Élisabeth Ballet, Parc naturel régional du Pilat

Située dans le Parc naturel régional du Pilat à proximité de Saint-Etienne, la ville de Bourg-Argental a gardé l’empreinte de l’activité textile qui s’y est développée depuis le XVIe siècle. L’ensemble des savoir-faire textiles était présent – moulinage, ourdissage, tissage, tressage, rubanerie – et les bâtiments liés à l’industrie ont fortement structuré le paysage.
Le projet initié par la ville de Bourg-Argental s’inscrit dans la continuité du programme Paysage industriel mené avec quatre Parcs naturels régionaux : Pilat, Monts-d’Ardèche, Lorraine et Vercors. Habitants et élus ont souhaité valoriser ce passé industriel et rendre lisibles les traces conscientes et inconscientes de l’activité textile. Il s’agit d’aborder les vides engendrés par la destruction de certains bâtiments comme les architectures encore existantes.
Élizabeth Ballet a mené dans un premier temps un minutieux travail d’enquête qui lui a permis de réunir des données sur le tissage et la rubanerie, mais aussi de relire spatialement l’histoire industrielle de Bourg-Argental. Les lieux qu’elle identifie ne pouvant être traités (car inaccessibles ou décrétés inondables par l’État), la commune l’invite en 2013 à investir un site central qui fut l’emplacement de l’ancienne usine textile Jarrosson.

L’œuvre proposée par Élizabeth Ballet prend forme dans cet espace et va au-delà, en incluant un parcours qui retrace l’activité textile de la ville ainsi qu’un livre.

1- Le Square Jarrosson : retrouver un usage
Il s’agit en premier lieu d’enlever tout ce qui obstrue le square pour dégager l’espace originel de l’usine et faire apparaître son mur de clôture au fond du jardin et sa grille d’origine. « Le square se transformera alors en agora piétonne, la partie jardin surélevée comme une scène, ouverte sur la ville et visible de tous. »
Au sol, un pavage en granit dessinera un tissage en mouvement sur toute la longueur et se prolongera au-delà de la nationale, suggérant que le tissage faisait travailler toute la ville avec quelque cinquante usines et ateliers consacrés au textile.

2- Le parcours dans la ville
Avec l’aide de M. Michel Linossier, ancien fabricant de peignes à tisse, Élisabeth Ballet a localisé rue par rue une grande partie des ateliers disparus et dessiné une carte qui accompagnera le visiteur dans son parcours de ville. Un signe sur support émaillé servira de repère à chaque emplacement de site.

3- Le livre
Parce qu’une œuvre matérielle ne peut rendre visible un travail de recherche, Élisabeth Ballet a souhaité réaliser un livre pour restituer l’état des lieux du tissage. « Il se divisera en une partie liée au dessin, une autre où il est question d’archives et d’entretiens. En effet, j’ai collecté des carnets d’apprentissages, des albums d’échantillons et des archives plus techniques sur l’activité du tissage. […] Mon objectif est de donner à voir à travers la progression des mots, le métier qui change, à travers des images, ce qui est emblématique des lieux et usages dans une usine témoin.»

commanditaires : la commune de Bourg-Argental, représentée par son maire, Stéphane Heyraud; l’ensemble des adjoints au maire

soutien : Parc naturel régional du Pilat dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France / Nouveaux commanditaires, Ville de Bourg-Argental

en cours

Riez / Assemble Studio

Riez est un village qui s’anime essentiellement durant la période d’été et s’éteint culturellement durant les dix autres mois de l’année. Le groupe des commanditaires a la volonté de contribuer à l’existence d’un lieu qui permette l’accès à une vie culturelle de qualité en milieu rural tout au long de l’année.

Un chapiteau, une œuvre artistique en lien avec le patrimoine historique romain de Riez. Un lieu qui aura pour vocation d’accueillir des manifestations artistiques et culturelles : théâtre, danse, cinéma, musique, conférences et repas.

Son fonctionnement annuel sera lié à l’activité du Cercle des Oiseaux en partenariat avec Le Moulin à Projets, association créée en 2018 dans le but d’ouvrir un lieu de vie d’inspiration de La Borde, établissement psychiatrique fondé par le docteur Jean Oury. Le Moulin à projets offre un foyer et un cadre d’activités à des adultes pour qui une hospitalisation en psychiatrie n’est plus nécessaire mais qui ont cependant besoin d’être accompagnés dans la vie quotidienne.

Si « Le chapiteau » avec le Food Truck (en activité en juillet et en août depuis deux ans) sont des éléments structurants du lieu de vie, le chapiteau est également un outil social pour les habitants de Riez et des communes avoisinantes. A ce titre, il doit être mobile et démontable à un rythme raisonnable.

Assemble Studio a répondu favorablement à la commande. Joe Halligan et James Binning sont les deux architectes du collectif qui suivent plus particulièrement la commande.

dossier de présentation – pdf

 

commanditaires : Claudine Aulino, Gaëlle Duplat, Géraldine Manivet, Mademoiselle K, associations Happy Cultures et Le Cercle des Oiseaux.

 

En cours

 

crédits photographiques : DR

Les canaux gravitaires de la Durance / Élise Florenty et Marcel Türkowsky

Dans la vallée de la Durance, la gestion de l’eau a été un facteur de développement économique – essentiellement dans le domaine de l’agriculture – et les aménagements liés à cette activité ont fortement modelé le paysage.  Ce bien patrimonial commun est désormais méconnu de la majorité des habitants du territoire : ils le considèrent comme naturel et acquis, oubliant notamment que ces canaux gravitaires contribuent à l’alimentation des nappes utilisées pour l’eau potable et, localement, l’arrosage des jardins.

Les enjeux de la commande :

Au-delà d’un acte de transmission sur l’existence d’un patrimoine et de son impact sur le présent, les membres de la CED (Commission Exécutive de la Durance) et des ASA(s) (Associations syndicales autorisées regroupant les irrigants) souhaitent mettre en évidence la résonance positive d’un véritable réseau solidaire de professionnels agissant dans le domaine de l’intérêt général. 

La commande a pour objectif de sensibiliser toute la population locale et particulièrement les jeunes générations à ces enjeux communs : activité agricole, eau potable, patrimoine paysager. La richesse écologique de ces territoires est créée par la présence de l’eau et le fonctionnement des canaux, ces ouvrages artificiels sont en permanence entretenus et perfectionnés par l’homme pour se prémunir au mieux des risques.

Dans une période de mutations climatiques, cette gestion collective de l’eau a valeur d’exemple au regard de l’impact produit, que ce soit en milieu urbain ou rural.

commanditaires : ASA(s)  de Manosque et de Carpentras avec d’autres ASA(s) volontaires,  accompagnées de Jérôme Grangier directeur de la CED, Denis Baudequin et Patrice Devos, Ingénieurs généraux des ponts, des eaux et des forêts

En cours

Montjustin / Concorde

A 15 kilomètres de Manosque, dans le Lubéron, le village de Montjustin cultive une histoire singulière. Redécouvert au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par Lucien Jacques, proche de Jean Giono, il renaît sous l’impulsion du poète qui s’y installe, drainant dans son sillage artistes et amis.

Aujourd’hui, sur les 52 résidences, les deux tiers sont permanentes. L’histoire de Montjustin continue d’être une histoire d’amitiés. La vie collective existe, un café associatif a été créé en 2013 dans l’ancienne école avec une offre de programmation culturelle, une brasserie est ouverte, trois fermes sont encore en activité.

En 1989, l’aliénation d’espaces considérés comme publics avait été mal vécue et, en 2014 la commune préempte un terrain au sein de l’ilot central qui jouxte la mairie dans l’optique d’y construire des logements abordables, de valoriser cet espace situé au sommet du village, à proximité de l’ancienne église, aujourd’hui lieu d’évènements culturels.

La commune a ainsi souhaité par cette action :

  • réfléchir à la réalisation de logements pour de bas et moyens revenus, modulables, et lancer une mutualisation d’une chaufferie existante sur cet îlot ;
  • redonner un usage à l’espace formé par l’ancien presbytère (propriété de la commune) actuellement en location, une habitation privée et l’église. Pour les commanditaires, la démarche doit être exemplaire : il s’agit de se mobiliser pour sauvegarder l’état d’esprit du village, sa tradition collective et amicale dans un environnement – Le Lubéron – où la pression foncière est forte.

La commande est associée au programme de La Preuve par 7

commanditaires : commune de Montjustin

En cours

George Trakas à Lamelouze (Gard)

Du sec à l’eau

Le village de Lamelouze, situé dans la vallée du Galeizon, au nord d’Alès, fait partie du Parc national des Cévennes. Plusieurs associations professionnelles et culturelles y sont implantées, avec lesquelles la municipalité entretient un partenariat étroit.

En 2009, la commune a invité l’association Sentiers à mener des expérimentations artistiques sur un terrain communal de 14 hectares situé entre l’église Sainte-Cécile du XIe siècle et la rivière, le Galeizon.  L’ancien propriétaire du terrain avait commencé une exploitation sylvicole et créé un arboretum.

À l’initiative de plusieurs habitants, l’association Sentiers et la Commune de Lamelouze ont demandé à Georges Trakas de concevoir une œuvre d’usage pour cet espace qui constitue le seul accès public à la rivière. La demande s’inscrit dans un désir de valoriser le terrain et son paysage, sa qualité d’espace commun dans l’organisation géographique et sociale de la commune afin qu’il soit «reconnu» par tous, des habitants de Lamelouze comme des usagers occasionnels.

Après une visite en août 2015, George Trakas écrit : « Je sentais que le projet m’était destiné. La demande m’avait séduite et elle était juste car j’étais tombé en amour avec les gens du coin, leur histoire. »

Lors d’un deuxième séjour au cours de l’été 2016 et à l’appui de ses premières intuitions et observations, George Trakas propose un tracé pour accéder au Galeizon ainsi qu’un aménagement simple entre l’arboretum et la rivière.

Un carnet d’étude associant textes et dessins a été publié par Captures éditions. Il retrace la réflexion de l’artiste – en lien avec son parcours et ses œuvres réalisées –, sa démarche orientée par la dimension humaine des lieux. La sélection des dessins par George Trakas et les données techniques pour la réalisation Du sec à l’eau offrent une approche à la fois pragmatique et poétique de l’œuvre sollicitée.

Le 28 mai 2019, Du sec à l’eau a reçu le prix « Initiatives citoyennes et environnementales » par le CAUE du Gard.

Mardi 27 juin 2017

Présentation des oeuvres de Daniel Buren
réalisées en réponse à la commande des équipes
du Centre hospitalier universitaire de Toulouse

Bayadère pour 3 couleurs et 2 bandes blanches, travail in situ
10 cadres carrés pour un patio
, travail in situ

Le Puits de lumière en 5 couleurs et sur 5 étages, travail in situ

Site de Purpan, avenue Jean-Dausset, Toulouse

14h, accueil dans le hall d’accueil de l’hôpital Pierre-Paul Riquet
14h15, découverte des oeuvres en présence de l’artiste
15h15, moment de convivialité et d’échanges avec Daniel Buren dans le hall d’accueil du bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines

 

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Notre Atelier Commun à Bataville

Dans la poursuite du programme Paysage industriel mené avec le Parc naturel régional de Lorraine, la communauté de communes du Pays des Étangs et différente associations locales ont souhaité poursuive leur réflexion sur la mémoire industrielle du site de Bataville, en Moselle. Après une première commande adressée à Lani Maestro – dont l’œuvre Limen a été inaugurée en 2014 -, Notre Atelier Commun a été missionné pour l’élaboration d’un plan guide.

Comment faire vivre Bataville sans Bata ? Au-delà de la nécessaire reconversion de l’ancienne cité ouvrière, c’est tout un modèle de société qu’il faut réinventer. Conscients que l’évolution du site devait s’appuyer sur une compréhension plus fine des valeurs héritées du passé et sur de nouveaux usages, les commanditaires ont souhaité mener une étude de préfiguration pour sécuriser la transition du patrimoine entre passé, présent et futur.

La réponse de Notre Atelier Commun a d’abord pris forme dans la démarche. Persuadé qu’il faut habiter pour comprendre un lieu et que l’on ne peut imaginer un futur à distance sans les habitants et acteurs du territoire, NAC s’est installé à Bataville pendant un an. Et a initié, avec l’Université foraine, une dizaine de rencontres publiques d’octobre 2015 à septembre 2016.

Le plan guide remis en septembre 2016 s’appuie sur ces échanges pour proposer trois orientations majeures : faire de Bataville un espace de liberté et d’innovation, favorable à l’émergence de nouveaux systèmes ; créer du lien entre les personnes (nouveaux venus, habitants, anciens salariés) et entre les activités de sorte que le site redevienne un espace commun et partagé ; se réapproprier des savoir-faire en renouant avec l’artisanat d’art et en valorisant la production à petite échelle. Réinventer Bataville prendra du temps, le temps nécessaire pour construire un projet « à la mesure du lieu ».

Plan guide Faire des pieds et des mains

soutien : le Parc naturel régional de Lorraine, la communauté de communes du Pays des étangs, la Fondation de France / Nouveaux commanditaires.

Liliana Motta à Bataville

Dans la poursuite du programme Paysage industriel mené en partenariat avec le Parc naturel régional de Lorraine et de la commande d’un plan guide à Notre Atelier Commun, la communauté de communes du Pays des Étangs a souhaité mener une réflexion sur les questions de pollution du site de Bataville.

Un atelier de phytoremédiation a été mis en place avec Le Laboratoire du Dehors. Sa démarche consiste en particulier à expérimenter « des solutions de gestion économes aptes à construire progressivement une structure originale en transformant les lieux par des gestes jardiniers ». L’action dépasse le cadre du site et ouvre sur le grand paysage, jusqu’au canal. Pour sa recherche, l’artiste a souhaité associer le Laboratoire Sols et Environnement-UMR 1120 de l’université de Lorraine.sous la direction de Geoffroy Serré, Docetur, Ingénieur Géologue, Maître de conférences de l’ENSAIA.

Le cheminement sur les terres polluées de Bataville

« Beaucoup des sites sont considérés comme pollués parce que dans le sol, le sous-sol et éventuellement dans les eaux souterraines, il a été identifié des produits altérant ou compromettant leur qualité et leur bon usage. […] Cette pollution étant susceptible de provoquer une nuisance ou un risque à long terme pour les personnes et l’environnement, il est important de ne pas oublier ces terres polluées, de ne pas les cacher aux contemporains et aux générations futures. Et c’est pour cela que nous devons expérimenter, prendre soin de ces terres, les rendre à nouveau vivantes. […]

La démarche de l’atelier du dehors, après diagnostic institutionnel sur l’état de pollution et la définition d’un cahier de charges, propose d’expérimenter sur le terrain des attitudes jardinières et des méthodes d’entretien pour faire évoluer lesprojets de phytoremédiation et pour faire évoluer la visibilité de ces sites. […]. »

Un cheminement a été construit parmi la prairie en suivant parallèlement l’alignement des saules  et en traversant le bois pour arriver au Canal. Cette construction a été accompagnée d’analyses de la spatialité, des traces du passé, de la qualité des sols, de la pollution visible et invisible, de la végétation présente.

C’est en détournant le regard vers Bataville qu’on voit le Canal. Cette mise en scène paysagère établit une liaison entre le site de Bataville, les étangs, les canaux et la forêt.

L’ambition était de restituer au paysage de l’ancienne usine une nouvelle identité construite à partir de son territoire géographique et sensible.

Le cheminement peut être entretenu par des groupes scolaires.

Bataville, le paysage comme expérience – le cheminement – juin 2017 – pdf

 

soutien : la communauté de communes du Pays des étangs, Fondation de France

2016-2017

Mardi 28 février 2017

Inauguration de L’espace entre !

Une oeuvre de Marie-Ange Guilleminot
pour le Centre médico-psychologique pour enfants
et adolescents de Gaillac

CMPEA de Gaillac
11 rue Jean-Fos-de-Laborde
81600 Gaillac


« Un(e) artiste pourrait réaliser une oeuvre à destination des enfants que nous recevons pour introduire un minimum, vital, de désordre qui réveille la pensée ».

Le CMPEA, service extrahospitalier, est à l’interface du lien social et du psychisme, du sujet social et du sujet clinique. Lieu de circulation et d’interception des flux du vaste monde, de suspension aussi…
La salle d’attente ni tout à fait dedans, plus tout à fait dehors, apparaît alors comme ce lieu intermédiaire entre le soin proprement dit et le monde extérieur, officiant comme ces antichambres où l’on chuchote avant de dire.
Si le groupe des commanditaires a initialement identifié la salle d’attente comme espace de l’œuvre à venir, la possibilité de déborder de ce cadre a néanmoins été envisagée. Mobilité et utilisation par l’équipe lors des prises en charge individuelles ou de groupe ont également été suggérées.

 

dossier de presse, février 2017 – pdf

 

commanditaire : CMPEA de Gaillac
soutien : Fondation de France, Fondation Daniel et Nina Carasso,
Fondation Bon Sauveur d’Alby

2017

 

 

Photo : Armande Chollat-Namy

Mercredi 6 juillet 2016

Rencontre avec George Trakas
église de Lamelouze (Gard)

George Trakas est un artiste nord-américain, il parlera de sa pratique artistique depuis les années soixante-dix et présentera son étude, ses esquisses réalisées pendant son séjour de recherche à Lamelouze, sa perception du lieu et son histoire.

Cette restitution est co-organisée par les associations Sentiers et À demeure
dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires initiée par la Fondation de France.