George Trakas à Lamelouze (Gard)

Du sec à l’eau

Lamelouze est située dans la vallée du Galeizon au nord d’Alès. La vallée du Galeizon est reconnue depuis vingt ans réserve de biosphère par l’Unesco dans le cadre du programme Homme et Biosphère et la commune est intégrée dans la zone d’adhésion du Parc national des Cévennes. Plusieurs associations existent sur la commune avec lesquelles la municipalité entretient un partenariat étroit : associations professionnelles, culturelles, d’animation locale.

En 2009, la commune de Lamelouze a invité l’association Sentiers à mener ses expérimentations artistiques sur un terrain communal de 14 hectares situé entre l’église Sainte-Cécile du XIe siècle et la rivière, le Galeizon.
Sentiers a rencontré George Trakas à la suite de la demande d’oeuvre d’usage de plusieurs habitants  qui vise plus particulièrement ce terrain communal.
L’ancien propriétaire avait commencé une exploitation sylvicole avec des plantations de diverses essences et créé un arboretum. L’église, rénovée, accueille diverses activités culturelles. Cet espace constitue le seul accès public à la rivière, il est traversé par le GR 44B.

La demande s’inscrit dans un désir de valoriser ce terrain et son paysage, sa qualité d’espace commun, de lui redonner une place dans l’organisation géographique et sociale de la commune afin qu’il soit «reconnu» par tous, des habitants de Lamelouze comme des usagers occasionnels. Après une visite en août 2015, George Trakas a écrit : «La géologie, la rivière et la présence des anciens sont entrées dans mon coeur».
Lors d’un deuxième séjour au cours de l’été 2016 et à l’appui de ses premières intuitions, de moments d’écoute et d’observation des usages par les habitants de Lamelouze, George Trakas propose un tracé pour accéder au Galeizon ainsi qu’un aménagement simple entre l’arboretum et la rivière.

Un carnet d’étude associant textes et dessins a été publié par Captures éditions. Il permet l’accès à la réflexion de l’artiste — en lien avec son parcours et ses oeuvres réalisées — à son approche d’un contexte prenant systématiquement en compte la dimension humaine des lieux. La sélection des dessins par George Trakas et les données techniques pour la réalisation de l’oeuvre Du sec à l’eau offrent une approche à la fois pragmatique et poétique.

 

 

 

Mardi 28 février 2017

Inauguration de L’espace entre !

Une oeuvre de Marie-Ange Guilleminot
pour le Centre médico-psychologique pour enfants
et adolescents de Gaillac

CMPEA de Gaillac
11 rue Jean-Fos-de-Laborde
81600 Gaillac


« Un(e) artiste pourrait réaliser une oeuvre à destination des enfants que nous recevons pour introduire un minimum, vital, de désordre qui réveille la pensée ».

Le CMPEA, service extrahospitalier, est à l’interface du lien social et du psychisme, du sujet social et du sujet clinique. Lieu de circulation et d’interception des flux du vaste monde, de suspension aussi…
La salle d’attente ni tout à fait dedans, plus tout à fait dehors, apparaît alors comme ce lieu intermédiaire entre le soin proprement dit et le monde extérieur, officiant comme ces antichambres où l’on chuchote avant de dire.
Si le groupe des commanditaires a initialement identifié la salle d’attente comme espace de l’œuvre à venir, la possibilité de déborder de ce cadre a néanmoins été envisagée. Mobilité et utilisation par l’équipe lors des prises en charge individuelles ou de groupe ont également été suggérées.

 

dossier de presse, février 2017 – pdf

 

commanditaire : CMPEA de Gaillac
soutien : Fondation de France, Fondation Daniel et Nina Carasso,
Fondation Bon Sauveur d’Alby

2017

 

 

Photo : Armande Chollat-Namy

Daniel Buren à Toulouse

Une oeuvre pour le CHU

L’hôpital Purpan a amorcé depuis plusieurs années une refonte complète de son site : ouverture de l’Hôpital des Enfants en 1998, de l’hôpital Paule de Viguier en 2003, de l’Institut Fédératif de Biologie en 2006. L’arrivée du tramway fin 2010 a pour la première fois dans l’histoire hospitalière, amené la cité au coeur de l’hôpital.
La construction de la clinique Pierre Paul Riquet et son extension avec le bâtiment Urgence-Réanimation-Médecine est l’occasion d’engager une commande d’oeuvre à un artiste.
Plaçant au centre de ses préoccupations la question de l’accueil, la demande vise à identifier les flux pour les usagers (patients et soignants), à faire signe à l’arrivée du tramway pour le passage de l’extérieur vers l’intérieur, et à engager une réflexion sur les halls tout en traduisant une identité commune aux deux bâtiments.

A la suite d’une observation des lieux et de leurs usages, d’une approche approfondie de chaque projet d’architecture, le choix de Daniel Buren s’est concentré sur les halls d’accueil de l’URM et du PPR, et la passerelle qui relie les deux bâtiments.

10 Cadres carrés pour un patio, travail in situ permanent, hall d’accueil du bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015

À l’intérieur du patio, trois cadres carrés et tridimensionnels s’échelonnent à partir de la façade côté rue, en créant une accélération de la perspective. De couleur bleue, jaune, rouge, chacun d’entre eux est relié à un deuxième en angle ouvert, égal à celui formé par les deux parois vitrées côté rue (entrée du hall) et côté couloir (accès aux différents services).  Les quatre cadres face aux fenêtres sont projetés et contrecollés sur celles-ci à l’aide de bandes adhésives blanches.

Le Puits de lumière en 5 couleurs et sur 5 étages, travail in situ permanent, hall d’accueil de l’hôpital Pierre-Paul Riquet, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015

L’espace carré à l’intérieur du hall d’entrée et sur lequel donne une série de fenêtres est travaillé en volume. Des tablettes de couleur bleue, jaune, orange, rouge et verte, rythmées par des bandes blanches, soulignent le tour du carré et se succèdent les unes au dessus des autres jusqu’au plafond de cet espace creux. Ces cinq cadres se superposant tels des caissons lumineux (chacun éclairant le caisson supérieur) deviennent l’éclairage central du hall du PPR.

Bayadère pour 3 couleurs et 2 bandes blanches, travail in situ permanent, passerelle hôpital Pierre-Paul Riquet / bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse   2013-2015

La passerelle qui relie le bâtiment des Urgences aux services d’imagerie (situés au sein du PPR) est utilisée afin d’indiquer les flux entre les deux lieux. Les vitres de la passerelle sont entièrement recouvertes de papiers autoadhésifs et divisées en séquences de 43,5 cm de large, successivement bleue, jaune, rouge puis composée de bandes alternées blanches et transparentes de 8,7 cm.
Cette grande frise opacifie volontairement le passage utilisé à l’usage exclusif des patients et des soignants. Elle est visible depuis l’extérieur de jour comme de nuit (côté tramway et à l’arrière des bâtiments) et en fonction des heures de la journée, la lumière est projetée sur le sol et irradie le lieu.

 

Photo-souvenir : 10 Cadres carrés pour un patio, travail in situ permanent, hall d’accueil du bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015. Détail. Septembre 2015. © Daniel Buren/ADAGP, Paris. Photo : Phoebé Meyer

Photo-souvenir : Le Puits de lumière en 5 couleurs et sur 5 étages, travail in situ permanent, hall d’accueil de l’hôpital Pierre-Paul Riquet, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015. Détail. Septembre 2015. © Daniel Buren/ADAGP, Paris. Photo : Phoebé Meyer

Photo-souvenir : Bayadère pour 3 couleurs et 2 bandes blanches, travail in situ permanent, passerelle hôpital Pierre-Paul Riquet / bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015.
Détail. Septembre 2015. © Daniel Buren/ADAGP, Paris. Photo : Phoebé Meyer

 

commanditaire : Hôpital Purpan, Toulouse
soutien : Fondation de France, CHU de Toulouse

réalisation passerelle, atrium PPR et patio URM : 2015

 

 

 

Jessica Stockholder à Toulouse

Los Pès del parpalhòl

En 2007, les enseignants, parents d’élèves et animateurs de l’école associative bilingue occitan-français Calandreta Còsta Pavada ont souhaité passer commande d’une œuvre à un(e) artiste pour leur cour d’école, ayant pour vocation d’offrir un espace de jeu et de vie pour tous les âges, et des lieux protégés pour les plus petits.
Les commanditaires souhaitaient la présence d’une sculpture à dimension pédagogique favorisant les expériences sensorielles, la rencontre et l’échange entre les enfants. Elle devait être susceptible d’incarner quelques-unes des idées fondatrices de l’école : développement de l’esprit de tolérance, du respect de la différence, de la curiosité et de l’ouverture aux autres langues et cultures.

La proposition de Jessica Stockholder consiste en une sculpture « praticable » de couleurs vives et de matériaux variés (marbre, bois, corrian, béton, brique). L’œuvre est composée d’un jeu de formes géométriques de faible hauteur qui se déploient et s’organisent autour d’une structure rectangulaire en tôle acier plastifiée. Cette structure peut faire office d’espace de jeu, de mise en scène de soi, et laisse transparaître volumes et passages.
Le dessin au sol en aluminium ainsi que la forme de la jardinière en mélèze, reprennent des éléments de la croix occitane.
L’école ne pouvant finalement accueillir l’œuvre, elle a été installée dans la cour du musée d’art contemporain Les Abattoirs à Toulouse.

 

dossier de presse, avril 2013 – pdf

 

 

 

commanditaire : association Calandreta Còsta Pavada, Toulouse

soutien : Fondation de France, ministère de la culture et de la communication (DGCA, DRAC Midi-Pyrénées), Ville de Toulouse, Syndicat mixte des Abattoirs

2013

 

 

crédits photographiques Jessica Stockholder (toutes) sauf Jean-François Peiré–Drac Midi-Pyrénées (9)

 

Marie-Ange Guilleminot à Gaillac

L’espace entre !

«Un(e) artiste pourrait réaliser une oeuvre à destination des enfants que nous recevons pour introduire un minimum, vital, de désordre qui réveille la pensée».
Le Centre médico-psychologique pour enfants et adolescents, service extra-hospitalier, est à l’interface du lien social et du psychisme, du sujet social et du sujet clinique. Lieu de circulation et d’interception des flux du vaste monde, de suspension aussi…
La salle d’attente, ni tout à fait dedans, plus tout à fait dehors, apparaît alors comme ce lieu intermédiaire entre le soin proprement dit et le monde extérieur, officiant comme ces antichambres où l’on chuchote avant de dire.
Penser une oeuvre pour le CMPEA serait permettre à des enfants trop précocement ou exclusivement aux prises avec le numérique, présentant souvent une pensée qui va se paupérisant, une rencontre émotionnelle et intellectuelle inédite.

Washitsu ou Cabane in time
Sculpture à l’architecture démontable en érable ondé, installée dans l’actuelle salle d’attente, elle est complémentaire au Meuble-spirale. Sa conception minimale autour de l’unité d’un tatami crée un volume singulier pour l’enfant. Elle est basée sur l’observation attentive de la tradition japonaise washitsu dont l’artiste a voulu la forme essentielle, avec un seul module… Préserver l’esprit du lieu : tokonoma ou l’espace pour l’art, shoji portes coulissantes en bois et papier-japon renforcé avec, ici en feutre, ses volets amovibles.

…du meuble spirale au meuble infini…
Initialement placé dans l’espace de l’accueil, le Meuble-spirale a vocation à se transformer et être disposé librement dans le lieu du CMPEA. À la fois meuble et sculpture, il sera utilisé par l’équipe pour les besoins du travail mené avec l’enfant ou l’adolescent. De forme hexagonale, il est constitué de quatorze éléments aux pans colorés, à usages multiples et ludiques : bibliothèque, table à dessin, petit théâtre. L’oeuvre fait l’objet d’une appropriation par ses utilisateurs, elle est une invitation à la créativité.

L’objet-étalon
Semblable au Meuble-spirale à l’échelle du corps, il est composé de quatorze éléments autonomes pouvant être agencés entre eux à l’infini. L’idée de cette échelle est de pouvoir réfléchir avec l’objet entre les mains à toutes sortes de combinaisons transposables à la sculpture-meuble. Il est réalisé dans quatorze essences de bois : nuancier de référence correspondant au positionnement par la couleur du Meuble-spirale.


Réalisation
Washitsu ou Cabane in time : Yutaka Kawahara et Renaud Vergnais (charpentiers), Cécile Feilchenfeldt et Géraldine Odeyer
…du meuble spirale au meuble infini… : Jacques Vignon
L’objet-étalon : Patrick Belle

Conseils, coordination : Paule Guérin, Murielle Hladik, Sabine Laurent, George-Henry Ser
Jeux/toupies :  Philippe Dyon
Contribution au choix des livres : Les Trois Ourses


dossier de presse, février 2017 – pdf
dossier de présentation, avril 2015 – pdf

 

 

 

 

commanditaires : l’équipe du CMPEA de Gaillac – Karine Beziat, Éric Bousquet, Daniel Delbes, Sylvie Faure, Marie-Claude Garros, Sophie Mahenc, Fabienne Maviel, Marie-Josée Medale, Maria Puech-Maurel, Laurence Quercy, Pauline Ricard, Catherine Scarpulla, Sabine Vialettes, Vassiliki Xenoyanni

soutien : Fondation de France, Fondation Daniel et Nina Carasso,
Fondation Bon Sauveur d’Alby

2017

 

 

crédits Marie-Ange Guilleminot

Joëlle Tuerlinckx à Cransac

La Triangulaire de Cransac
‘MUSÉE DE LA MÉMOIRE  PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE ®’

Avant d’être une commune minière, Cransac était, au XIXe siècle, un village connu pour son thermalisme. Devenu une ville de près de 7 000 habitants vivant de l’extraction du charbon, Cransac redevient, après la fermeture des mines en 1961, une cité thermale qui met en valeur les particularités de son sous-sol. La période de son histoire associée à l’extraction minière a fortement marqué la commune et a façonné son identité. La mémoire collective est aujourd’hui liée à cette mémoire ouvrière. Mutations des paysages et des comportements sociaux sont par conséquent des notions essentielles dans l’histoire récente de Cransac. En faisant appel à un artiste, le commanditaire a souhaité aller au-delà de la commémoration. Si la prise en compte de l’histoire industrielle et minière reste importante dans la définition de la commande, l’articulation du passé et du présent doit être porteuse de valeurs, de préoccupations nouvelles en rapport avec le développement de l’activité thermale et avec l’évolution du paysage urbain. Le choix de la commune s’est porté sur Joëlle Tuerlinckx, artiste de renommée internationale. D’emblée elle a focalisé toute son attention au contexte de son intervention. Elle s’est nourrie des rencontres humaines et des découvertes architecturales, géologiques, qu’elle a mémorisées et cristallisées sous forme de notes, d’enregistrements sonores et visuels, l’ensemble constituant la genèse de l’oeuvre.

Joëlle Tuerlinckx élabore un projet où toute la structure muséale et son fonctionnement sont évoqués : la collection, la conservation, l’inventaire, les montages d’expositions successives, mais elle en bouleverse les schémas et propose «un musée retourné comme un gant» qui prend appui sur une triangulaire de lieux. «La Triangulaire de Cransac ‘MUSÉE DE LA MÉMOIRE – PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE ®’» se compose d’un ‘Monument-Mémoire’ de 34 m de hauteur érigé sur l’ancien carreau de la mine, près du puits no 1 (le monument représente un dixième de sa profondeur) et de deux pôles désignés par l’artiste comme ‘Vitrine Contemporaine’ et ‘Vitrine Historique’ du Musée de la Mémoire. Le titre donné à l’oeuvre rend hommage à Jean Jaurès : «L’éducation universelle, le suffrage universel, la propriété universelle, voilà, si je puis dire, le vrai postulat de l’individu humain*.» L’artiste a retenu de cette phrase son esprit universel et sa dimension utopique.
* « Socialisme et liberté », article paru in La Revue de Paris, 1er décembre 1898.

 

dossier de presse, septembre 2011 – pdf

 

‘Monument-Mémoire’, ‘Vitrine Contemporaine’ et ‘Vitrine Historique’

 

 

 

réalisation et inauguration, le 15 octobre 2011

 

 

commanditaire : conseil municipal de Cransac

soutien : Fondation de France, Ville de Cransac-Les-Thermes, ministère de la culture et de la communication (DGCA, DRAC Midi-Pyrénées), Région Midi-Pyrénées, Département de l’Aveyron, Communauté de communes du bassin de Decazeville-Aubin, Forum des associations, Crédit agricole Nord Midi-Pyrénées, Umicore, Chaîne thermale du Soleil–Thermes de Cransac

2011


crédits photographiques Joëlle Tuerlinckx, Christoph Fink (sauf 25, 26 et 27)