Daniel Buren à Toulouse

Une œuvre pour le site Purpan – Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse

L’hôpital Purpan a amorcé depuis plusieurs années une refonte complète de son site avec l’ouverture de plusieurs établissements entre 1998 et 2006 et l’arrivée du tramway fin 2010. La construction de la clinique Pierre-Paul Riquet et du bâtiment Urgence-Réanimation-Médecine est l’occasion d’engager une commande d’œuvre à un artiste. Au centre des préoccupations, il y a la question de l’accueil. L’accent est mis sur la nécessité d’identifier les flux pour les usagers, d’organiser le passage vers l’intérieur à l’arrivée du tramway et d’engager une réflexion sur les halls tout en développant une identité commune aux deux bâtiments.

Après une phase d’observation des lieux et de leurs usages, Daniel Buren a choisi de concentrer son intervention sur les halls d’accueil de l’URM et du PPR, et sur la passerelle qui relie les deux bâtiments.

10 Cadres carrés pour un patio, travail in situ permanent, hall d’accueil du bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015

À l’intérieur du patio, trois cadres carrés et tridimensionnels s’échelonnent à partir de la façade côté rue, créant une accélération de la perspective. De couleur bleue, jaune, rouge, chacun d’entre eux est relié à un deuxième en angle ouvert, égal à celui formé par les deux parois vitrées côté rue (entrée du hall) et côté couloir (accès aux différents services). Les quatre cadres face aux fenêtres sont projetés et contrecollés sur celles-ci à l’aide de bandes adhésives blanches.

Le Puits de lumière en 5 couleurs et sur 5 étages, travail in situ permanent, hall d’accueil de l’hôpital Pierre-Paul Riquet, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015

L’espace carré à l’intérieur du hall d’entrée et sur lequel donne une série de fenêtres est travaillé en volume. Des tablettes de couleur bleue, jaune, orange, rouge et verte, rythmées par des bandes blanches, soulignent le tour du carré et se succèdent les unes au dessus des autres jusqu’au plafond de cet espace creux. Ces cinq cadres se superposant tels des caissons lumineux (chacun éclairant le caisson supérieur) deviennent l’éclairage central du hall de l’hôpital Pierre-Paul Riquet.

Bayadère pour 3 couleurs et 2 bandes blanches, travail in situ permanent, passerelle hôpital Pierre-Paul Riquet / bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse   2013-2015

La passerelle qui relie le bâtiment des Urgences aux services d’imagerie (situés au sein du PPR) est utilisée afin d’indiquer les flux entre les deux lieux. Les vitres sont entièrement recouvertes de papiers autoadhésifs et divisées en séquences de 43,5 cm de large, successivement bleues, jaunes, rouges puis composées de 5 bandes alternées (blanches et transparentes) de 8,7 cm.
Cette grande frise diffuse sa lumière colorée dans le passage à l’usage exclusif des patients et des soignants. Elle est visible depuis l’extérieur de jour comme de nuit (côté tramway et à l’arrière des bâtiments) comme une sorte de lanterne lumineuse horizontale.

Photo-souvenir : 10 Cadres carrés pour un patio, travail in situ permanent, hall d’accueil du bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015. Détail. Septembre 2015. © Daniel Buren/ADAGP, Paris. Photo : Phoebé Meyer

Photo-souvenir : Le Puits de lumière en 5 couleurs et sur 5 étages, travail in situ permanent, hall d’accueil de l’hôpital Pierre-Paul Riquet, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015. Détail. Septembre 2015. © Daniel Buren/ADAGP, Paris. Photo : Phoebé Meyer

Photo-souvenir : Bayadère pour 3 couleurs et 2 bandes blanches, travail in situ permanent, passerelle hôpital Pierre-Paul Riquet / bâtiment Urgences-Réanimation-Médecines, site Purpan, Centre hospitalier universitaire de Toulouse, 2013-2015.
Détail. Septembre 2015. © Daniel Buren/ADAGP, Paris. Photo : Phoebé Meyer

 

commanditaire : Hôpital Purpan, Toulouse

soutien : Action Nouveaux commanditaires – Fondation de France, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse

réalisation passerelle, atrium PPR et patio URM : 2015

 

 

 

Eulàlia Valldosera à Rochechinard

Avant la lumière pour La Maison de la Mémoire, 2015

De 1972 à 1991 tout le village de Rochechinard a joué un spectacle son et lumière au pied de son château. C’est dans ce contexte que le musée de Rochechinard a été créé, témoignage tangible de l’attachement d’une population à son histoire. Nommée musée de la Mémoire du Royans, sa collection est constituée de ce que les habitants lui ont donné ou prêté depuis quarante ans. Cependant, le musée de Rochechinard vit un passage difficile comme la plupart des écomusées. La muséographie pourrait apparaître vieillie, et l’équipe constate une baisse de la fréquentation. L’association Les amis de la maison de la Mémoire s’est adressée à l’artiste Eulàlia Valldosera pour aborder la question de la transmission – avec, à terme, la perte de l’oralité qui était au cœur du projet initial – établir une double relation, spatiale – circulation dans le musée, lien au site – et temporelle, des objets du passé à ceux d’aujourd’hui.

La proposition initiale reposait sur deux éléments : un film d’auteur qui devait être projeté de manière continue dans la salle dite « du puits » et la transformation du musée en un centre de création et de production de la mémoire. Cette seconde étape a été suspendue pour des raisons d’ordre politique.

Le film prétend non seulement rendre compte du projet d’un groupe de personnes désireuses de préserver leur héritage local, mais il a aussi pour objectif de mettre en valeur un objet filmique, événement présent permettant de réactualiser notre passé, une façon d’en réactiver le potentiel dissimulé sous des couches d’oublis et de préjugés.

Avant la lumière articule différents types de registres, allant du documentaire à la fiction, et montre les mécanismes auxquels l’artiste a eu recours pour le mener à bien. C’est-à-dire l’équipe de tournage, son ingérence dans l’espace de la maison, la préparation des acteurs et leur rencontre improvisée avec les objets qui vont faire partie des accessoires. Ce film est un regard sur le présent en même temps qu’il recrée le passé à partir des récits que les membres de l’Association créatrice de la maison de la Mémoire, ses gardiens et interprètes, font devant la caméra. Des anecdotes qu’ils racontent lors des visites guidées alors que la caméra est dans le public. Ce film nous propose le mode filmique comme forme d’archive.

Le livre Rochechinard, mémoire d’une maison-musée paru en fin d’année 2019 se présente comme le prolongement de la commande, la vision d’une artiste sur la transformation du musée et l’état de questionnements de chercheurs, professionnels sur le devenir de ces lieux.

dossier de présentation, juin 2015 – pdf

Avant la lumière

commanditaires : les membres du conseil d’administration de l’association des Amis de la Maison de la mémoire de Royans, Alain Derbier, fondateur du musée de Rochechinard, Mireille Gepponi, Catherine Flament, Jeanne Charve, Josette Derbier, Roland Meunier

soutien : Fondation de France / action Nouveaux commanditaires, ancienne Communauté de communes du Pays du Royans

2015

crédits : Eulàlia Valldosera

Susanne Bürner, Parc naturel régional du Vercors

La Traversée
L’Isère
et Le Travail

Les communes de la rive gauche de l’Isère sont situées dans le prolongement de Grenoble et de la voie historique reliant les Alpes à la Méditerranée. La pression foncière liée à la proximité de l’agglomération grenobloise et le regroupement en communautés de communes conduisent ces villages à se repositionner afin de préserver leurs spécificités.

Dans un contexte d’urbanisation croissante du territoire, les anciens sites industriels font partie de l’imaginaire commun, en lien avec l’histoire ouvrière locale forgée sur plusieurs générations. Susanne Bürner a été invitée à s’emparer de ce constat. Deux lieux emblématiques sont repérés l’ancienne fonderie royale de canons de Saint-Gervais et les carrières de l’Echaillon.

Cependant Susanne Bürner n’a pas souhaité circonscrire uniquement ses recherches à l’histoire de des deux communes, elle s’est imprégnée de la géographie des lieux, a visité de nombreux sites et collecté des récits ainsi qu’une riche iconographie sur l’histoire industrielle des deux rives de l’Isère. Au fil de ses réflexions, le rôle de la rivière lui est apparu structurant. Elle facilitait la circulation des biens, des personnes et de la main d’œuvre grâce aux ponts, bateaux, radeaux et bacs à traille. Sa forte présence au pied des coteaux du Vercors impressionne toujours le voyageur.
C’est d’ailleurs à travers le regard d’un étranger, en l’occurrence un jeune batelier, que Susanne Bürner propose une fiction qui prend la forme d’un film, La Traversée. L’édition des deux léporellos L’Isère et Le Travail associent images, dessin d’archives et ses propres photographies.

invitation, décembre 2014 – pdf

La Traversée

L’Isère et Le Travail

édition d’artiste
format ouvert 104 x 10,4 cm, chaque
600 exemplaires
10 €, les deux

commanditaires : Mme Faure, maire de Saint-Gervais, des membres de l’association SPIA –Sauvegarde du patrimoine industriel d’autrefois et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : Parc naturel régional du Vercors dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France / action Nouveaux commanditaires

2014

crédits film Susanne Bürner, crédits photos édition Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Vercors

La 72 593e Partie du monde

L’artisanat traditionnel a tenu une place importante dans l’histoire du Royans-Vercors. La tournerie-tabletterie, notamment, a connu un véritable essor durant la seconde moitié du XXe siècle avec quelque cinquante entreprises employant plus de six cents ouvriers. Aujourd’hui, seuls quatre ateliers sont en activité. L’œuvre sollicitée ici se doit de tirer les fils du passé pour penser l’avenir et rendre compte des réalités plurielles du territoire.

D’emblée, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et d’associer le projet du Vercors à celui mené en parallèle dans le Parc du Pilat. Sa recherche s’appuie sur trois œuvres évoquant le paysage industriel et le rapport aux ressources naturelles : Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.

La proposition de Michel Aubry pour le Parc du Vercors s’inspire d’une séquence de La Sixième Partie du mondemontrant une chamane de Sibérie qui danse « dans un costume chargé d’objets symboliques, à la fois protection et enveloppe conductrice reliée aux éléments naturels. » Il repense le costume de la chamane et lui associe des tubes sonores conçus dans la tradition de la tournerie. « Le son relie, comme la chamane, les éléments provenant de la forêt aux objets matériels. »

L’œuvre a été activée le 27 septembre 2014 par une performance chorégraphique de Marianne Baillot. Chaque année, d’autres variations de la danse sont programmées avec des associations du Royans.


communiqué de presse, septembre 2014 – pdf


commanditaires : les membres des associations Arbre et Engivane, et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : les quatre Parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural)

2014

crédits photographiques Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Pilat

La 213 429e Partie du monde

La 213 429e Partie du monde est la réponse de Michel Aubry à la commande de l’association Iguerande et du Parc naturel régional du Pilat. Elle porte sur un territoire qui a gardé peu de traces architecturales de son passé métallurgique. Seul demeure le souvenir d’un travail salissant au contact de la poussière noire. Pourtant il existe une véritable culture ouvrière dans la fabrication de l’objet fini et un besoin de transmission de cet héritage industriel. Comment dès lors restituer la place d’une industrie à l’échelle d’un paysage dont les ressources ont contribué à son développement ?

La proposition de Michel Aubry se fait l’écho des changements dans l’environnement sonore du Pilat avec l’installation de nombreuses forges, pierres de cloutiers et des ateliers de sous-traitance de la grande industrie de la vallée. Michel Aubry questionne cette empreinte sonore en réalisant des prises de son dans des entreprises. Ces enregistrements donnent lieu à l’édition de disques vinyle et à la fabrication, par des entreprises locales, d’une paire de platines et d’une table de mixage permettant de créer des compositions à partir des sons gravés et des prémix issus de ces échantillons.

Les disques sont édités en sept exemplaires et réunis dans deux coffrets. L’œuvre a été interprétée lors d’un concert performance de Matthieu Crimersmois le 4 juillet 2014 dans l’usine Sainte-Julie, à Saint-Julien-Molin-Molette.

 

communiqué de presse, juillet 2014 – pdf

 

 

commanditaires : Éric Perrin, historien et membre de l’association Iguerande et Parc naturel régional du Pilat

soutien : les quatre parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural).

2014

 

crédits photographiques Marc Domage (2, 3) et Emmanuelle Boccou

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

Vous me direz

Vous me direz est la réponse d’Élisabeth Ballet à la commande d’élus et d’habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche. Situé en zone de moyenne montagne, ce territoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ateliers de moulinage et de tissage à l’abandon, et la question de leur requalification est récurrente. La Communauté de communes a souhaité mener une réflexion sur la présence et la transformation de ce paysage industriel, et aborder la dimension sociale du travail textile.

À Saint-Sauveur-de-Montagut, la présence du Moulinon au bord de l’Eyrieux est un témoignage fort de l’histoire ouvrière locale. Élisabeth Ballet crée une «chambre d’écoute» dans l’ancien arrêt de gare, de l’autre côté de la rivière, face à cet ancien moulinage. L’abri, peint en bleu, est précédé d’une terrasse pourvue de deux bancs en béton de couleur brun rouge. À l’intérieur, une fenêtre munie d’un garde‑corps a été percée pour offrir une vue frontale sur le Moulinon. Un montage sonore est diffusé à divers endroits pour multiplier les points d’écoute.

«La distance entre l’usine que nous admirerons et le site proprement dit – écrit l’artiste – permettra de créer une œuvre immatérielle. » Dans la chambre d’écoute, les sons de la rivière, de la turbine et de la nature se mêlent aux bruits des machines et aux voix des protagonistes de l’usine. « Ces voix nous invitent à prendre le temps d’écouter les récits du travail accompli, son prix, ses joies et ses peines, et prendre ainsi connaissance du savoir-faire des ouvriers. »

communiqué de presse, mai 2014 – pdf

commanditaires : des élus et des habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes Privas Centre Ardèche

2014

crédits photographiques Phoebé Meyer

Lani Maestro à Bataville, Lorraine

Limen

Le site de Bataville est né en 1931 à l’initiative de Tomáš Bata, fondateur du groupe industriel du même nom. Il compte 2 700 ouvriers en 1939, 840 en 2001. La délocalisation des activités en 2002 débouche sur le licenciement de 800 personnes. Au moment de la commande quelques entreprises étaient implantées sur le site qui accueillait aussi l’ancienne Communauté de communes du Pays des étangs, installée dans l’ancien magasin d’usine.

En 2010, Bataville entre dans une phase intermédiaire de son évolution. L’association La Chaussure Bataville, en collaboration avec les collectivités locales, a souhaité développer un projet culturel et économique qui accompagne cette mutation. Comment faire coexister la mémoire encore vive d’une cité organisée autour du travail à l’usine et la possibilité d’autres usages ?

Lani Maestro envisage sa proposition comme l’«antithèse du lieu et du travail industriels» et comme un espace collectif. Limen — mot latin qui signifie « seuil », «passage d’un état vers un autre » — est le titre de cette sculpture. C’est une structure ajourée composée d’une longue plateforme surmontée d’une charpente de bois. Elle évoque le tunnel et le pont par le rythme régulier de ses travées et sa fonction de passage.

L’œuvre invite à la promenade et au repos comme « manière d’être avec soi-même », s’anime de notre présence et de celle des autres. Elle est installée entre l’ancienne cantine et le site de production, près d’un


communiqué de presse, avril 2014 – pdf

commanditaires : Commune de Moussey, d’anciens salariés des usines Bata et association La Chaussure Bataville

soutien : Parc naturel régional de Lorraine dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Drac Lorraine, Région Lorraine, Département de la Moselle

2014

crédits photographiques Phoebé Meyer

Lani Maestro, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

ces MAINS

La région des Boutières est un important foyer d’industrie et d’artisanat au centre ouest de l’Ardèche dans le haut de la vallée de l’Eyrieux. En 2010, l’ancienne Communauté de communes des Boutières décide de racheter le site de l’usine Murat incarnant à la fois le berceau de l’industrie du bijou et la mémoire ouvrière. L’usine doit maintenant s’inscrire dans l’avenir du territoire, ce qui suscite de nombreuses questions : de quels savoir-faire et de quelle identité parle-t-on, que valoriser et transmettre aux générations futures ? Lani Maestro a été invitée à poser un regard sur ce lieu en mutation et sur l’activité du bijou tout en établissant un lien avec les anciens salariés. Avec comme point de départ envisagé : l’usine en l’état avec ses machines et ses outils.
Au fil des conversations avec les ouvriers, Lani Maestro a perçu une réelle créativité dans la fabrication de chaque pièce. ces MAINS est une installation qui se lit et se déploie de l’extérieur vers l’intérieur de l’usine. La phrase (extraite du poème de José Perez Beduya, Glass Flowers) « Si vous devez prendre ma vie, laissez-moi les mains » est inscrite en néons bleus sur un des murs donnant sur la rue. Des panneaux bleus opacifiant ont été placés sur les ouvertures du bâtiment. A l’intérieur, trois anciens établis présentent des outils recréés avec Joel Haond qui travaille à l’usine. Une composition sonore en lien avec les personnes et l’environnement du travail est diffusée dans l’espace d’exposition et depuis l’atelier.


communiqué de presse, novembre 2013 – pdf

commanditaires : des élus de l’ancienne Communauté de communes des Boutières, François Champelovier, Régine Brunel, Hubert-Marie Piteux, Roger Dugas et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche – dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes de Val’Eyrieux

2013

crédits photographiques Phoebé Meyer

Construire / Patrick Bouchain et Loïc Julienne, à Beaumont, Ardèche

Les Bogues du Blat

Un habitat social rural dans les Cévennes ardéchoises

La Vallée de la Drobie, comme l’ensemble des Cévennes ardéchoises, a subi depuis plus d’un siècle un lent processus de déprise agricole, ses versants abrupts étant devenus trop contraignants pour une agriculture mécanisée.  Cette mutation a engendré un important exode rural qui a atteint son point culminant dans les années 1970. Depuis peu, la vallée connaît un nouvel intérêt résidentiel et touristique qui a suscité de nombreux aménagements, pas toujours adaptés aux enjeux du développement local.

La commune de Beaumont s’est lancée dans des projets de construction et d’aménagement pour soutenir un développement durable face à la demande croissante de terrains à bâtir ou d’habitats traditionnels. Le hameau de Blat a été choisi pour accueillir une nouvelle zone d’habitation et la commune a souhaité confier à un architecte le projet de création d’un habitat social rural fondé sur la maison comme unité de base, tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau.

La réponse de l’équipe Construire a permis d’aller au-delà des premières intentions, d’ouvrir la commande à leur démarche expérimentale et de s’interroger sur la possibilité de construire autrement. Entrepreneurs, futurs habitants, architectes et artistes ont été associés tout au long du projet afin de faire de la construction un acte culturel.

Chaque maison est implantée à cheval sur plusieurs faïsses (ou restanques) et desservie par une voie privative, mais les places de stationnement sont regroupées et éloignées des habitations. Les faïsses non-privatives peuvent être exploitées en jardin commun.

La construction initiale est constituée d’une charpente en ogive, de sa couverture et de l’aménagement du seul rez-de-chaussée (avec séjour, chambre, cuisine et salle de bains). De là, deux options sont possibles : la location simple avec la possibilité,entre autres, pour le locataire d’étendre la partie habitable dans les volumes laissés libres ; ou une accession progressive à la propriété dans le cadre d’un montage défini avec le maître d’ouvrage.

L’expérience des Bogues du Blat a fait l’objet d’une publication incluant le récit de la commande et le carnet d’étude de Patrick Bouchain, captures éditions, 2018.


dossier de présentation, septembre 2013 – pdf

commanditaires : des membres du conseil municipal de Beaumont et Pascal Waldschmidt, maire de Beaumont, Jacqueline Mielle et Jean-Rémi Durand-Gasselin, adjoints au maire

soutien : Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Conseil général de l’Ardèche (Cap Territoire), Parc naturel régional des Monts d’Ardèche (Fonds européen agricole pour le Développement rural – Leader)

première tranche de 3 maisons et 4 logements : septembre 2013
deuxième tranche de 3 maisons : janvier 2017

crédits photographiques Loïc Julienne et Phoebé Meyer

Susanne Bürner, Parc naturel régional de Lorraine

Euville

Les carrières d’Euville, dans les côtes de Meuse, sont un lieu emblématique de Lorraine. L’exploitation de la pierre calcaire jusqu’au début du XXe siècle a laissé de nombreuses traces : vestiges de l’exploitation industrielle, bâtiments et outils de différentes époques, restes de l’ancien village des carriers.

Propriété de la communauté de communes du Pays de Commercy, le site est en phase de devenir un pôle majeur de l’offre touristique. Les commanditaires ont souhaité la réalisation d’une œuvre pérenne qui puisse nourrir la réflexion engagée sur les transformations du paysage des carrières.

Évitant une restitution trop documentaire des lieux et des traces de vie, Susanne Bürner préfère en souligner la part mystérieuse et le potentiel fictionnel. Sa proposition se déploie sur trois supports : un livre, un film et des photographies.

Le livre Euville aborde la dimension humaine de l’histoire des carrières. Une première section présente les photographies réalisées par l’artiste à l’intérieur des anciennes galeries d’extraction suivie d’un texte de Pierre Briot et Jean-Paul Streiff retraçant la vie quotidienne d’un carrier. Il introduit les images des graffitis dessinées par les ouvriers sur les parois des galeries, accompagnées de courts récits collectés par Susanne Bürner.

Le film Pierre et Poussière s’attarde sur la dimension imaginaire des lieux , on y suit deux adolescentes qui explorent les paysages structurés par d’anciennes activités mais aussi des sites appelés à disparaître : le café, l’ancien lavoir…

Les tirages photographiques Les Cavaliers montrent l’évolution du paysage depuis l’arrêt de l’activité et l’emprise de la végétation. Deux images en noir et blanc ponctuent une suite qui suggère dans sa présentation le récit d’une déambulation. Le regard découvre au fil des points de vue, des indices rappelant par petites touches le passé industriel, pourtant des doutes peuvent persister sur l’origine des paysages.

 

communiqué de presse, octobre 2012 – pdf

Pierre et Poussière

Les Cavaliers

Euville

Captures éditions, en partenariat avec le Vent des forêts—espace rural d’art contemporain et l’office de tourisme du Pays de Commercy

commanditaires : Office de tourisme et Communauté de communes du Pays de Commercy

soutien : Parc naturel régional de Lorraine dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, DRAC Lorraine, Région Lorraine, Département de la Meuse

2012

crédits photo/vidéo Susanne Bürner, Phoebé Meyer