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Le bassin de la Vrille, Saint-Amand-en-Puisaye, Bourgogne-Franche-Comté

Médiatrice en charge de la commande : Amanda Crabtree accompagnée de 
Valérie Cudel (à demeure).


Le contexte / historique de la commande :

La réflexion sur la commande se fait dans le cadre des Ateliers de la Pluie, initiative forgée à la suite du Festival de la Pluie de juillet 2023. Des artistes avaient été invités à participer au Festival de la Pluie 2023 pour éveiller les sensibilités aux délices de la pluie comme à ses désastres.
L’activité de ces Ateliers est portée par l’Association Respire-L’Amarante, dont l’activité principale est l’épicerie biologique et locale. Ces Ateliers sont nés de l’intérêt pour les enjeux du changement climatique pour le milieu local naturel de vie. 
Contexte local : le bassin de la Vrille, en Puisaye, petite bio-région de la Bourgogne du Nord-Ouest. La Vrille y serpente, alimentée par de nombreux ruisseaux, de moulin en moulin, depuis sa source à la limite de la Forterre, jusqu’à sa confluence avec la Loire.
Région d’eau, de bois, de prairies, région d’argile et d’ocres, de tradition potière et d’art céramique.
La Vrille traverse le village longeant le parc du Château Renaissance. Quelques pêcheurs de « La Gaule Poyaudine » y lancent leur ligne. Quelques riverains s’inquiètent des risques d’inondations accentués par le changement du climat, même ici. Saint-Amand éveille son attention à « sa » rivière, au charme de ses berges, fragiles comme les arbres qui y plongent leurs racines. 
Objectifs /enjeux de la commande :
Selon les commanditaires :
“Mieux comprendre ce qui lie à notre devenir celui de l’eau d’ici, des sols, des arbres, des oiseaux, des insectes, etc.
Nous cherchons à connaître et faire connaître les bonnes pratiques d’ajustement des activités humaines et de l’usage des ressources à la métamorphose climatique en cours, ici surtout, ailleurs aussi.”
La commande artistique participe à une réflexion globale autour de la revitalisation de ce territoire socialement et économiquement marginalisé autour d’un objectif fédérateur : la préservation et la valorisation des « paysages de l’eau », paysages qui façonnent l’identité et l’attrait de la Puisaye.
Un nouveau chemin permettrait, entre autres intérêts paysagers, de faire découvrir en chemin une source, des lavoirs, des mares, un château d’eau, un poste de pompage au bord de la Vrille mais aussi des traces de ferriers en lisère de bois, des trognes le long des chemins creux, de la boue argileuse dans les ornières creusées par l’exploitation forestière, etc.


Les commanditaires : 

Daniel Delautre, conseiller municipal, François Dupont, psychologue, Odile Dupont, professeur de philosophie, Roland Eve, ornithologue, initiateur du Plan de Paysage pour la Puisaye, Pascale Grosjean,1ère adjointe et vice-présidente de la CC de Puisaye-Forterre, Virginie Guillemard, Didier Jouanneau, libraire à Saint-Amand-en-Puisaye, Dominique Lion, Jean Maréchal, 2ème adjoint en charge des travaux communaux, Yannis Mercier, Clément Novaro, architecte, Gilles Reverdy, maire de Saint-Amand-en-Puisaye, Martine Rouillard, céramiste , Gabriel Soucas, photographe.
Chronologie du projet à Saint-Amand-en-Puisaye

2024 : Lancement et rencontres initiales
Mars 2024 : Prise de contact par les futurs commanditaires de Saint-Amand.

Avril 2024 : Réunion à la mairie pour présenter le protocole « Nouveaux Commanditaires » et discuter d’une future commande artistique, en présence d’élus, de membres de l’association Respire et de la Société des Nouveaux Commanditaires.

Mai 2024 : Réunion à l’ancienne mairie pour préciser le projet : un parcours artistique entre la Vrille et la ligne de partage des eaux Loire/Seine. 

Juillet 2024 : Premier contact avec l’artiste Suzanne Husky.
Août 2024 : Rencontre avec les commanditaires, balade sur le parcours pressenti et présentation du travail de Suzanne Husky.

Novembre 2024 : Visite de Suzanne Husky à Saint-Amand et avancées du projet. Réunion au château sur la biodiversité, les haies et la santé des rivières. Visite du chantier de la Maison des enfants potiers. Présentation du projet d’inventaire de la biodiversité par Roland Eve. Randonnée vers la ligne de partage des eaux avec les commanditaires et Suzanne Husky.
2025 : Finalisation et actions concrètes

Février 2025 : Visio avec Suzanne Husky, Léa Frottier (Contrat Territorial Vrille Nohain Mazou) et les médiatrices. 

Mars 2025 : Visio avec Suzanne Husky et les commanditaires : présentation du dessin « Les trous du vivant accueillent la pluie », proposé pour l’affiche du Festival de la Pluie.
Avril 2025 : Étude du cadastre, visites sur le terrain (étang de la Forge, méandres de la Vrille), observation de traces de castors, rencontres avec les propriétaires locaux. 
Atelier public « À l’écoute de la rivière » sur les berges de la Vrille, suivi d’un pique-nique et de projections-débats (film « Méandres ou la rivière inventée », extraits de documentaires de Suzanne Husky).

Mai 2025 : Randonnée vers les sources de la Vrille à Treigny, visite du moulin labellisé LPO, rencontre avec un paysan, pique-nique et exploration de la rivière.
Objectif : Créer un parcours artistique et écologique entre la Vrille et la ligne de partage des eaux, en lien avec la biodiversité, l’hydrologie régénérative et la mémoire locale.
Acteurs : Commanditaires (élus, citoyens, association Respire), artiste Suzanne Husky, médiatrices, experts locaux (ornithologues, écologistes).
Thématiques : Biodiversité, rôle des haies, santé des rivières, « effet castor », permaculture, patrimoine potier.


Événements phares
 : Festival de la Pluie, ateliers publics, projections-débats, visites de terrain.

Samedi 19 juillet de 14 h30 à16 h30 : Table ronde I

« L’art de toute vie vient de l’eau » Baptiste Morizot, Suzanne Husky, Rendre l’eau à la terre, Alliance dans les rivières face au changement climatique.
Intervenant(e)s : Florence Habets, directrice de recherche au CNRS, hydrogéologue, Suzanne Husky, artiste engagée pour la préservation des écosystèmes, membre de « Pour Une Hydrologie Régénérative », Clément Novaro, architecte, membre de l’association « Hydromondes », Juliette Mariel, doctorante en agroécologie en milieu semi-aride.
-Les cycles de l’eau ; la pluie et les pluies.
-Les rivières vivantes : des refuges climatiques pour demain ? L’art de la mise en images par Suzanne Husky de « l’effet castor », support de compréhension et d’expérimentation en hydrologie régénérative des petites rivières.
Enjeux démocratiques du soin de l’eau, pour notre vie à l’échelle des bassins versants.
Dimanche 20 juillet de 14 h 30 à 16 h30 : Table ronde II
« Toujours derrière les orages, un possible jardin » Gilles Clément, Nuages.
Intervenant(e)s : Gilles Clément jardinier paysagiste, Frédérique Basset, journaliste auteure de Les quatre saisons de Gilles Clément », Suzanne Husky, artiste engagée dans la préservation des écosystèmes, Hervé Coves, agronome et
franciscain séculier, Vincent Lefèvre, agronome, cultivateur de blés anciens bio et meunier en Puisaye (Coopérative Copébi). Enjeux des problèmes de l’eau (partage et soin) pour l’agriculture et le jardinage, unis par le soin du vivant.

Suzanne Husky

Programme Lynx

Le Plan National d’Actions pour le lynx boréal (PNA Lynx) vise à rétablir l’espèce en France (2022-2026). Mis en place par la DREAL Bourgogne-Franche-Comté et l’Office Français de la Biodiversité (OFB), il s’inscrit après les plans pour l’ours brun et le loup gris. Après sa disparition au début du XXe siècle, le lynx a été réintroduit dans les années 1970, d’abord en Suisse puis dans les Vosges. Ce plan regroupe divers acteurs : associations de protection de la nature, aires protégées, collectivités locales, services de l’État, et d’autres acteurs scientifiques et culturels.
L’objectif est de garantir un état de conservation favorable pour l’espèce, avec des axes de travail sur la connaissance, la viabilité génétique de la population et la connectivité entre massifs. En mars 2022, une expertise scientifique a été lancée par le Ministère de la Transition écologique pour évaluer la viabilité des populations et proposer des solutions pour renforcer cette viabilité, sans réintroductions immédiates. Selon cette expertise, trois stratégies sont préconisées : améliorer la connectivité des habitats, réduire les destructions, et effectuer des translocations pour renforcer la diversité génétique.
Une Approche Sociétale
Le projet souligne l’importance de la co-existence entre humains et prédateurs. Le succès dépend de la perception des populations locales envers la nature, qu’elles voient soit comme une ressource, soit comme un élément avec lequel vivre en harmonie. L’action « Nouveaux commanditaires » s’inscrit dans cette dynamique, mobilisant l’art et la science pour interroger les relations avec l’environnement. Cette approche permet aux habitants de participer à la définition de problèmes scientifiques ou artistiques liés

Le projet lynx, coordonné par l’association La Société des Nouveaux commanditaires, nous permet de repenser notre rapport au lynx et au vivant en s’appuyant sur la parole des habitants et en leur donnant la possibilité d’initier une commande artistique ou scientifique. 

La méthodologie « Nouveaux commanditaires » pourrait contribuer au bon état de conservation du lynx dans le cadre du Plan National de Protection du Lynx. Cette méthodologie permet de proposer la création artistique et la recherche scientifique comme trait d’union entre l’espèce et les habitants d’un territoire partagé, grâce au travail de médiateurs et médiatrices spécialisés en art et en science. 

Depuis 2024, six groupes de médiateur.ices explorent le territoire jurassien et accompagnent des groupes d’habitants depuis 2024 à identifier une problématique (par exemple : notre coexistence avec l’espèce) et à écrire un cahier des charges qui permettrait à un.e artiste ou chercheur.seuse à créer une réponse par une œuvre dans une discipline artistique et/ou par une étude scientifique. 
Beaucoup d’acteurs locaux (PNR, Centre Athénas, DREAL, PNAL, SFEPM, IGMA…) sont déjà engagés sur cette question. Le projet Lynx autour de l’action Nouveaux commanditaires ne se substitue ni ne contrevient à ces actions. Au contraire, nous souhaitons pouvoir contribuer avec notre expérience et notre savoir-faire aux problématiques bien identifiées sur le territoire. L’originalité de la méthode des Nouveaux commanditaires réside dans la capacité à faire le lien entre la recherche contemporaine et les citoyens et de permettre à ces derniers, non seulement de participer, mais plus encore d’être à l’initiative de la commande artistique et de la définition du problème scientifique. 

Les équipes Lynx et les commandes 
6 commandes et 1 recherche-action

1- HBChangemaker : Anastassia Makridou-Bretonneau et Patric Clanet
Secteur : Haut-Jura (Moirans-en-Montagne et Villards-d’Héria)
Enquête préliminaire : de février à septembre 2024

. Commanditaires ou groupe de personnes pressenties/engagées : 
-Marie-Christine Pennors, professeure des écoles et directrice de l’École maternelle et primaire Roger   
 Millet-Liloludy de Moirans-en-Montagne. 
-Laurence Pasteur, professeure des écoles et directrice de l’École de Villards-d’Héria. 
-Loïc Coat, biologiste et réalisateur de documentaires dont Vivre Lynx (1998) – Le lynx et l’Agneau (2000) – Chasseurs, proies, lynx (2023) ainsi que de vidéo-conférences : Jeunes lynx, vies fragiles – Chasseur lynx. 
-Sylvie Martin-Lahmani, directrice artistique du festival Idéklic (Festival international pour l’enfance et la jeunesse) et enseignante à l’université Paris 8.  
-Dominique Lacroix, présidente Idéklic
Le groupe des commanditaires a souhaité impliquer directement à son initiative de commande les élèves de deux classes de cycle 3 de deux communes de Moirans en montage et Villards-d’Héria.
Mots-clés des échanges, thématique de la commande ou question de recherche : Le lynx, prédateur de retour dans le Jura, oblige à repenser le sauvage et notre relation au vivant. Développement de la conscience écologique des enfants ; dédramatiser la présence du lynx et du sauvage en milieu rural
Cahier des charges : 28 janvier 2025 
Artiste : Magali Mougel https://fr.wikipedia.org/wiki/Magali_Mougel
Rencontres artiste : avril et juin 2025
Contrat d’étude artiste : juin 2025
Forme choisie/pressentie : narration, récit – littérature jeunesse, conte et théâtre
Prochains déplacements /à venir : venue artiste en novembre 2025, janvier et mars 2026
Partenaire : IDEKLIC | Festival International pour l’Enfance et la Jeunesse et les écoles de Villards-d’Héria et groupe scolaire Roger Millet de Moirans en Montage. 

2- Art Connexion Amanda Crabtree
Secteur : territoire du Doubs-Horloger
Enquête préliminaire : de février à novembre 2024 
Commanditaires : 
-François Boinay, habitant, horloger, naturaliste, expertise en éducation à l’environnement, lynx, biodiversité… 
-Clotilde Vernes, habitante de Villers-le-Lac
-Dimitri Coulouvrat, Maire de La Chenalotte, bibliothécaire
-Guillaume Vuillet, habitant de Loray
-Gilles Robert, VP Milieux naturels au PNR, Président de la SCIC de Consolation, Président de la CC du 
 Plateau du Russey, adjoint à la commune du Bizot
-Noël Jeannot, habitant de Charquement, naturaliste, conteur
Accompagnés de Maxime Delavelle, Chargé de mission milieux naturels, Parc naturel régional du Doubs 
 Horloger
Mots-clés des échanges, thématique de la commande ou question de recherche : comment intéresser les personnes, vivant ou traversant le territoire, à leur environnement ? Le lynx peut être cet animal qui permet aux habitants de « rentrer » dans notre environnement, celui qui permettrait à ces derniers de mieux le connaître. 
Artiste : Patrick Corillon : https://www.corillon.net/
Rencontres avec l’artiste : août et novembre 2025
Date cahier des charges : janvier 2025
Forme choisie/pressentie/discipline artistique ou scientifique :  forme déambulatoire, ludique, art contemporain, théâtre de choses 
Prochains déplacements /à venir : rendu de l’étude de l’artiste fin novembre 2025
Partenaire : PNR Haut-Doubs Horloger

3 – Association A Demeure : Valérie Cudel et Pauline Gillard
Secteur : cœur du Jura / Champagnole Nozeroy / Haut-Jura
Relai territorial, administratif et logistique, Valérie Cudel et Pauline Gillard (médiatrice en formation) habitent le territoire
La médiatrice Valérie Cudel a réalisé une première commande sur le territoire autour du cycle de l’eau en zone karstique (livraison de l’œuvre : novembre 2024 : Contre récits de l’eau du collectif Disnovation.org.) avec un groupe de spéléologues et un élu du village de La Rixouse. Certains se sont engagés sur la commande Lynx à Saint-Claude). La vidéo narrative est actuellement montrée à la Triennale d’architecture de Lisbonne.
Enquête préliminaire et entretiens individuels : février, mars, mai, juin, septembre, novembre, décembre 2024 (avec présence aux 50 ans du Lynx en novembre), avril, octobre 2025.
Sessions commanditaires : mai 2025, juin, septembre 2025.
Groupe de commanditaires :
Emmanuel Cretin, maire de Nans-sous-Sainte-Anne, conservateur de la réserve naturelle du Ravin de Valbois
Wim Cuyvers, architecte-forestier, Montavoies / secteur de Saint-Claude
Amélie Fleury, documentaliste et poétesse /Arbois
Bertrand Formet, coordinateur numérique éducatif et innovation, Canopée BFC, Champagnole
Marjorie Martin, conservatrice bénévole de la RNR, grottes de la côte de la Baume, Chamole/Poligny
Christian, retraité, chasseur / Arbois
Mots-clés des échanges, thématique de la commande ou question de recherche : Les commanditaires ont une pratique régulière de présence et d’observation en forêt. Constat que la présence du lynx modifie notre perception fantasmée de la nature et entre en conflit avec l’activité humaine : comment la forêt hautement maîtrisée actuellement donnerait paradoxalement la sensation de ne plus être contrôlée. Volonté de rupture avec l’anthropocentrisme. L’artiste devra s’immerger en forêt avec et sans les commanditaires, il s’agit dans un premier temps, de provoquer l’expérience versus connaissance.
Artiste pressentie : en cours
Cahier des charges : octobre 2025 : en cours de validation, écriture du cahier des charges avec les   commanditaires
Prochaines étapes : validation du cahier des charges par le comité SNC + choix de l’artiste deuxième quinzaine de novembre.

expositions

”Construire – Les nouveaux commanditaires du logement social”
Contexts, Paris, 23 avril–28 juin 2014


communiqué de presse, avril 2014 – pdf

 

”Traverses”, Sabine Anne Deshais
Les Abattoirs, Toulouse, 28 juin–8 septembre 2012


dossier de présentation, juin 2012 – pdf

 

Susanne Bürner, Parc naturel régional du Vercors

La Traversée
L’Isère
et Le Travail

Les communes de la rive gauche de l’Isère sont situées dans le prolongement de Grenoble et de la voie historique reliant les Alpes à la Méditerranée. La pression foncière liée à la proximité de l’agglomération grenobloise et le regroupement en communautés de communes conduisent ces villages à se repositionner afin de préserver leurs spécificités.

Dans un contexte d’urbanisation croissante du territoire, les anciens sites industriels font partie de l’imaginaire commun, en lien avec l’histoire ouvrière locale forgée sur plusieurs générations. Susanne Bürner a été invitée à s’emparer de ce constat. Deux lieux emblématiques sont repérés l’ancienne fonderie royale de canons de Saint-Gervais et les carrières de l’Echaillon.

Cependant Susanne Bürner n’a pas souhaité circonscrire uniquement ses recherches à l’histoire de des deux communes, elle s’est imprégnée de la géographie des lieux, a visité de nombreux sites et collecté des récits ainsi qu’une riche iconographie sur l’histoire industrielle des deux rives de l’Isère. Au fil de ses réflexions, le rôle de la rivière lui est apparu structurant. Elle facilitait la circulation des biens, des personnes et de la main d’œuvre grâce aux ponts, bateaux, radeaux et bacs à traille. Sa forte présence au pied des coteaux du Vercors impressionne toujours le voyageur.
C’est d’ailleurs à travers le regard d’un étranger, en l’occurrence un jeune batelier, que Susanne Bürner propose une fiction qui prend la forme d’un film, La Traversée. L’édition des deux léporellos L’Isère et Le Travail associent images, dessin d’archives et ses propres photographies.

invitation, décembre 2014 – pdf

La Traversée

L’Isère et Le Travail

édition d’artiste
format ouvert 104 x 10,4 cm, chaque
600 exemplaires
10 €, les deux

commanditaires : Mme Faure, maire de Saint-Gervais, des membres de l’association SPIA –Sauvegarde du patrimoine industriel d’autrefois et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : Parc naturel régional du Vercors dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France / action Nouveaux commanditaires

2014

crédits film Susanne Bürner, crédits photos édition Phoebé Meyer

Michel Aubry, Parc naturel régional du Vercors

La 72 593e Partie du monde

L’artisanat traditionnel a tenu une place importante dans l’histoire du Royans-Vercors. La tournerie-tabletterie, notamment, a connu un véritable essor durant la seconde moitié du XXe siècle avec quelque cinquante entreprises employant plus de six cents ouvriers. Aujourd’hui, seuls quatre ateliers sont en activité. L’œuvre sollicitée ici se doit de tirer les fils du passé pour penser l’avenir et rendre compte des réalités plurielles du territoire.

D’emblée, Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et d’associer le projet du Vercors à celui mené en parallèle dans le Parc du Pilat. Sa recherche s’appuie sur trois œuvres évoquant le paysage industriel et le rapport aux ressources naturelles : Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien et La Sixième Partie du monde (1927) du cinéaste Dziga Vertov.

La proposition de Michel Aubry pour le Parc du Vercors s’inspire d’une séquence de La Sixième Partie du mondemontrant une chamane de Sibérie qui danse « dans un costume chargé d’objets symboliques, à la fois protection et enveloppe conductrice reliée aux éléments naturels. » Il repense le costume de la chamane et lui associe des tubes sonores conçus dans la tradition de la tournerie. « Le son relie, comme la chamane, les éléments provenant de la forêt aux objets matériels. »

L’œuvre a été activée le 27 septembre 2014 par une performance chorégraphique de Marianne Baillot. Chaque année, d’autres variations de la danse sont programmées avec des associations du Royans.


communiqué de presse, septembre 2014 – pdf


commanditaires : les membres des associations Arbre et Engivane, et le Parc naturel régional du Vercors

soutien : les quatre Parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors coopèrent pour ce projet dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural)

2014

crédits photographiques Phoebé Meyer

Élisabeth Ballet, Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

Vous me direz

Après des années de fonctionnement, et conformément à la convention établie avec la Communauté de communes, l’œuvre Vous me direz n’est plus visible sur site.

Vous me direz est la réponse d’Élisabeth Ballet à la commande d’élus et d’habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche. Situé en zone de moyenne montagne, ce territoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ateliers de moulinage et de tissage à l’abandon, et la question de leur requalification est récurrente. La Communauté de communes a souhaité mener une réflexion sur la présence et la transformation de ce paysage industriel, et aborder la dimension sociale du travail textile.

À Saint-Sauveur-de-Montagut, la présence du Moulinon au bord de l’Eyrieux est un témoignage fort de l’histoire ouvrière locale. Élisabeth Ballet crée une «chambre d’écoute» dans l’ancien arrêt de gare, de l’autre côté de la rivière, face à cet ancien moulinage. L’abri, peint en bleu, est précédé d’une terrasse pourvue de deux bancs en béton de couleur brun rouge. À l’intérieur, une fenêtre munie d’un garde‑corps a été percée pour offrir une vue frontale sur le Moulinon. Un montage sonore est diffusé à divers endroits pour multiplier les points d’écoute.

«La distance entre l’usine que nous admirerons et le site proprement dit – écrit l’artiste – permettra de créer une œuvre immatérielle. » Dans la chambre d’écoute, les sons de la rivière, de la turbine et de la nature se mêlent aux bruits des machines et aux voix des protagonistes de l’usine. « Ces voix nous invitent à prendre le temps d’écouter les récits du travail accompli, son prix, ses joies et ses peines, et prendre ainsi connaissance du savoir-faire des ouvriers. »

communiqué de presse, mai 2014 – pdf

commanditaires : des élus et des habitants de l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres et le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche

soutien : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre du programme européen LEADER (Fonds européen agricole pour le Développement rural), Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Communauté de communes Privas Centre Ardèche

2014

crédits photographiques Phoebé Meyer

Construire / Patrick Bouchain et Loïc Julienne, à Beaumont, Ardèche

Les Bogues du Blat

Un habitat social rural dans les Cévennes ardéchoises

La Vallée de la Drobie, comme l’ensemble des Cévennes ardéchoises, a subi depuis plus d’un siècle un lent processus de déprise agricole, ses versants abrupts étant devenus trop contraignants pour une agriculture mécanisée.  Cette mutation a engendré un important exode rural qui a atteint son point culminant dans les années 1970. Depuis peu, la vallée connaît un nouvel intérêt résidentiel et touristique qui a suscité de nombreux aménagements, pas toujours adaptés aux enjeux du développement local.

La commune de Beaumont s’est lancée dans des projets de construction et d’aménagement pour soutenir un développement durable face à la demande croissante de terrains à bâtir ou d’habitats traditionnels. Le hameau de Blat a été choisi pour accueillir une nouvelle zone d’habitation et la commune a souhaité confier à un architecte le projet de création d’un habitat social rural fondé sur la maison comme unité de base, tout en permettant l’ouverture au groupe social du hameau.

La réponse de l’équipe Construire a permis d’aller au-delà des premières intentions, d’ouvrir la commande à leur démarche expérimentale et de s’interroger sur la possibilité de construire autrement. Entrepreneurs, futurs habitants, architectes et artistes ont été associés tout au long du projet afin de faire de la construction un acte culturel.

Chaque maison est implantée à cheval sur plusieurs faïsses (ou restanques) et desservie par une voie privative, mais les places de stationnement sont regroupées et éloignées des habitations. Les faïsses non-privatives peuvent être exploitées en jardin commun.

La construction initiale est constituée d’une charpente en ogive, de sa couverture et de l’aménagement du seul rez-de-chaussée (avec séjour, chambre, cuisine et salle de bains). De là, deux options sont possibles : la location simple avec la possibilité,entre autres, pour le locataire d’étendre la partie habitable dans les volumes laissés libres ; ou une accession progressive à la propriété dans le cadre d’un montage défini avec le maître d’ouvrage.

L’expérience des Bogues du Blat a fait l’objet d’une publication incluant le récit de la commande et le carnet d’étude de Patrick Bouchain, captures éditions, 2018.


dossier de présentation, septembre 2013 – pdf

commanditaires : des membres du conseil municipal de Beaumont et Pascal Waldschmidt, maire de Beaumont, Jacqueline Mielle et Jean-Rémi Durand-Gasselin, adjoints au maire

soutien : Fondation de France, Région Rhône-Alpes, Conseil général de l’Ardèche (Cap Territoire), Parc naturel régional des Monts d’Ardèche (Fonds européen agricole pour le Développement rural – Leader)

première tranche de 3 maisons et 4 logements : septembre 2013
deuxième tranche de 3 maisons : janvier 2017

crédits photographiques Loïc Julienne et Phoebé Meyer

Joëlle Tuerlinckx à Cransac

La Triangulaire de Cransac
‘MUSÉE DE LA MÉMOIRE – PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE ®’

Avant d’être une commune minière, Cransac était, au XIXe siècle, un village connu pour son thermalisme. Après la fermeture des mines en 1961, la ville redevient une cité thermale, mais la mémoire collective reste liée à son passé minier. Mutations des paysages et des comportements sociaux sont donc des notions essentielles dans l’histoire récente de Cransac.

En faisant appel à un artiste, le commanditaire a souhaité aller au-delà de la commémoration. Si la prise en compte de l’histoire industrielle et minière demeure importante, l’articulation du passé et du présent doit être porteuse de préoccupations nouvelles en rapport avec l’activité thermale et l’évolution du paysage urbain.

Le choix de la commune s’est porté sur Joëlle Tuerlinckx, artiste de renommée internationale. D’emblée, elle s’est intéressée au contexte de l’intervention. Ses rencontres et découvertes (humaines, géologiques, architecturales) ont été consignées dans des notes et fait l’objet d’enregistrements sonores et visuels, l’ensemble constituant la genèse de l’œuvre.

Joëlle Tuerlinckx élabore un projet où toute la structure muséale et son fonctionnement sont évoqués : la collection, la conservation, l’inventaire, les montages d’expositions successives. Mais elle en bouleverse les schémas et propose un « musée retourné comme un gant » qui prend appui sur une triangulaire de lieux.

La Triangulaire de Cransac ‘MUSÉE DE LA MÉMOIRE – PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE ® se compose d’un Monument-Mémoire de 34 m de hauteur érigé sur l’ancien carreau de la mine, près du puits no 1 (le monument représente un dixième de sa profondeur), et de deux pôles désignés par l’artiste comme Vitrine Contemporaine et Vitrine Historique du Musée de la Mémoire.

Le titre donné à l’œuvre rend hommage à Jean Jaurès : «L’éducation universelle, le suffrage universel, la propriété universelle, voilà, si je puis dire, le vrai postulat de l’individu humain*.» L’artiste a retenu de cette phrase son esprit universel et sa dimension utopique.
* « Socialisme et liberté », article paru in La Revue de Paris, 1er décembre 1898.

dossier de presse, septembre 2011 – pdf

‘Monument-Mémoire’, ‘Vitrine Contemporaine’ et ‘Vitrine Historique’

réalisation et inauguration, le 15 octobre 2011

commanditaire : conseil municipal de Cransac

soutien : Ville de Cransac-Les-Thermes, Fondation de France Nouveaux commanditaires en partenariat avec le ministère de la culture et de la communication (DGCA, DRAC Midi-Pyrénées), Région Midi-Pyrénées, Département de l’Aveyron, avec la participation de : Communauté de communes du bassin de Decazeville-Aubin, Forum des associations, Crédit agricole Nord Midi-Pyrénées, Umicore, Chaîne thermale du Soleil–Thermes de Cransac

2011

 

crédits photographiques Joëlle Tuerlinckx, Christoph Fink (sauf 25, 26 et 27)