Michel Aubry, Parc naturel régional du Pilat

La 213 429e Partie du monde

La 213 429e Partie du monde est la réponse de Michel Aubry à la commande de l’association Iguerande et du Parc naturel régional du Pilat. Elle porte sur l’ensemble du territoire.
Contrairement à l’industrie textile, la métallurgie a laissé peu de traces architecturales dans les paysages du Pilat. L’image qui perdure dans les mentalités est celle de l’aspect noir et salissant du travail. Pourtant, il existe une culture ouvrière de la précision dans la fabrication de l’objet fini et le Parc naturel régional du Pilat a mesuré les besoins de transmission sur cette industrie. Comment restituer sa place à l’échelle des paysages dont les ressources ont contribué à son développement ?
Dès les premiers échanges avec les commanditaires, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et de lier les projets pour le Pilat et le Vercors par une recherche qui s’appuie sur trois oeuvres évoquant le paysage industriel : Le Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.
Elles abordent les liens entre les savoir-faire et le rapport aux ressources naturelles. Cette recherche débouche sur un ensemble constitué d’un film d’accompagnement qui sera présenté au début de l’année 2015, et de deux propositions localisées dans chaque Parc.
Le travail du métal a eu pour conséquences des changements dans l’environnement sonore du Pilat avec l’installation de nombreuses forges, pierres de cloutiers et ateliers de sous-traitance de la grande industrie de la vallée. Michel Aubry questionne cette empreinte à partir de prises de son réalisées dans des entreprises. Elles donnent lieu à une édition de disques vinyle et à la fabrication par des entreprises locales, d’un instrument intégrant une paire de platines et une table de mixage permettant de créer des compositions à partir des échantillons gravés et de prémix issus de ces échantillons.
Les disques sont édités en sept exemplaires et réunis dans deux coffrets qui seront complétés jusqu’à la présentation du film d’accompagnement. L’œuvre sera interprétée lors d’un concert performance de Matthieu Crimersmois le jour de son inauguration.

 

communiqué de presse, juillet 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : Éric Perrin, historien et membre de l’association Iguerande et Parc naturel régional du Pilat

soutien : les quatre parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER
(Fonds européen agricole pour le Développement rural).

2014

 

crédits photographiques Marc Domage (2, 3) et Emmanuelle Boccou
crédit son : Matthieu Crimersmois

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

Vous me direz

Vous me direz est la réponse d’Élisabeth Ballet à la commande d’élus et d’habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.
Située en zone de moyenne montagne, l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres regroupait dix communes rurales jusqu’à fin 2013, avant sa fusion au sein de la Communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche. Ce territoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ateliers de moulinage et de tissage à l’abandon et la question de leur requalification est récurrente. La Communauté de communes souhaitait mener une réflexion de sensibilisation sur la présence et la transformation de ce paysage industriel, et aborder la dimension sociale du travail textile.
À Saint-Sauveur-de-Montagut, la présence du Moulinon au bord de l’Eyrieux est un témoignage fort de l’histoire ouvrière locale. Élisabeth Ballet crée une «chambre d’écoute» dans l’ancien arrêt de gare, de l’autre côté de la rivière, face à l’usine. L’abri, peint en bleu, est précédé d’une terrasse pourvue de deux bancs en béton de couleur brun rouge. À l’intérieur, une fenêtre munie d’un garde‑corps a été percée pour offrir une vue frontale sur le Moulinon. Un montage sonore est diffusé à divers endroits pour multiplier les points d’écoute.
«La distance entre l’usine que nous admirerons et le site proprement dit – écrit l’artiste – permettra de créer une oeuvre immatérielle. Cette oeuvre sera à la fois constituée des sons de la rivière, de la turbine et de la nature, qui se mêleront aux machines et aux voix des protagonistes de l’usine. Ces voix nous invitent à prendre le temps d’écouter les récits du travail accompli, son prix, ses joies et ses peines, et prendre ainsi connaissance du savoir-faire des ouvriers. »

 

communiqué de presse, mai 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus et des habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes Privas Centre Ardèche

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional du Pilat

Située sur un axe historique de déplacement entre la vallée du Rhône et de Saint-Étienne, Bourg-Argental compte 3 019 habitants. Situé dans le Parc naturel régional du Pilat, la ville, comme le reste du massif, est marquée par la présence de l’activité textile depuis le XVIe siècle, activité qui s’est développée au XIXe siècle avec l’intensification des délocalisations des soyeux de Lyon après la révolte des canuts.
L’ensemble des savoir-faire textiles était présents : moulinage, ourdissage, tissage, tressage, rubanerie et les bâtiments liés à industrie ont fortement structuré le paysage. Après le repli puis la quasi disparition de la production textile, des petites entités se spécialisent dans les savoir-faire de pointe et des produits de haute qualité.

Le projet mené avec la Ville de Bourg-Argental s’inscrit dans la continuité du programme de coopération inter-parcs Paysage industriel mené avec quatre Parcs naturels régionaux : Pilat, Monts-d’Ardèche, Lorraine et Vercors. Un travail de réflexion avec les habitants et des élus de Bourg-Argental a conduit au souhait de valoriser ce passé industriel, de rendre lisible les traces conscientes et inconscientes de l’activité textile (pour sa dimension sociale) ainsi que son impact sur le paysage (investissement et désinvestissement). Il s’agit d’aborder les vides (destruction de certains bâtiments qui avaient structuré le paysage) comme des architectures encore existantes : ateliers fondus dans les habitations, éparpillement des anciens bâtiments…

Un début de recherche sur un territoire élargi a été mené par Élisabeth Ballet, elle a identifié à Bourg-Argental, plusieurs lieux qui ne pouvaient être traités : espaces privés reconvertis, espaces publics inaccessibles ou décrétés inondables par l’État. Ce premier temps d’investigation lui a permis d’une part de réunir des données sur le tissage, le tressage, la rubanerie, et d’autre part de « relire » spatialement l’histoire industrielle de Bourg-Argental.
La commune a invité Élisabeth Ballet à investir un lieu central qui fut l’emplacement de l’ancienne usine textile Jarrosson. Ce lieu est délaissé malgré son intérêt.

« Pour la plupart, les fabriques de Bourg-Argental ont fait place à de nombreux parkings ou à des lieux sans qualités, dans certains endroits des traces en forme de shed marquent encore la limite d’une propriété, à d’autres on reconnaît la qualité spécifique de maisons d’ouvriers ou d’ateliers. Tout ceci montre un temps où l’activité autour du tissage de la soie naturelle et artificielle était la grande occupation de tous les habitants (…) La capacité d’innovation de certaines usines se caractérise par un patrimoine séculaire et des savoir-faire rares. La beauté fantastique des productions en tout genre de fils spéciaux de toutes formes, matières et couleurs, pour fabriquer des tresses, des lacets, des franges, guirlandes et autres textiles étroits m’a littéralement éblouie. Ouvrir un album d’échantillons ou tourner les pages d’un carnet d’apprentissage est une expérience proche de l’émerveillement. J’ai reconnu dans certaines pages ouvertes certaines de mes pièces encore à faire ou déjà là depuis longtemps. »
Élisabeth Ballet

 

commanditaires : la commune de Bourg-Argental, représentée par son maire, Stéphane Heyraud; l’ensemble des adjoints au maire

soutien : Parc naturel régional du Pilat dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Ville de Bourg-Argental

en cours

 

 

Lani Maestro à Bataville, Lorraine

Limen

Le site de Bataville est un ensemble industriel et urbain unique en Moselle. Sa construction débute en 1931 à l’initiative de Tomáš Bata, fondateur en 1894 du groupe industriel Bata. Bataville compte 2 700 ouvriers en 1939, 840 en 2001. La délocalisation des activités en 2002 débouche sur le licenciement de 800 personnes. Aujourd’hui quelques entreprises sont implantées sur le site. La Communauté de communes du Pays des étangs est installée dans l’ancien magasin d’usine. L’association La Chaussure Bataville souhaite développer un projet culturel et économique en collaboration avec les collectivités locales. Bataville entre dans une phase intermédiaire de son évolution. Comment faire coexister la mémoire encore vive d’une cité organisée autour du travail à l’usine et la possibilité d’autres usages ?

Lani Maestro envisage sa proposition comme l’«antithèse du lieu et du travail industriels» et comme un espace collectif. Limen — mot latin qui signifie « seuil », «passage d’un état vers un autre » — est le titre de cette sculpture. C’est une structure ajourée composée d’une longue plateforme surmontée d’une charpente de bois. La forme ouvre vers le paysage. Elle évoque le tunnel et le pont par le rythme régulier de ses travées et sa fonction de passage. L’oeuvre invite à la promenade et au repos comme « manière d’être avec soi-même », s’anime de notre présence et de celle des autres. Elle est installée entre l’ancienne cantine et le site de production et conduit vers un pré en retrait.


communiqué de presse, avril 2014 – pdf

 

 

 

commanditaires : Commune de Moussey, d’anciens salariés des usines Bata et association La Chaussure Bataville

soutien : Parc naturel régional de Lorraine dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Drac Lorraine, Région Lorraine, Département de la Moselle

2014

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

Lani Maestro, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

ces MAINS

La région des Boutières est un important foyer d’industrie et d’artisanat au centre ouest de l’Ardèche dans le haut de la vallée de l’Eyrieux. En 2010, l’ancienne Communauté de communes des Boutières décide de racheter le site de l’usine Murat incarnant à la fois le berceau de l’industrie du bijou et la mémoire ouvrière. L’usine doit maintenant s’inscrire dans l’avenir du territoire, ce qui suscite de nombreuses questions : de quels savoir-faire et de quelle identité parle-t-on, que valoriser et transmettre aux générations futures ? Lani Maestro a été invitée à poser un regard sur ce lieu en mutation et sur l’activité du bijou tout en établissant un lien avec les anciens salariés. Avec comme point de départ envisagé : l’usine en l’état avec ses machines et ses outils.
Au fil des conversations avec les ouvriers, Lani Maestro a perçu une réelle créativité dans la fabrication de chaque pièce. ces MAINS est une installation qui se lit et se déploie de l’extérieur vers l’intérieur de l’usine. La phrase (extraite du poème de José Perez Beduya, Glass Flowers) « Si vous devez prendre ma vie, laissez-moi les mains » est inscrite en néons bleus sur un des murs donnant sur la rue. Des panneaux bleus opacifiant ont été placés sur les ouvertures du bâtiment. A l’intérieur, trois anciens établis présentent des outils recréés avec Joel Haond qui travaille à l’usine. Une composition sonore en lien avec les personnes et l’environnement du travail est diffusée dans l’espace d’exposition et depuis l’atelier.


communiqué de presse, novembre 2013 – pdf

 

 

 

commanditaires : des élus de l’ancienne Communauté de communes des Boutières, François Champelovier, Régine Brunel, Hubert-Marie Piteux, Roger Dugas et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche – dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes de Val’Eyrieux

2013

 

crédits photographiques Phoebé Meyer

 

Construire / Patrick Bouchain et Loïc Julienne, à Beaumont, Ardèche

Les Bogues du Blat

La Vallée de la Drobie, située dans le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche est un territoire en mutation. Vallée aux versants abrupts, elle a été aménagée en terrasses au fil des siècles afin de permettre la culture mais ce relief est progressivement devenu trop contraignant pour une agriculture qui s’est mécanisée. Depuis plus d’un siècle, l’ensemble des Cévennes ardéchoises a subi un lent processus de déprise agricole, composant au fil du temps un paysage d’abandon. Cette tendance s’est traduite par un important exode rural, qui a atteint son point culminant dans les années 70. Depuis peu, la vallée connaît un nouvel intérêt résidentiel et touristique qui a suscité des aménagements de plus en nombreux, pas toujours adaptés et remettant en cause le développement local. La commune de Beaumont a décidé de s’impliquer dans une démarche de maîtrise des projets de construction et d’aménagement de l’espace pour répondre à une demande croissante de terrains à bâtir ou d’habitats traditionnels. Elle s’est lancée dans un projet d’aménagement et de développement durable, mettant l’accent sur la nécessité de définir de nouvelles zones d’habitation associant habitat individuel et habitat collectif en un nouveau hameau s’inspirant de l’ancien existant. Elle a, dans cette perspective, souhaité confier à un architecte d’établir un projet de création d’un habitat social rural basé sur la maison comme unité de base c’est-à-dire de revenir à la maison comme espace privé familial tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau.

La réponse de Patrick Bouchain et de l’équipe Construire a permis d’aller au-delà des premières intentions, d’ouvrir la commande à leur démarche expérimentale et de s’interroger sur la possibilité de construire autrement. Le bureau Construire instaure un processus associant étroitement population, entrepreneurs, futurs habitants, architectes et artistes afin de faire de la construction un acte culturel. Les grandes orientations du projet ont été tracées : créer un habitat social rural basé sur la maison comme unité de base, revenir à la maison comme espace privé familial tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau. Un schéma général est établi pour huit habitations. Ce schéma peut être réalisé en plusieurs phases, en fonction des besoins de la municipalité et du nombre des demandes. Une première tranche comprend entre trois et cinq habitations en fonction des premières personnes cooptées. Chaque maison sera implantée à cheval sur plusieurs faïsses, mais chacune sera desservie par une faïsse particulière (privative). Les faïsses non-privatives pourront être exploitées en jardin commun. Chaque habitation aura donc sa sphère privée tout en étant incluse dans un ensemble collectif. Une voirie latérale desservira chaque niveau, mais les places de stationnement seront regroupées et éloignées des habitations. La construction initiale est constituée d’une charpente en ogive, de sa couverture et de l’aménagement du seul rez-de-chaussée (avec séjour, chambre, cuisine et salle de bains). Le reste du volume est clos de façon légère. A partir de cet habitat initial, deux hypothèses peuvent être développées : la location simple du volume en l’état. Le locataire peut rester dans cette configuration initiale ou ultérieurement étendre progressivement la partie habitable à l’intérieur des volumes laissés libres. Ou bien, une possible accession progressive à la propriété dans le cadre d’un montage défini avec le maître d’ouvrage.


dossier de présentation, septembre 2013 – pdf

 

 

 

commanditaires : des membres du conseil municipal de Beaumont et Pascal Waldschmidt, maire de Beaumont, Jacqueline Mielle et Jean-Rémi Durand-Gasselin, adjoints au maire

soutien : Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Conseil général de l’Ardèche (Cap Territoire), Parc naturel régional des Monts d’Ardèche (Fonds européen agricole pour le Développement rural – Leader)

première tranche : septembre 2013
deuxième tranche : été 2016

 

crédits photographiques Loïc Julienne

Susanne Bürner, Parc naturel régional de Lorraine

Euville

 

L’exploitation des deux grandes lentilles de calcaire d’Euville remonte au XVIe siècle. Au début du XXe siècle, la concurrence du béton amorce du déclin de la production. Les carrières d’Euville offrent une grande variété de paysages : vestiges de l’exploitation industrielle, bâtiments et outils de différentes époques, restes de l’ancien village des carriers. Propriété de la communauté de communes du Pays de Commercy, le site est en phase de devenir un pôle majeur de développement de l’offre touristique. Les commanditaires ont souhaité la réalisation d’une oeuvre pérenne qui puisse nourrir la réflexion engagée sur les transformations du paysage des carrières. Que signifient aujourd’hui ces transformations, qu’est-ce qui est mis en avant, qu’est-ce qui est occulté, quelle inscription à une échelle territoriale plus vaste ?

La proposition de Susanne Bürner se déploie sur trois supports : un livre, un film et des photographies. Le livre aborde la dimension humaine de l’histoire des carrières à travers un ensemble de photographies des galeries d’extraction, des dessins et des inscriptions des ouvriers sur les parois, accompagnés de courts récits. La dimension imaginaire des lieux est convoquée dans le film où deux jeunes filles explorent les paysages et ce qu’il reste des activités disparues. Les tirages photographiques montrent l’emprise de la végétation. Le regard découvre des indices rappelant par petites touches le passé industriel. Au final, la réponse de Susanne Bürner évite une restitution trop documentaire des paysages et des traces de vie. Elle en souligne la part mystérieuse et le potentiel fictionnel.

 

communiqué de presse, octobre 2012 – pdf

 

Pierre et Poussière

 

Les Cavaliers

 

Euville

Captures éditions

64 pages,  22 x 28,5 cm, relié
couverture cartonnée toilée, marquage à chaud, impression en quadrichromie
bilingue français/anglais
2000 exemplaires
ISBN 978-2-9533912-4-4
25 €

tirage de tête disponible sur demande

édité en partenariat avec le Vent des forêts—espace rural d’art contemporain et l’office de tourisme du Pays de Commercy

 

 

« Euville émane d’une commande portée par l’Office de Tourisme et la Communauté de communes du Pays de Commercy (Meuse) dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires proposée par la Fondation de France et du projet de coopération interparcs « Paysage Industriel » qui associe les parcs naturels régionaux de Lorraine, Monts d’Ardèche, Pilat et Vercors. L’ouvrage comporte trois parties distinctes. Le regard se perd d’abord dans des photographies réalisées par l’artiste de l’intérieur des anciennes galeries d’extraction : parois de calcaire et pierres aux tonalités subtiles, pénombre mystérieuse des passages partiellement remblayés, architectures et lumières irréelles.
À mi-parcours, le texte de Pierre Briot et Jean-Paul Streiff, extrait du catalogue de l’exposition « Épopée de la Pierre », retrace la vie quotidienne d’un carrier à partir de témoignages de personnes aujourd’hui disparues. Il constitue un préambule aux photographies des graffitis des galeries ouvrant sur les aspects humains et intimistes de l’ordinaire dans les carrières. Certains montrent une fantaisie joyeuse, d’autres sont propices à la rêverie, la méditation, la réflexion sur leur contexte d’apparition. Le style et les thèmes sont variés : une mystérieuse bicyclette dessinée à plusieurs endroits de la galerie, le dessin sommaire d’une bouteille de vin, une barque diaphane, un homme au chapeau fumant une cigarette, une femme au chignon porté bas, des colonnes de chiffres, des symboles de lutte politique… Chaque photographie fait face à un récit recueilli par Susanne Bürner lors de différents séjours à Euville et aux alentours. Le choix de gros caractères dans la mise en page des micros récits penche davantage du côté du recueil d’histoires et d’images destinées à cheminer dans les mémoires que de l’ouvrage d’érudition. Le rapport entre le texte et l’image évite la simple illustration au bénéfice de la respiration et de l’écart. Euville déploie de multiples liens visuels, de l’art préhistorique – le dessin reproduit sur la couverture rappelle les nombreux signes abstraits repérés dans les grottes ornées – à l’art et au dessin conceptuels. Enfin, la conception graphique emprunte volontairement aux livres d’histoire de l’art des années 1950-60 leur couverture rigide toilée, le déroulé classique des images – du monument dans son ensemble aux détails – et l’attention apportée à la qualité des reproductions photographiques. Cet emprunt n’est pas anodin puisqu’il s’agit de préserver et donner en partage les propos recueillis, la qualité émotionnelle et esthétique des graffitis voués à la disparition, et leur aura mystérieuse dans l’impressionnant contexte des anciennes galeries d’exploitation. »
Frédéric Oyharçabal

 

commanditaires : Office de tourisme et Communauté de communes du Pays de Commercy

soutien : Parc naturel régional de Lorraine dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, DRAC Lorraine, Région Lorraine, Département de la Meuse

2012

 

crédits photo/vidéo Susanne Bürner, Phoebé Meyer 

 

Jessica Stockholder à Toulouse

Los Pès del parpalhòl

En 2007, les enseignants, parents d’élèves et animateurs de l’école associative bilingue occitan-français Calandreta Còsta Pavada ont souhaité passer commande d’une œuvre à un(e) artiste pour leur cour d’école, ayant pour vocation d’offrir un espace de jeu et de vie pour tous les âges, et des lieux protégés pour les plus petits.
Les commanditaires souhaitaient la présence d’une sculpture à dimension pédagogique favorisant les expériences sensorielles, la rencontre et l’échange entre les enfants. Elle devait être susceptible d’incarner quelques-unes des idées fondatrices de l’école : développement de l’esprit de tolérance, du respect de la différence, de la curiosité et de l’ouverture aux autres langues et cultures.

La proposition de Jessica Stockholder consiste en une sculpture « praticable » de couleurs vives et de matériaux variés (marbre, bois, corrian, béton, brique). L’œuvre est composée d’un jeu de formes géométriques de faible hauteur qui se déploient et s’organisent autour d’une structure rectangulaire en tôle acier plastifiée. Cette structure peut faire office d’espace de jeu, de mise en scène de soi, et laisse transparaître volumes et passages.
Le dessin au sol en aluminium ainsi que la forme de la jardinière en mélèze, reprennent des éléments de la croix occitane.
L’école ne pouvant finalement accueillir l’œuvre, elle a été installée dans la cour du musée d’art contemporain Les Abattoirs à Toulouse.

 

dossier de presse, avril 2013 – pdf

 

 

 

commanditaire : association Calandreta Còsta Pavada, Toulouse

soutien : Fondation de France, ministère de la culture et de la communication (DGCA, DRAC Midi-Pyrénées), Ville de Toulouse, Syndicat mixte des Abattoirs

2013

 

 

crédits photographiques Jessica Stockholder (toutes) sauf Jean-François Peiré–Drac Midi-Pyrénées (9)

 

Giuseppe Gabellone à Lyon

Monument du souvenir

La demande consiste à ériger un monument du souvenir dans un cimetière, en mémoire des personnes qui ont été accompagnées dans leur quotidien par Les petits frères des Pauvres, leur permettant de vieillir dignement dans leur quartier. Au moment de leur décès, ces personnes sans ressources ont parfois droit à un emplacement octroyé par la Ville pour une période de six ans, mais leur tombe est rarement entretenue lorsqu’ils en ont une. Par cet acte symbolique, Les petits frères des Pauvres se veulent respectueux de la mémoire de personnes déshéritées, ils souhaitent demander à un artiste la conception d’un lieu de recueillement « collectif ».

Le monument funéraire est insolite pour des artistes de la génération de Giuseppe Gabellone, bien qu’étant un sujet classique dans l’histoire de l’art. Ainsi, son positionnement a été de :
– rester dans la continuité du “paysage ciméterial”;
– produire un monument funéraire laïc;
– trouver une image évocatrice de la mort sans recourir à l’iconographie sacrée de la statuaire funéraire.
L’artiste a alors concentré son attention sur les matériaux, et sur la terre particulièrement en relation à ce thème. L’idée a été d’utiliser « la terre comme moule d’une sculpture, réaliser une forme pleine à partir d’une cavité, un peu comme produire le portrait d’un vide ».

Le monument est constitué de deux modules en verre de forme abstraite, posés sur un socle en pierre blanche. Le socle est conçu pour retenir les eaux de pluie et produire un effet de miroir. Les noms sont inscrits sur les blocs angulaires avant.

 

dossier de présentation, août 2012 – pdf

 

 

commanditaire : Les petits frères des Pauvres

commande suspendue

 

crédits : Giuseppe Gabellone

Marie-Ange Guilleminot à Gaillac

L’espace entre !

«Un(e) artiste pourrait réaliser une oeuvre à destination des enfants que nous recevons pour introduire un minimum, vital, de désordre qui réveille la pensée».
Le Centre médico-psychologique pour enfants et adolescents, service extra-hospitalier, est à l’interface du lien social et du psychisme, du sujet social et du sujet clinique. Lieu de circulation et d’interception des flux du vaste monde, de suspension aussi…
La salle d’attente, ni tout à fait dedans, plus tout à fait dehors, apparaît alors comme ce lieu intermédiaire entre le soin proprement dit et le monde extérieur, officiant comme ces antichambres où l’on chuchote avant de dire.
Penser une oeuvre pour le CMPEA serait permettre à des enfants trop précocement ou exclusivement aux prises avec le numérique, présentant souvent une pensée qui va se paupérisant, une rencontre émotionnelle et intellectuelle inédite.

Washitsu ou Cabane in time
Sculpture à l’architecture démontable en érable ondé, installée dans l’actuelle salle d’attente, elle est complémentaire au Meuble-spirale. Sa conception minimale autour de l’unité d’un tatami crée un volume singulier pour l’enfant. Elle est basée sur l’observation attentive de la tradition japonaise washitsu dont l’artiste a voulu la forme essentielle, avec un seul module… Préserver l’esprit du lieu : tokonoma ou l’espace pour l’art, shoji portes coulissantes en bois et papier-japon renforcé avec, ici en feutre, ses volets amovibles.

…du meuble spirale au meuble infini…
Initialement placé dans l’espace de l’accueil, le Meuble-spirale a vocation à se transformer et être disposé librement dans le lieu du CMPEA. À la fois meuble et sculpture, il sera utilisé par l’équipe pour les besoins du travail mené avec l’enfant ou l’adolescent. De forme hexagonale, il est constitué de quatorze éléments aux pans colorés, à usages multiples et ludiques : bibliothèque, table à dessin, petit théâtre. L’oeuvre fait l’objet d’une appropriation par ses utilisateurs, elle est une invitation à la créativité.

L’objet-étalon
Semblable au Meuble-spirale à l’échelle du corps, il est composé de quatorze éléments autonomes pouvant être agencés entre eux à l’infini. L’idée de cette échelle est de pouvoir réfléchir avec l’objet entre les mains à toutes sortes de combinaisons transposables à la sculpture-meuble. Il est réalisé dans quatorze essences de bois : nuancier de référence correspondant au positionnement par la couleur du Meuble-spirale.


Réalisation
Washitsu ou Cabane in time : Yutaka Kawahara et Renaud Vergnais (charpentiers), Cécile Feilchenfeldt et Géraldine Odeyer
…du meuble spirale au meuble infini… : Jacques Vignon
L’objet-étalon : Patrick Belle

Conseils, coordination : Paule Guérin, Murielle Hladik, Sabine Laurent, George-Henry Ser
Jeux/toupies :  Philippe Dyon
Contribution au choix des livres : Les Trois Ourses


dossier de presse, février 2017 – pdf
dossier de présentation, avril 2015 – pdf

 

 

 

 

commanditaires : l’équipe du CMPEA de Gaillac – Karine Beziat, Éric Bousquet, Daniel Delbes, Sylvie Faure, Marie-Claude Garros, Sophie Mahenc, Fabienne Maviel, Marie-Josée Medale, Maria Puech-Maurel, Laurence Quercy, Pauline Ricard, Catherine Scarpulla, Sabine Vialettes, Vassiliki Xenoyanni

soutien : Fondation de France, Fondation Daniel et Nina Carasso,
Fondation Bon Sauveur d’Alby

2017

 

 

crédits Marie-Ange Guilleminot