel s’installent les claies-sculptures emprunte un chemin qui menait autrefois aux estives dites «montagnes». Onze claies-sculptures rythment le chemin jusqu’à un point haut dominant l’ensemble des estives où vingt-cinq d’entre elles se déroulent, s’étendent et se dispersent. A l’entrée du village, dans un petit terrain face à l’office de tourisme, une installation reprend les formes des objets liés à l’univers du buronnier.

Rendez-vous à 13 heures à Pailherols devant le jardin de Marguerite pour le parcours Ma montagne (durée 1h30, chaussures de marche recommandées).
Pour ceux qui ne souhaitent pas faire la marche, rendez-vous avec votre véhicule directement sur la place de Pailherols à 14h30.

 

dossier de presse, juin 2016 – pdf

 

liens
www.burons-du-cantal.fr
www.a-demeure.org/production/camille-henrot-a-pailherols

Eulàlia Valldosera à Rochechinard

La Maison de la Mémoire

De 1972 à 1991 tout le village de Rochechinard a joué un spectacle son et lumière au pied de son château. C’est dans ce contexte que le musée de Rochechinard a été créé s’inscrivant dans une suite logique à l’enthousiasme de la population et à l’attachement de celle-ci à son histoire. Ses fondateurs font partie de la dernière génération «à honorer leurs grands-parents». Nommé Maison de la mémoire, musée du Royans, sa collection est constituée de ce que les habitants lui ont donné : depuis 30 ans, les gens déposent sur le perron ce qu’il leur paraît être digne d’être conservé. Cependant, le musée de Rochechinard vit un passage difficile comme la plupart des éco-musées. La muséographie peut apparaître vieillie, désuète et l’équipe constate une baisse de la fréquentation. Dûe aux nouvelles générations de visiteurs qui n’auraient plus véritablement de lien avec le monde rural ? Les objets présentés n’éveillent-ils plus de souvenirs liés à leur enfance ? La lecture de cette «situation» par un artiste et l’œuvre qui peut en découler doit être vécue comme un tout : le passage de la grande à la petite histoire, la dimension légendaire et l’inscription de cette légende dans le temps et dans l’espace. Le musée s’est adressé à l’artiste Eulàlia Valldosera, afin que soit abordée la question de la transmission avec notamment la perte de l’oralité (l’oralité était le point central du projet initial du musée) et d’établir une double relation spatiale et temporelle, c’est-à-dire relier intérieur et extérieur, passé et présent.

L’œuvre est composée de deux éléments :
– la réalisation d’un film d’auteur, Avant la lumière, dans lequel Eulàlia Valldosera réanime la collection des objets du musée à la veille de sa fermeture. L’artiste fonde sa lecture des espaces en considérant la maison comme un corps et en regardant les objets comme des habitants des pièces du subconscient. Le film est rythmé par des phases diurnes et nocturnes auxquelles sont associés des thèmes décrivant le contenu de la maison, son fonctionnement, des éléments du paysage, la famille. L’univers onirique et poétique est ponctué de récits des protagonistes de ce musée, témoins et conteurs d’un usage des objets domestiques et d’une vie en milieu rural.
– la transformation du lieu en un centre de production de la mémoire et faisant œuvre globale.
Cette seconde étape est suspendue.

 

dossier de présentation, juin 2015 – pdf

 

 

Avant la lumière

Ce qui subsiste de la vie rurale de nos ancêtres, ce sont nos propres interprétations à partir d’un présent qui évoque et recrée un modus vivendi, lequel a tendance à être idéalisé et empreint de nostalgie.
Or, le désir de sauvegarder le lien qui nous unit à nos origines passe par la connaissance et la lutte pour la survivance de notre milieu ambiant, avec la Nature, et non contre elle, comme cela semble être le cas actuellement.
Ce film est un regard sur le présent en même temps qu’il recrée le passé à partir des récits que les membres de l’association de la Maison de la mémoire, ses gardiens et interprètes, jouent devant la caméra. La proposition est le mode filmique comme forme d’archive.

 

 

 

commanditaires : les membres du conseil d’administration de l’association des Amis de la Maison de la mémoire de Royans, Alain Derbier, fondateur du musée de Rochechinard, Mireille Gepponi, Catherine Flament, Jeanne Charve, Josette Derbier, Roland Meunier

soutien : Fondation de France, Communauté de communes du Pays du Royans

2015

 

crédits : Eulàlia Valldosera

Susanne Bürner, Parc naturel régional du Vercors

La Traversée
L’Isère
et Le Travail

Les communes de la rive gauche de l’Isère sont situées dans le prolongement de Grenoble et de la voie historique reliant les Alpes à la Méditerranée. La proximité de l’agglomération grenobloise et le regroupement en communautés de communes conduisent ces villages à se repositionner afin de préserver leurs spécificités. Les vestiges industriels sont des points de repère importants pour les habitants.
Deux lieux emblématiques sont repérés : l’ancienne fonderie royale de canons de Saint-Gervais et les carrières de l’Echaillon.
Le sentiment d’attachement des habitants à ces deux monuments ne semble pas avoir de rapport avec les activités existantes. Le signe «monument» reste, mais sa substance est changeante. Susanne Bürner est invitée à s’emparer de ce constat.

Susanne Bürner a visité de nombreux sites et a collecté des récits, anecdotes ainsi qu’une riche iconographie sur l’histoire industrielle de la rive gauche de l’Isère et de ses habitants. Au fil de ses recherches, le rôle de la rivière lui est apparu structurant. Elle facilitait la circulation des biens, des personnes et de la main d’oeuvre grâce aux ponts, bateaux, radeaux et bacs à traille. Sa forte présence au pied des coteaux du Vercors impressionne toujours le voyageur.
C’est d’ailleurs à travers le regard d’un étranger, en l’occurrence un jeune batelier, que Susanne Bürner propose une fiction qui prend la forme d’un film et de deux léporellos.

 

invitation, décembre 2014 – pdf

 

La Traversée

 

L’Isère et Le Travail

édition d’artiste
format ouvert 104 x 10,4 cm, chaque
600 exemplaires
10 €, les deux

 

 

commanditaires : Mme Faure, maire de Saint-Gervais, des membres de l’association SPIA –Sauvegarde du patrimoine industriel d’autrefois et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : Parc naturel régional du Vercors dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France

2014

 

crédits film Susanne Bürner, crédits photos édition Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Vercors

La 72 593e Partie du monde

Les activités artisanales traditionnelles ont contribué à la croissance économique du Royans Vercors. La tournerie tabletterie connaît un véritable essor durant la seconde moitié du XXe siècle. Plus de cinquante entreprises employaient au total plus de six cents ouvriers. Elle rencontre ses premières difficultés dans les années 1980. Aujourd’hui, quatre ateliers répondent aux demandes. L’œuvre que proposera Michel Aubry devra tirer les fils du passé pour penser l’avenir et rendre compte des énergies en présence.
Dès les premiers échanges avec les commanditaires, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et de lier les projets pour le Pilat et le Vercors par une recherche qui s’appuie sur trois oeuvres évoquant le paysage industriel : Le Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.
Elles abordent les liens entre les savoir-faire et le rapport aux ressources naturelles. Cette recherche débouche sur un ensemble constitué d’un film d’accompagnement qui sera présenté au début de l’année 2015, et de deux propositions localisées dans chaque Parc.
La proposition de Michel Aubry s’inspire d’une séquence du film La Sixième Partie du monde de Dziga Vertov, montrant une chamane de Sibérie. « La chamane danse dans un costume chargé d’objets symboliques, à la fois protection et enveloppe conductrice reliée aux éléments naturels. J’ai décidé de me concentrer sur ce personnage, de repenser son costume et de lui proposer comme instrument musical, une gamme complète de tubes sonores conçus dans la tradition de la tournerie. Le son relie, comme la chamane, les éléments provenant de la forêt aux objets matériels. » L’oeuvre convoque ainsi les réalités plurielles du territoire. Sa production a sollicité le concours d’artisans en utilisant les matériaux et les savoir-faire disponibles ; Patrick Belle pour la fabrication des cannes sonores, Lise Kreckelbergh pour la fabrication des bottes. Elle a été activée le 27 septembre 2014, par une performance chorégraphique de Marianne Baillot. Chaque année, d’autres variations de la danse seront programmées avec des associations du Royans.


communiqué de presse, septembre 2014 – pdf

 


commanditaires : les membres des associations Arbre et Engivane, et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : les quatre Parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat
et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER
(Fonds européen agricole pour le Développement rural)

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Pilat

La 213 429e Partie du monde

La 213 429e Partie du monde est la réponse de Michel Aubry à la commande de l’association Iguerande et du Parc naturel régional du Pilat. Elle porte sur l’ensemble du territoire.
Contrairement à l’industrie textile, la métallurgie a laissé peu de traces architecturales dans les paysages du Pilat. L’image qui perdure dans les mentalités est celle de l’aspect noir et salissant du travail. Pourtant, il existe une culture ouvrière de la précision dans la fabrication de l’objet fini et le Parc naturel régional du Pilat a mesuré les besoins de transmission sur cette industrie. Comment restituer sa place à l’échelle des paysages dont les ressources ont contribué à son développement ?
Dès les premiers échanges avec les commanditaires, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et de lier les projets pour le Pilat et le Vercors par une recherche qui s’appuie sur trois oeuvres évoquant le paysage industriel : Le Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.
Elles abordent les liens entre les savoir-faire et le rapport aux ressources naturelles. Cette recherche débouche sur un ensemble constitué d’un film d’accompagnement qui sera présenté au début de l’année 2015, et de deux propositions localisées dans chaque Parc.
Le travail du métal a eu pour conséquences des changements dans l’environnement sonore du Pilat avec l’installation de nombreuses forges, pierres de cloutiers et ateliers de sous-traitance de la grande industrie de la vallée. Michel Aubry questionne cette empreinte à partir de prises de son réalisées dans des entreprises. Elles donnent lieu à une édition de disques vinyle et à la fabrication par des entreprises locales, d’un instrument intégrant une paire de platines et une table de mixage permettant de créer des compositions à partir des échantillons gravés et de prémix issus de ces échantillons.
Les disques sont édités en sept exemplaires et réunis dans deux coffrets qui seront complétés jusqu’à la présentation du film d’accompagnement. L’œuvre sera interprétée lors d’un concert performance de Matthieu Crimersmois le jour de son inauguration.

 

communiqué de presse, juillet 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : Éric Perrin, historien et membre de l’association Iguerande et Parc naturel régional du Pilat

soutien : les quatre parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER
(Fonds européen agricole pour le Développement rural).

2014

 

crédits photographiques Marc Domage (2, 3) et Emmanuelle Boccou
crédit son : Matthieu Crimersmois

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

Vous me direz

Vous me direz est la réponse d’Élisabeth Ballet à la commande d’élus et d’habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.
Située en zone de moyenne montagne, l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres regroupait dix communes rurales jusqu’à fin 2013, avant sa fusion au sein de la Communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche. Ce territoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ateliers de moulinage et de tissage à l’abandon et la question de leur requalification est récurrente. La Communauté de communes souhaitait mener une réflexion de sensibilisation sur la présence et la transformation de ce paysage industriel, et aborder la dimension sociale du travail textile.
À Saint-Sauveur-de-Montagut, la présence du Moulinon au bord de l’Eyrieux est un témoignage fort de l’histoire ouvrière locale. Élisabeth Ballet crée une «chambre d’écoute» dans l’ancien arrêt de gare, de l’autre côté de la rivière, face à l’usine. L’abri, peint en bleu, est précédé d’une terrasse pourvue de deux bancs en béton de couleur brun rouge. À l’intérieur, une fenêtre munie d’un garde‑corps a été percée pour offrir une vue frontale sur le Moulinon. Un montage sonore est diffusé à divers endroits pour multiplier les points d’écoute.
«La distance entre l’usine que nous admirerons et le site proprement dit – écrit l’artiste – permettra de créer une oeuvre immatérielle. Cette oeuvre sera à la fois constituée des sons de la rivière, de la turbine et de la nature, qui se mêleront aux machines et aux voix des protagonistes de l’usine. Ces voix nous invitent à prendre le temps d’écouter les récits du travail accompli, son prix, ses joies et ses peines, et prendre ainsi connaissance du savoir-faire des ouvriers. »

 

communiqué de presse, mai 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus et des habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes Privas Centre Ardèche

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional du Pilat

Située sur un axe historique de déplacement entre la vallée du Rhône et de Saint-Étienne, Bourg-Argental compte 3 019 habitants. Situé dans le Parc naturel régional du Pilat, la ville, comme le reste du massif, est marquée par la présence de l’activité textile depuis le XVIe siècle, activité qui s’est développée au XIXe siècle avec l’intensification des délocalisations des soyeux de Lyon après la révolte des canuts.
L’ensemble des savoir-faire textiles était présents : moulinage, ourdissage, tissage, tressage, rubanerie et les bâtiments liés à industrie ont fortement structuré le paysage. Après le repli puis la quasi disparition de la production textile, des petites entités se spécialisent dans les savoir-faire de pointe et des produits de haute qualité.

Le projet mené avec la Ville de Bourg-Argental s’inscrit dans la continuité du programme de coopération inter-parcs Paysage industriel mené avec quatre Parcs naturels régionaux : Pilat, Monts-d’Ardèche, Lorraine et Vercors. Un travail de réflexion avec les habitants et des élus de Bourg-Argental a conduit au souhait de valoriser ce passé industriel, de rendre lisible les traces conscientes et inconscientes de l’activité textile (pour sa dimension sociale) ainsi que son impact sur le paysage (investissement et désinvestissement). Il s’agit d’aborder les vides (destruction de certains bâtiments qui avaient structuré le paysage) comme des architectures encore existantes : ateliers fondus dans les habitations, éparpillement des anciens bâtiments…

Un début de recherche sur un territoire élargi a été mené par Élisabeth Ballet, elle a identifié à Bourg-Argental, plusieurs lieux qui ne pouvaient être traités : espaces privés reconvertis, espaces publics inaccessibles ou décrétés inondables par l’État. Ce premier temps d’investigation lui a permis d’une part de réunir des données sur le tissage, le tressage, la rubanerie, et d’autre part de « relire » spatialement l’histoire industrielle de Bourg-Argental.
La commune a invité Élisabeth Ballet à investir un lieu central qui fut l’emplacement de l’ancienne usine textile Jarrosson. Ce lieu est délaissé malgré son intérêt.

« Pour la plupart, les fabriques de Bourg-Argental ont fait place à de nombreux parkings ou à des lieux sans qualités, dans certains endroits des traces en forme de shed marquent encore la limite d’une propriété, à d’autres on reconnaît la qualité spécifique de maisons d’ouvriers ou d’ateliers. Tout ceci montre un temps où l’activité autour du tissage de la soie naturelle et artificielle était la grande occupation de tous les habitants (…) La capacité d’innovation de certaines usines se caractérise par un patrimoine séculaire et des savoir-faire rares. La beauté fantastique des productions en tout genre de fils spéciaux de toutes formes, matières et couleurs, pour fabriquer des tresses, des lacets, des franges, guirlandes et autres textiles étroits m’a littéralement éblouie. Ouvrir un album d’échantillons ou tourner les pages d’un carnet d’apprentissage est une expérience proche de l’émerveillement. J’ai reconnu dans certaines pages ouvertes certaines de mes pièces encore à faire ou déjà là depuis longtemps. »
Élisabeth Ballet

 

commanditaires : la commune de Bourg-Argental, représentée par son maire, Stéphane Heyraud; l’ensemble des adjoints au maire

soutien : Parc naturel régional du Pilat dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Ville de Bourg-Argental

en cours

 

 

Lani Maestro, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

ces MAINS

La région des Boutières est un important foyer d’industrie et d’artisanat au centre ouest de l’Ardèche dans le haut de la vallée de l’Eyrieux. En 2010, l’ancienne Communauté de communes des Boutières décide de racheter le site de l’usine Murat incarnant à la fois le berceau de l’industrie du bijou et la mémoire ouvrière. L’usine doit maintenant s’inscrire dans l’avenir du territoire, ce qui suscite de nombreuses questions : de quels savoir-faire et de quelle identité parle-t-on, que valoriser et transmettre aux générations futures ? Lani Maestro a été invitée à poser un regard sur ce lieu en mutation et sur l’activité du bijou tout en établissant un lien avec les anciens salariés. Avec comme point de départ envisagé : l’usine en l’état avec ses machines et ses outils.
Au fil des conversations avec les ouvriers, Lani Maestro a perçu une réelle créativité dans la fabrication de chaque pièce. ces MAINS est une installation qui se lit et se déploie de l’extérieur vers l’intérieur de l’usine. La phrase (extraite du poème de José Perez Beduya, Glass Flowers) « Si vous devez prendre ma vie, laissez-moi les mains » est inscrite en néons bleus sur un des murs donnant sur la rue. Des panneaux bleus opacifiant ont été placés sur les ouvertures du bâtiment. A l’intérieur, trois anciens établis présentent des outils recréés avec Joel Haond qui travaille à l’usine. Une composition sonore en lien avec les personnes et l’environnement du travail est diffusée dans l’espace d’exposition et depuis l’atelier.


communiqué de presse, novembre 2013 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus de l’ancienne Communauté de communes des Boutières, François Champelovier, Régine Brunel, Hubert-Marie Piteux, Roger Dugas et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche – dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes de Val’Eyrieux

2013

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

 

Construire / Patrick Bouchain et Loïc Julienne, à Beaumont, Ardèche

Les Bogues du Blat

La Vallée de la Drobie, située dans le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche est un territoire en mutation. Vallée aux versants abrupts, elle a été aménagée en terrasses au fil des siècles afin de permettre la culture mais ce relief est progressivement devenu trop contraignant pour une agriculture qui s’est mécanisée. Depuis plus d’un siècle, l’ensemble des Cévennes ardéchoises a subi un lent processus de déprise agricole, composant au fil du temps un paysage d’abandon. Cette tendance s’est traduite par un important exode rural, qui a atteint son point culminant dans les années 70. Depuis peu, la vallée connaît un nouvel intérêt résidentiel et touristique qui a suscité des aménagements de plus en nombreux, pas toujours adaptés et remettant en cause le développement local. La commune de Beaumont a décidé de s’impliquer dans une démarche de maîtrise des projets de construction et d’aménagement de l’espace pour répondre à une demande croissante de terrains à bâtir ou d’habitats traditionnels. Elle s’est lancée dans un projet d’aménagement et de développement durable, mettant l’accent sur la nécessité de définir de nouvelles zones d’habitation associant habitat individuel et habitat collectif en un nouveau hameau s’inspirant de l’ancien existant. Elle a, dans cette perspective, souhaité confier à un architecte d’établir un projet de création d’un habitat social rural basé sur la maison comme unité de base c’est-à-dire de revenir à la maison comme espace privé familial tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau.

La réponse de Patrick Bouchain et de l’équipe Construire a permis d’aller au-delà des premières intentions, d’ouvrir la commande à leur démarche expérimentale et de s’interroger sur la possibilité de construire autrement. Le bureau Construire instaure un processus associant étroitement population, entrepreneurs, futurs habitants, architectes et artistes afin de faire de la construction un acte culturel. Les grandes orientations du projet ont été tracées : créer un habitat social rural basé sur la maison comme unité de base, revenir à la maison comme espace privé familial tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau. Un schéma général est établi pour huit habitations. Ce schéma peut être réalisé en plusieurs phases, en fonction des besoins de la municipalité et du nombre des demandes. Une première tranche comprend entre trois et cinq habitations en fonction des premières personnes cooptées. Chaque maison sera implantée à cheval sur plusieurs faïsses, mais chacune sera desservie par une faïsse particulière (privative). Les faïsses non-privatives pourront être exploitées en jardin commun. Chaque habitation aura donc sa sphère privée tout en étant incluse dans un ensemble collectif. Une voirie latérale desservira chaque niveau, mais les places de stationnement seront regroupées et éloignées des habitations. La construction initiale est constituée d’une charpente en ogive, de sa couverture et de l’aménagement du seul rez-de-chaussée (avec séjour, chambre, cuisine et salle de bains). Le reste du volume est clos de façon légère. A partir de cet habitat initial, deux hypothèses peuvent être développées : la location simple du volume en l’état. Le locataire peut rester dans cette configuration initiale ou ultérieurement étendre progressivement la partie habitable à l’intérieur des volumes laissés libres. Ou bien, une possible accession progressive à la propriété dans le cadre d’un montage défini avec le maître d’ouvrage.


dossier de présentation, septembre 2013 – pdf

 

 

 

commanditaires : des membres du conseil municipal de Beaumont et Pascal Waldschmidt, maire de Beaumont, Jacqueline Mielle et Jean-Rémi Durand-Gasselin, adjoints au maire

soutien : Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Conseil général de l’Ardèche (Cap Territoire), Parc naturel régional des Monts d’Ardèche (Fonds européen agricole pour le Développement rural – Leader)

première tranche : septembre 2013
deuxième tranche : été 2016

 

crédits photographiques Loïc Julienne