Paysage industriel


Michel Aubry
La 72 593e Partie du monde, Parc naturel régional du Vercors
La 213 429e Partie du monde, Parc naturel régional du Pilat

Élisabeth Ballet
Vous me direz, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche
dans le Parc naturel régional du Pilat

Susanne Bürner
Euville, Parc naturel régional de Lorraine
La Traversée, Parc naturel régional du Vercors

Lani Maestro
ces MAINS, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche
Limen, Parc naturel régional de Lorraine

 

Un projet de coopération entre quatre Parcs naturels régionaux

Les Parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors ont décidé de mener une réflexion collective sur l’histoire industrielle de leurs territoires, ses mutations et ses ruptures, son impact sur les paysages et la vie quotidienne des populations d’aujourd’hui.
Huit commandes d’oeuvres réparties sur huit sites ont été adressées à quatre artistes. La direction artistique a été confiée à Valérie Cudel de l’association À demeure, également médiatrice de l’action Nouveaux commanditaires proposée par la Fondation de France. Une mission a été confiée à des chercheurs en sciences humaines et sociales afin d’analyser les processus de mise en place de ce programme artistique inédit.
Les artistes plasticiens Michel Aubry, Élisabeth Ballet, Susanne Bürner et Lani Maestro ont été choisis pour leur capacité à réagir à une commande et à son contexte social, historique et humain. Chacun intervient sur deux sites.

Une question commune : le paysage industriel

Si chaque Parc est unique par ses paysages, ses patrimoines, sa faune et sa flore, certains d’entre eux sont confrontés à une dévitalisation d’une partie de leurs espaces ruraux, un effritement continu du volume des emplois locaux, des phénomènes localisés de déprise et de pression urbaine et une volonté de maintien des services publics. De manière concomitante, ces territoires font face à la mutation de certaines filières industrielles, leurs paysages peuvent être marqués par la présence d’anciens sites. Ces évolutions ont leur place dans les perceptions individuelles et dans les représentations collectives des paysages, influencées par les traces visibles et invisibles des outils de production et de la vie quotidienne au travail. Si ces représentations sont parfois chargées d’affects, elles sont aussi porteuses d’initiatives.
Dès lors, que transmettre aux générations futures ? Que faut-il préserver et pour quels nouveaux usages ? Comment agir, et à quel niveau, pour perpétuer et dynamiser les savoir-faire ? Comment faire vivre les mémoires des sites tout en favorisant leur ouverture au monde ?


dossier de presse, octobre 2013 – pdf

Saint-Étienne, 4 et 5 mars 2015, journées de restitution Paysage industriel

mercredi 4 mars, présentation des œuvres au musée d’Art et d’Industrie
jeudi 5 mars, journée d’échange à la Cité du design


programme – pdf

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Susanne Bürner, Parc naturel régional du Vercors

La Traversée
L’Isère
et Le Travail

Les communes de la rive gauche de l’Isère sont situées dans le prolongement de Grenoble et de la voie historique reliant les Alpes à la Méditerranée. La proximité de l’agglomération grenobloise et le regroupement en communautés de communes conduisent ces villages à se repositionner afin de préserver leurs spécificités. Les vestiges industriels sont des points de repère importants pour les habitants.
Deux lieux emblématiques sont repérés : l’ancienne fonderie royale de canons de Saint-Gervais et les carrières de l’Echaillon.
Le sentiment d’attachement des habitants à ces deux monuments ne semble pas avoir de rapport avec les activités existantes. Le signe «monument» reste, mais sa substance est changeante. Susanne Bürner est invitée à s’emparer de ce constat.

Susanne Bürner a visité de nombreux sites et a collecté des récits, anecdotes ainsi qu’une riche iconographie sur l’histoire industrielle de la rive gauche de l’Isère et de ses habitants. Au fil de ses recherches, le rôle de la rivière lui est apparu structurant. Elle facilitait la circulation des biens, des personnes et de la main d’oeuvre grâce aux ponts, bateaux, radeaux et bacs à traille. Sa forte présence au pied des coteaux du Vercors impressionne toujours le voyageur.
C’est d’ailleurs à travers le regard d’un étranger, en l’occurrence un jeune batelier, que Susanne Bürner propose une fiction qui prend la forme d’un film et de deux léporellos.

 

invitation, décembre 2014 – pdf

 

La Traversée

 

L’Isère et Le Travail

édition d’artiste
format ouvert 104 x 10,4 cm, chaque
600 exemplaires
10 €, les deux

 

 

commanditaires : Mme Faure, maire de Saint-Gervais, des membres de l’association SPIA –Sauvegarde du patrimoine industriel d’autrefois et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : Parc naturel régional du Vercors dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France

2014

 

crédits film Susanne Bürner, crédits photos édition Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Vercors

La 72 593e Partie du monde

Les activités artisanales traditionnelles ont contribué à la croissance économique du Royans Vercors. La tournerie tabletterie connaît un véritable essor durant la seconde moitié du XXe siècle. Plus de cinquante entreprises employaient au total plus de six cents ouvriers. Elle rencontre ses premières difficultés dans les années 1980. Aujourd’hui, quatre ateliers répondent aux demandes. L’œuvre que proposera Michel Aubry devra tirer les fils du passé pour penser l’avenir et rendre compte des énergies en présence.
Dès les premiers échanges avec les commanditaires, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et de lier les projets pour le Pilat et le Vercors par une recherche qui s’appuie sur trois oeuvres évoquant le paysage industriel : Le Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.
Elles abordent les liens entre les savoir-faire et le rapport aux ressources naturelles. Cette recherche débouche sur un ensemble constitué d’un film d’accompagnement qui sera présenté au début de l’année 2015, et de deux propositions localisées dans chaque Parc.
La proposition de Michel Aubry s’inspire d’une séquence du film La Sixième Partie du monde de Dziga Vertov, montrant une chamane de Sibérie. « La chamane danse dans un costume chargé d’objets symboliques, à la fois protection et enveloppe conductrice reliée aux éléments naturels. J’ai décidé de me concentrer sur ce personnage, de repenser son costume et de lui proposer comme instrument musical, une gamme complète de tubes sonores conçus dans la tradition de la tournerie. Le son relie, comme la chamane, les éléments provenant de la forêt aux objets matériels. » L’oeuvre convoque ainsi les réalités plurielles du territoire. Sa production a sollicité le concours d’artisans en utilisant les matériaux et les savoir-faire disponibles ; Patrick Belle pour la fabrication des cannes sonores, Lise Kreckelbergh pour la fabrication des bottes. Elle a été activée le 27 septembre 2014, par une performance chorégraphique de Marianne Baillot. Chaque année, d’autres variations de la danse seront programmées avec des associations du Royans.


communiqué de presse, septembre 2014 – pdf

 


commanditaires : les membres des associations Arbre et Engivane, et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : les quatre Parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat
et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER
(Fonds européen agricole pour le Développement rural)

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Pilat

La 213 429e Partie du monde

La 213 429e Partie du monde est la réponse de Michel Aubry à la commande de l’association Iguerande et du Parc naturel régional du Pilat. Elle porte sur l’ensemble du territoire.
Contrairement à l’industrie textile, la métallurgie a laissé peu de traces architecturales dans les paysages du Pilat. L’image qui perdure dans les mentalités est celle de l’aspect noir et salissant du travail. Pourtant, il existe une culture ouvrière de la précision dans la fabrication de l’objet fini et le Parc naturel régional du Pilat a mesuré les besoins de transmission sur cette industrie. Comment restituer sa place à l’échelle des paysages dont les ressources ont contribué à son développement ?
Dès les premiers échanges avec les commanditaires, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et de lier les projets pour le Pilat et le Vercors par une recherche qui s’appuie sur trois oeuvres évoquant le paysage industriel : Le Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.
Elles abordent les liens entre les savoir-faire et le rapport aux ressources naturelles. Cette recherche débouche sur un ensemble constitué d’un film d’accompagnement qui sera présenté au début de l’année 2015, et de deux propositions localisées dans chaque Parc.
Le travail du métal a eu pour conséquences des changements dans l’environnement sonore du Pilat avec l’installation de nombreuses forges, pierres de cloutiers et ateliers de sous-traitance de la grande industrie de la vallée. Michel Aubry questionne cette empreinte à partir de prises de son réalisées dans des entreprises. Elles donnent lieu à une édition de disques vinyle et à la fabrication par des entreprises locales, d’un instrument intégrant une paire de platines et une table de mixage permettant de créer des compositions à partir des échantillons gravés et de prémix issus de ces échantillons.
Les disques sont édités en sept exemplaires et réunis dans deux coffrets qui seront complétés jusqu’à la présentation du film d’accompagnement. L’œuvre sera interprétée lors d’un concert performance de Matthieu Crimersmois le jour de son inauguration.

 

communiqué de presse, juillet 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : Éric Perrin, historien et membre de l’association Iguerande et Parc naturel régional du Pilat

soutien : les quatre parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER
(Fonds européen agricole pour le Développement rural).

2014

 

crédits photographiques Marc Domage (2, 3) et Emmanuelle Boccou
crédit son : Matthieu Crimersmois

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

Vous me direz

Vous me direz est la réponse d’Élisabeth Ballet à la commande d’élus et d’habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.
Située en zone de moyenne montagne, l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres regroupait dix communes rurales jusqu’à fin 2013, avant sa fusion au sein de la Communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche. Ce territoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ateliers de moulinage et de tissage à l’abandon et la question de leur requalification est récurrente. La Communauté de communes souhaitait mener une réflexion de sensibilisation sur la présence et la transformation de ce paysage industriel, et aborder la dimension sociale du travail textile.
À Saint-Sauveur-de-Montagut, la présence du Moulinon au bord de l’Eyrieux est un témoignage fort de l’histoire ouvrière locale. Élisabeth Ballet crée une «chambre d’écoute» dans l’ancien arrêt de gare, de l’autre côté de la rivière, face à l’usine. L’abri, peint en bleu, est précédé d’une terrasse pourvue de deux bancs en béton de couleur brun rouge. À l’intérieur, une fenêtre munie d’un garde‑corps a été percée pour offrir une vue frontale sur le Moulinon. Un montage sonore est diffusé à divers endroits pour multiplier les points d’écoute.
«La distance entre l’usine que nous admirerons et le site proprement dit – écrit l’artiste – permettra de créer une oeuvre immatérielle. Cette oeuvre sera à la fois constituée des sons de la rivière, de la turbine et de la nature, qui se mêleront aux machines et aux voix des protagonistes de l’usine. Ces voix nous invitent à prendre le temps d’écouter les récits du travail accompli, son prix, ses joies et ses peines, et prendre ainsi connaissance du savoir-faire des ouvriers. »

 

communiqué de presse, mai 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus et des habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes Privas Centre Ardèche

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional du Pilat

Située sur un axe historique de déplacement entre la vallée du Rhône et de Saint-Étienne, Bourg-Argental compte 3 019 habitants. Situé dans le Parc naturel régional du Pilat, la ville, comme le reste du massif, est marquée par la présence de l’activité textile depuis le XVIe siècle, activité qui s’est développée au XIXe siècle avec l’intensification des délocalisations des soyeux de Lyon après la révolte des canuts.
L’ensemble des savoir-faire textiles était présents : moulinage, ourdissage, tissage, tressage, rubanerie et les bâtiments liés à industrie ont fortement structuré le paysage. Après le repli puis la quasi disparition de la production textile, des petites entités se spécialisent dans les savoir-faire de pointe et des produits de haute qualité.

Le projet mené avec la Ville de Bourg-Argental s’inscrit dans la continuité du programme de coopération inter-parcs Paysage industriel mené avec quatre Parcs naturels régionaux : Pilat, Monts-d’Ardèche, Lorraine et Vercors. Un travail de réflexion avec les habitants et des élus de Bourg-Argental a conduit au souhait de valoriser ce passé industriel, de rendre lisible les traces conscientes et inconscientes de l’activité textile (pour sa dimension sociale) ainsi que son impact sur le paysage (investissement et désinvestissement). Il s’agit d’aborder les vides (destruction de certains bâtiments qui avaient structuré le paysage) comme des architectures encore existantes : ateliers fondus dans les habitations, éparpillement des anciens bâtiments…

Un début de recherche sur un territoire élargi a été mené par Élisabeth Ballet, elle a identifié à Bourg-Argental, plusieurs lieux qui ne pouvaient être traités : espaces privés reconvertis, espaces publics inaccessibles ou décrétés inondables par l’État. Ce premier temps d’investigation lui a permis d’une part de réunir des données sur le tissage, le tressage, la rubanerie, et d’autre part de « relire » spatialement l’histoire industrielle de Bourg-Argental.
La commune a invité Élisabeth Ballet à investir un lieu central qui fut l’emplacement de l’ancienne usine textile Jarrosson. Ce lieu est délaissé malgré son intérêt.

« Pour la plupart, les fabriques de Bourg-Argental ont fait place à de nombreux parkings ou à des lieux sans qualités, dans certains endroits des traces en forme de shed marquent encore la limite d’une propriété, à d’autres on reconnaît la qualité spécifique de maisons d’ouvriers ou d’ateliers. Tout ceci montre un temps où l’activité autour du tissage de la soie naturelle et artificielle était la grande occupation de tous les habitants (…) La capacité d’innovation de certaines usines se caractérise par un patrimoine séculaire et des savoir-faire rares. La beauté fantastique des productions en tout genre de fils spéciaux de toutes formes, matières et couleurs, pour fabriquer des tresses, des lacets, des franges, guirlandes et autres textiles étroits m’a littéralement éblouie. Ouvrir un album d’échantillons ou tourner les pages d’un carnet d’apprentissage est une expérience proche de l’émerveillement. J’ai reconnu dans certaines pages ouvertes certaines de mes pièces encore à faire ou déjà là depuis longtemps. »
Élisabeth Ballet

 

commanditaires : la commune de Bourg-Argental, représentée par son maire, Stéphane Heyraud; l’ensemble des adjoints au maire

soutien : Parc naturel régional du Pilat dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Ville de Bourg-Argental

en cours

 

 

Lani Maestro à Bataville, Lorraine

Limen

Le site de Bataville est un ensemble industriel et urbain unique en Moselle. Sa construction débute en 1931 à l’initiative de Tomáš Bata, fondateur en 1894 du groupe industriel Bata. Bataville compte 2 700 ouvriers en 1939, 840 en 2001. La délocalisation des activités en 2002 débouche sur le licenciement de 800 personnes. Aujourd’hui quelques entreprises sont implantées sur le site. La Communauté de communes du Pays des étangs est installée dans l’ancien magasin d’usine. L’association La Chaussure Bataville souhaite développer un projet culturel et économique en collaboration avec les collectivités locales. Bataville entre dans une phase intermédiaire de son évolution. Comment faire coexister la mémoire encore vive d’une cité organisée autour du travail à l’usine et la possibilité d’autres usages ?

Lani Maestro envisage sa proposition comme l’«antithèse du lieu et du travail industriels» et comme un espace collectif. Limen — mot latin qui signifie « seuil », «passage d’un état vers un autre » — est le titre de cette sculpture. C’est une structure ajourée composée d’une longue plateforme surmontée d’une charpente de bois. La forme ouvre vers le paysage. Elle évoque le tunnel et le pont par le rythme régulier de ses travées et sa fonction de passage. L’oeuvre invite à la promenade et au repos comme « manière d’être avec soi-même », s’anime de notre présence et de celle des autres. Elle est installée entre l’ancienne cantine et le site de production et conduit vers un pré en retrait.


communiqué de presse, avril 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : Commune de Moussey, d’anciens salariés des usines Bata et association La Chaussure Bataville

soutien : Parc naturel régional de Lorraine dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Drac Lorraine, Région Lorraine, Département de la Moselle

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Lani Maestro, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

ces MAINS

La région des Boutières est un important foyer d’industrie et d’artisanat au centre ouest de l’Ardèche dans le haut de la vallée de l’Eyrieux. En 2010, l’ancienne Communauté de communes des Boutières décide de racheter le site de l’usine Murat incarnant à la fois le berceau de l’industrie du bijou et la mémoire ouvrière. L’usine doit maintenant s’inscrire dans l’avenir du territoire, ce qui suscite de nombreuses questions : de quels savoir-faire et de quelle identité parle-t-on, que valoriser et transmettre aux générations futures ? Lani Maestro a été invitée à poser un regard sur ce lieu en mutation et sur l’activité du bijou tout en établissant un lien avec les anciens salariés. Avec comme point de départ envisagé : l’usine en l’état avec ses machines et ses outils.
Au fil des conversations avec les ouvriers, Lani Maestro a perçu une réelle créativité dans la fabrication de chaque pièce. ces MAINS est une installation qui se lit et se déploie de l’extérieur vers l’intérieur de l’usine. La phrase (extraite du poème de José Perez Beduya, Glass Flowers) « Si vous devez prendre ma vie, laissez-moi les mains » est inscrite en néons bleus sur un des murs donnant sur la rue. Des panneaux bleus opacifiant ont été placés sur les ouvertures du bâtiment. A l’intérieur, trois anciens établis présentent des outils recréés avec Joel Haond qui travaille à l’usine. Une composition sonore en lien avec les personnes et l’environnement du travail est diffusée dans l’espace d’exposition et depuis l’atelier.


communiqué de presse, novembre 2013 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus de l’ancienne Communauté de communes des Boutières, François Champelovier, Régine Brunel, Hubert-Marie Piteux, Roger Dugas et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche – dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes de Val’Eyrieux

2013

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

 

Susanne Bürner, Parc naturel régional de Lorraine

Euville

 

L’exploitation des deux grandes lentilles de calcaire d’Euville remonte au XVIe siècle. Au début du XXe siècle, la concurrence du béton amorce du déclin de la production. Les carrières d’Euville offrent une grande variété de paysages : vestiges de l’exploitation industrielle, bâtiments et outils de différentes époques, restes de l’ancien village des carriers. Propriété de la communauté de communes du Pays de Commercy, le site est en phase de devenir un pôle majeur de développement de l’offre touristique. Les commanditaires ont souhaité la réalisation d’une oeuvre pérenne qui puisse nourrir la réflexion engagée sur les transformations du paysage des carrières. Que signifient aujourd’hui ces transformations, qu’est-ce qui est mis en avant, qu’est-ce qui est occulté, quelle inscription à une échelle territoriale plus vaste ?

La proposition de Susanne Bürner se déploie sur trois supports : un livre, un film et des photographies. Le livre aborde la dimension humaine de l’histoire des carrières à travers un ensemble de photographies des galeries d’extraction, des dessins et des inscriptions des ouvriers sur les parois, accompagnés de courts récits. La dimension imaginaire des lieux est convoquée dans le film où deux jeunes filles explorent les paysages et ce qu’il reste des activités disparues. Les tirages photographiques montrent l’emprise de la végétation. Le regard découvre des indices rappelant par petites touches le passé industriel. Au final, la réponse de Susanne Bürner évite une restitution trop documentaire des paysages et des traces de vie. Elle en souligne la part mystérieuse et le potentiel fictionnel.

 

communiqué de presse, octobre 2012 – pdf

 

Pierre et Poussière

 

Les Cavaliers

 

Euville

Captures éditions

64 pages,  22 x 28,5 cm, relié
couverture cartonnée toilée, marquage à chaud, impression en quadrichromie
bilingue français/anglais
2000 exemplaires
ISBN 978-2-9533912-4-4
25 €

tirage de tête disponible sur demande

édité en partenariat avec le Vent des forêts—espace rural d’art contemporain et l’office de tourisme du Pays de Commercy

 

 

« Euville émane d’une commande portée par l’Office de Tourisme et la Communauté de communes du Pays de Commercy (Meuse) dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires proposée par la Fondation de France et du projet de coopération interparcs « Paysage Industriel » qui associe les parcs naturels régionaux de Lorraine, Monts d’Ardèche, Pilat et Vercors. L’ouvrage comporte trois parties distinctes. Le regard se perd d’abord dans des photographies réalisées par l’artiste de l’intérieur des anciennes galeries d’extraction : parois de calcaire et pierres aux tonalités subtiles, pénombre mystérieuse des passages partiellement remblayés, architectures et lumières irréelles.
À mi-parcours, le texte de Pierre Briot et Jean-Paul Streiff, extrait du catalogue de l’exposition « Épopée de la Pierre », retrace la vie quotidienne d’un carrier à partir de témoignages de personnes aujourd’hui disparues. Il constitue un préambule aux photographies des graffitis des galeries ouvrant sur les aspects humains et intimistes de l’ordinaire dans les carrières. Certains montrent une fantaisie joyeuse, d’autres sont propices à la rêverie, la méditation, la réflexion sur leur contexte d’apparition. Le style et les thèmes sont variés : une mystérieuse bicyclette dessinée à plusieurs endroits de la galerie, le dessin sommaire d’une bouteille de vin, une barque diaphane, un homme au chapeau fumant une cigarette, une femme au chignon porté bas, des colonnes de chiffres, des symboles de lutte politique… Chaque photographie fait face à un récit recueilli par Susanne Bürner lors de différents séjours à Euville et aux alentours. Le choix de gros caractères dans la mise en page des micros récits penche davantage du côté du recueil d’histoires et d’images destinées à cheminer dans les mémoires que de l’ouvrage d’érudition. Le rapport entre le texte et l’image évite la simple illustration au bénéfice de la respiration et de l’écart. Euville déploie de multiples liens visuels, de l’art préhistorique – le dessin reproduit sur la couverture rappelle les nombreux signes abstraits repérés dans les grottes ornées – à l’art et au dessin conceptuels. Enfin, la conception graphique emprunte volontairement aux livres d’histoire de l’art des années 1950-60 leur couverture rigide toilée, le déroulé classique des images – du monument dans son ensemble aux détails – et l’attention apportée à la qualité des reproductions photographiques. Cet emprunt n’est pas anodin puisqu’il s’agit de préserver et donner en partage les propos recueillis, la qualité émotionnelle et esthétique des graffitis voués à la disparition, et leur aura mystérieuse dans l’impressionnant contexte des anciennes galeries d’exploitation. »
Frédéric Oyharçabal

 

commanditaires : Office de tourisme et Communauté de communes du Pays de Commercy

soutien : Parc naturel régional de Lorraine dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, DRAC Lorraine, Région Lorraine, Département de la Meuse

2012

 

crédits photo/vidéo Susanne Bürner, Phoebé Meyer